Avertir le modérateur

26/12/2006

Mission de l'ONU au Darfour

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a décidé d'envoyer une mission au
Darfour


De Wendy Lubetkin
Genève - Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a décidé, le 13
décembre, d'envoyer une mission chargée de lui soumettre un rapport sur les
violations des droits de l'homme au Darfour, où les massacres, les viols et
autres actes de violence ont causé le déplacement de quelque deux millions
de personnes au cours des quatre dernières années.

Après des heures de négociations difficiles menées à huis clos, les
représentants des 47 États membres du Conseil ont adopté une résolution
dans laquelle ils expriment leur inquiétude au sujet de « la gravité de la
situation au Darfour » en matière de droits de l'homme et dans le domaine
humanitaire. Ils ont pris leur décision à l'issue d'une session
extraordinaire de deux jours, qui est la première réunion que le nouveau
Conseil des droits de l'homme ait consacrée aux violations des droits de
l'homme au Darfour.

Cinq personnes très qualifiées choisies par le président du Conseil des
droits de l'homme, M. Luis Alfonso de Alba (Mexique), en consultation avec
des membres de cet organe, vont se rendre au Darfour. Elles seront
accompagnées du rapporteur spécial de l'ONU et soumettront un rapport lors
de la quatrième session du Conseil des droits de l'homme, qui s'ouvrira en
mars 2007.

Le représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU à Genève, M.
Warren Tichenor, a déclaré que la décision du Conseil des droits de l'homme
relative au Darfour constituait « une première mesure positive sur laquelle
on pourra se fonder pour s'attaquer aux souffrances et à la violence »,
bien que les États-Unis eussent préféré une résolution au libellé plus
énergique.

« Ce sont les souffrances des habitants du Darfour qui nous préoccupent le
plus. Ce n'est pas une résolution parfaite. Je ne pense pas que quiconque
puisse dire qu'elle l'est. C'est le résultat de délibérations et d'un
accord consensuel (...), mais c'est quand même une première mesure
satisfaisante », a-t-il dit à la presse à l'issue de la session
extraordinaire.

En réponse à une question sur le fait que, selon des informations parues
dans la presse, les États-Unis envisageaient une solution militaire au
Soudan, M. Tichenor a déclaré qu'il n'était pas au courant d'un plan
quelconque d'intervention militaire. L'envoyé spécial du président Bush
pour le Darfour, M. Andrew Natsios, est actuellement à Khartoum, a-t-il dit
en ajoutant : « Sans préjuger ce que nous ferions ou ce que nous ne ferions
pas, je tiens à dire que, vu notre grande préoccupation au sujet de la
situation, nous étudions un certain nombre de mesures que nous pourrions
prendre. Nous n'écartons aucune option dans nos efforts visant à instaurer
la stabilité, une paix durable et le respect des droits de l'homme
fondamentaux des habitants du Darfour. »

M. Natsios s'est entretenu avec le président du Soudan, M. Omar al-Bashir,
le 13 décembre. Les deux hommes ont parlé de la nécessité d'accélérer
l'application de l'accord de paix de janvier 2005, qui établit un cadre
démocratique pour le pays. M. Natsios a souligné aussi la nécessité de
mettre en ouvre les accords conclus récemment à Addis-Abeba (Éthiopie) et à
Abuja (Nigeria), qui prévoient une force élargie de maintien de la paix,
ainsi que la nécessité d'appliquer immédiatement l'accord de cessez-le-feu
conclu avec le Tchad.

En leur qualité d'observateur au Conseil des droits de l'homme, les
États-Unis ont coparrainé la convocation de la session extraordinaire et le
premier projet de résolution sur le Darfour. M. Tichenor a déclaré avec
satisfaction que le Conseil, qui vient de clôturer sa première année de
fonctionnement, avait réagi aux appels de ceux qui souffraient au Darfour.
Les trois sessions extraordinaires précédentes de cet organe avaient porté
sur le Liban et sur le conflit israélo-palestinien et avaient abouti à des
résultats que les États-Unis estiment peu satisfaisants.

Comme on lui demandait si les États-Unis envisageaient maintenant de
devenir membres du principal organe de l'ONU en matière de droits de
l'homme, M. Tichenor a déclaré qu'il faudrait tenir compte de nombreux
facteurs. « Nous prendrons, a-t-il dit, la décision que nous estimerons
être dans notre intérêt durable en tant qu'un des principaux défenseurs des
droits de l'homme. »

L'Organisation des Nations unies et le Conseil des droits de l'homme
reposent sur de grands idéaux relatifs aux droits de l'homme et à la
dignité de la personne humaine, a-t-il ajouté. « Jusqu'ici, le Conseil des
droits de l'homme ne s'est pas montré à la hauteur des grands idéaux de sa
fondation. Toutefois, vu ce qui s'est passé aujourd'hui, je dirais que,
malgré toutes ses imperfections, je considère la décision d'aujourd'hui
comme une première mesure satisfaisante. »

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu