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10/11/2006

L'AIE se prononce en faveur du nucléaire

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L'Agence Internationale de l'Energie se prononce en faveur du nucléaire!

Lors de la parution de son nouveau rapport sur les perspectives mondiales en matière d'énergie

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Par Andrzej Zwaniecki
Rédacteur du Washington File

Washington - Certains pays devraient envisager de construire des centrales nucléaires pour satisfaire la demande croissante d'électricité et pour faire face aux changements climatiques, indique l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans le rapport qu'elle a rendu public le 7 novembre.

Cette agence, qui s'est prononcée pour la première fois en faveur de l'énergie nucléaire dans son rapport annuel intitulé en anglais « World Energy Outlook » (Perspectives mondiales en matière d'énergie), recommande aussi aux États de jouer un rôle plus actif afin de faciliter l'expansion du secteur nucléaire et de l'accélérer.

L'Agence internationale de l'énergie, qui relève de l'Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), est un groupe consultatif qui fait des travaux de recherche et qui fournit des recommandations aux 26 États membres de l'OCDE. Elle entretient également un dialogue avec d'autres grands producteurs et consommateurs d'énergie
tels que la Chine, l'Inde, la Russie et les membres de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole.(OPEP)

Son rapport de 2006 fait suite à la demande des dirigeants des États membres du groupe des Huit désireux d'obtenir un plan relatif à l'énergie durable. Pour la première fois, ce rapport contient un chapitre distinct sur l'énergie nucléaire.

Le directeur général de l'AIE, M. Claude Mandil, a déclaré à ce propos : « L'énergie nucléaire demeure une solution qui peut être intéressante pour renforcer la sécurité de l'approvisionnement en électricité et pour amoindrir les émissions de gaz carbonique. »

Le gaz carbonique, le méthane et, dans une moindre mesure, les autres gaz à effet de serre contribuent au réchauffement de notre planète. Certains scientifiques estiment que ce réchauffement pourrait s'aggraver et causer des changements climatiques défavorables à l'homme si l'on n'arrive pas à stabiliser les émissions de ces gaz.

Lors de son point de presse du 7 novembre, le porte-parole du département d'État, M. Sean Mc Cormack, a indiqué que le gouvernement Bush était en faveur du développement de l'énergie nucléaire à des fins civiles et dans des conditions adaptées, en tant que l'un des moyens de satisfaire la demande croissante d'énergie. Il a cependant ajouté qu'il n'avait pas
encore lu le rapport de l'AIE.

De son côté, la porte-parole de l'Institut de l'Energie Nucléaire (association professionnelle dont le siège est à Washington), Mme Trish Conrad, a déclaré que ce rapport ne faciliterait peut-être pas directement l'expansion du secteur nucléaire, mais qu'il mettait en évidence le rôle important de cette énergie en tant que source fiable d'électricité qui n'émettait pas de gaz nuisibles.

Le rapport de l'AIE prévoit que la consommation mondiale des combustibles fossiles augmentera de plus de 50 % d'ici à 2030 et qu'elle causera un accroissement des émissions de gaz à effet de serre si les dirigeants des pays n'adoptent pas des solutions plus durables tels que l'énergie nucléaire et d'autres sources renouvelables pour la production d'électricité et les biocarburants pour les transports.

Selon le scénario de base, le monde se trouve face à un avenir en matière d'énergie qui est « sale, incertain et cher », estime M. Mandil. Toutefois, le rapport de l'AIE montre aussi à son avis que les pouvoirs publics peuvent prendre des mesures susceptibles de créer un avenir « propre, intelligent et concurrentiel ».

D'après un autre scénario, l'accroissement du rendement énergétique et des économies d'énergie, allié à un recours accru à l'énergie nucléaire, pourrait réduire de 10 % la consommation d'énergie et de 16 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030.

Les auteurs du rapport soulignent que les conditions économiques et autres ont changé en faveur de l'énergie nucléaire. L'uranium utilisé dans les réacteurs nucléaires est abondant, et les variations de prix des combustibles n'ont pas une incidence aussi forte sur le fonctionnement des centrales nucléaires que sur les centrales au charbon et au gaz naturel. En outre, le secteur nucléaire pourrait augmenter ses capacités de production de 40 % d'ici à 2030.

Toutefois, l'AIE a fait remarquer que la mise en ouvre d'un tel plan exigerait des investissements de grande ampleur, étant donné que le coût de construction des centrales nucléaires est beaucoup plus élevé que celui des centrales à charbon et à gaz. « Le financement des investissements nécessaires risque de constituer une difficulté », a dit M. Mandil. Il s'ensuit que l'AIE invite les États à jouer un rôle plus actif en facilitant les investissements du secteur privé dans le secteur nucléaire.

En 2002, le gouvernement des États-Unis a lancé le programme « Nuclear Power 2010» (Energie nucléaire 2010), qui établit un partenariat entre le secteur public et le secteur privé, doté d'un budget de 1,1 milliard de dollars et destiné à découvrir des sites pour la construction de centrales nucléaires, de concevoir des réacteurs nucléaires perfectionnés et de mettre à l'essai de nouvelles méthodes de réglementation.

Dans la loi de 2005 sur l'énergie, le Congrès des États-Unis a prévu des garanties de prêt, une assurance responsabilité civile, une assurance couvrant les changements de réglementation et d'autres formes de soutien au secteur nucléaire.

Mme Conrad a indiqué que ces mesures montreraient que l'État pouvait jouer un rôle déterminant dans le renforcement du secteur nucléaire et dans l'augmentation de la production d'électricité d'origine nucléaire.

Le rapport de l'AIE indique que l'accroissement le plus fort des capacités de production d'électricité d'origine nucléaire aurait probablement lieu en Chine, aux États-Unis, au Japon, en Corée du Sud, en Inde et en Russie. Toutefois, il se peut que d'autres pays construisent aussi des centrales nucléaires.

Le premier ministre australien, M. John Howard, a exprimé son soutien en faveur de la construction de centrales nucléaires dans son pays. Pour leur part, le Royaume-Uni, l'Italie et la Suède étudient diverses solutions en matière d'énergie avant de décider s'il serait bon de construire d'autres centrales nucléaires. Même l'Allemagne qui était fermement opposée au nucléaire a indiqué qu'elle pourrait reconsidérer son plan de suppression des centrales nucléaires existantes.

« Il est clair, a dit M. Mandil, qu'à l'heure actuelle certains pays qui avaient dit qu'il n'était pas question d'avoir recours au nucléaire parlent de nouveau de cette source d'énergie. »

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