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26/09/2006

Mourir dans son jardin, ou le droit à mourir dans la dignité

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Mourir dans son jardin, ou le droit à mourir dans la dignité !

Jean Guilhot est neuropsychiatre, psychanalyste, mais aussi anthropologue, le Docteur GUILHOT s’est efforcé dans ses recherches, son enseignement universitaire et ses nombreux ouvrages d’associer étroitement pédagogie, psychothérapie, et sociothérapie dans la mouvance des sciences d’un développement humain intégral. Et cela en tenant le plus grand compte des maladies des sociétés et des cultures, des idéologies et des doctrines partisanes, des religions et des sectes, mais aussi à l’inverse en prenant en compte les méthodes d’une formation plus globale et d’une libération plus radicale de la pensée et de la conscience à la lumière notamment des neurosciences et des sciences cognitives.

Parmi ces problèmes, le Docteur GUILHOT s’est laissé interpeller par les problèmes de fin de vie, les problèmes de l’auto délivrance assistée et de l’euthanasie d’exception.

A l’âge de toutes les désillusions et de tous les désenchantements, de toutes les évasions et de toutes les régressions tout en assumant les doutes et les incertitudes qui émanent des fabuleuses percées des sciences, il espère découvrir dans un humanisme mobilisateur les sources d’un idéal commun et d’une mystique des valeurs partagées si nécessaires aux nouvelles générations en quête de nouvelles aspirations de nouvelles expériences et d’engagement plus efficaces.

Ce poème de l'auteur :

Je vous livre ce poème qui a terminé un ouvrage édité par les éditiosn les points sur les I :
"Mourir dans son jardin"

De Jean Guilhot Préfacé par Marie Humbert et par Henriette Martinez députée.

Poème de gratitude à un ami merveilleux !

Ami exceptionnel qui viendra accomplir pour moi le geste de compassion et d’amour en ce jardin fabuleux où convergent mon droit de mourir et son devoir de m’accompagner


Oui je te donnerai la clef de mon jardin

Quand l’avide Chronos déjà trop assouvi

Cessera de ronger les lambeaux de ma vie

Et de sucer la moelle de mon trop long destin.



Oui ouvres donc ton cœur ! Et entend ma prière !

Je veux mourir sans bruit demain dans mon jardin

En respirant l’amour des roses de lumière…

En humant les parfums d’un brin de romarin…



Je veux mourir caché au fond de mon jardin

En regardant jaillir les étoiles vivantes

De sources inconnues au bout de mon chemin

Quand s’effeuille le livre d’une histoire mourante…



Je veux mourir lucide dans la nuit du jardin

Dans le chœur des oiseaux et les fleurs des tonnelles

Vers les branches courbées je tendrai mes deux mains

Pour cueillir les fruits mûrs des compassions charnelles



Je veux mourir pieds nus dans l’herbe du ruisseau

Quand les chants fabuleux des voûtes sidérales

Eveilleront encore les lyres des roseaux

Pour conjurer les cris des angoisses abyssales…



Il faut bien mourir seul, mais au coeur de la foule

Seul avec tous les siens aux portes du désert

Quand les eaux du jardin en silence s’écoulent

Pour faire large place aux flots de l’univers…



Quand un dernier rayon redescendra du ciel

Et quand s’égraineront et le temps et l’espace

Et lorsque s’éteindra la flamme du soleil

Que ta main referme mes paupières trop lasses



Nous voulons tous mourir d’un geste de bonté

Puisant tous dans la coupe d’un éternel partage

Pour être délivrés par le même breuvage !

La rosée sur nos lèvres d’un clair matin d’été



Un jour viendra, couleur des amis de la terre

Et des amis des hommes où la main dans la main

Nous repartirons tous vers les mêmes mystères

D’un seul et même envol pour un dernier matin…



Où la première aurore ? La nouvelle venue ?

Mais un jour doit venir, habillé de bonheur

Où torture et supplice seront enfin vaincus

Et l a chair triturée oubliera ses douleurs…



Tu peux jeter la clef. Tout au fond du jardin

La porte est grande ouverte, sans dragon, ni frontières…

Que passent le progrès, les savoirs, les lumières

La bonté inconnue plus forte que l’horreur !



Et le jardin du cœur s’étend à l’infini…

Et enlaçant joyeuse trouvaille et découverte

L’Amitié réinvente et la tombe et le nid…

Et les joies de la vie : les pistes sont ouvertes



Ami ! Seul à calmer l’effroi et la terreur

Et seul à injecter dans un dernier regard

La sagesse sereine et l’infinie douceur

Quand la sirène hurle le moment du départ…



Sur les chantiers du Droit et de la liberté

Le génie créateur de l’Amitié humaine

La seule à défier les angoisses suprêmes

Continue le combat contre la cruauté


Ami aux ailes d’or tu peux courir plus vite

Que la peur de souffrir et la peur de mourir

Et tu peux conjurer sans magie et sans rite

Et l’effroi de rester et l’effroi de partir


Merci, toi mon ami, qui a ouvert les portes…

Pour laisser s’échapper une telle détresse

Merci de me guider et sous si douce escorte

Sur les libres chemins d’une infinie tendresse !



Oh oui ! Merci à toi pour ce geste d’amour !

Par toi j’ai pu partir une rose à la main

Dans l’œil émerveillé l’étoile du matin

Qui s’efface avec moi dans l’étreinte du jour



Merci pour ce dernier soleil dans un dernier sourire

Pour cette porte ouverte sur tant d’autres jardins…

Et au fond de mon cœur… ce fabuleux navire

Qui s’en va peut-être vers un autre destin



Oui, merci, mon ami. A travers les douleurs

A travers les angoisses, et tant de solitudes

Le saut dans l’inconnu et dans la finitude

Est devenu peut-être, promesse de bonheur…


Oui, mon ami, merci

Ma gratitude est infinie.


Jean GUILHOT

Commentaires

Le droit à mourrir dignement doit être donné à celui qui le demande.

Écrit par : ben | 26/09/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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