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26/12/2006

Vous aviez dit Darfour!

Le Soudan doit appliquer l'accord global de paix dès maintenant


De Kathryn McConnell
Washington - Si le Soudan n'applique pas les dispositions de l'accord
global de paix sur le Darfour dans leur intégralité d'ici à la fin de
l'année, les États-Unis adopteront une nouvelle stratégie de façon à
atténuer les souffrances du grand nombre d'innocents touchés par les
hostilités qui se poursuivent dans cette région, a déclaré à la presse
l'envoyé spécial des États-Unis pour le Soudan, M. Andrew Natsios, le 20
décembre.

Après avoir exprimé l'espoir de pouvoir s'entretenir prochainement avec le
nouveau secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, M. Ban
Ki-moon, M. Natsios a souligné l'importance, pour la communauté
internationale, d'être d'accord sur le fait que le Soudan doit accepter la
présence d'une nouvelle force hybride de maintien de la paix afin d'y
rétablir la stabilité et de permettre la reprise de l'aide humanitaire au
Darfour.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé, le 19 décembre, le déploiement
d'une telle force, qui devrait consister en quelque 20.000 soldats et
policiers de l'ONU et de l'Union africaine, en vue de renforcer l'action de
la force de l'Union africaine qui se trouve actuellement au Darfour, mais
dont le mandat se termine le 1er janvier 2007.

M. Natsios, qui vient de passer une semaine au Soudan, a indiqué qu'il
avait eu des entretiens fructueux avec le président Omar al-Bashir, avec le
conseiller de ce dernier, M. Minni Minawi, qui est aussi le chef du
Mouvement de libération du Soudan, ainsi qu'avec d'autres hauts
responsables du gouvernement soudanais.

Il a également souligné la nécessité d'appliquer d'urgence les accords de
l'ONU afin de réduire la violence au Darfour et d'établir une commission de
cessez-le-feu qui comprendrait des représentants des groupes rebelles non
signataires de l'Accord global de paix.

Faisant remarquer que les États-Unis ne s'intéressaient pas à la situation
au Soudan parce que ce pays avait de vastes gisements de pétrole
inexploités, mais pour faire en sorte que les droits de l'homme y soient
respectés, M. Natsios a rendu hommage à la Chine pour son action en faveur
de la reprise des pourparlers de paix et s'est félicité de la prorogation
de deux ans d'une procédure accélérée qui permet aux organisations non
gouvernementales et au personnel humanitaire de l'ONU d'avoir accès au
Darfour.

Il a indiqué qu'il s'était proposé de servir d'intermédiaire entre le
Soudan et le Tchad qui subissait les conséquences du débordement de la
violence au Darfour sur son territoire. Cette violence, qui l'a empêché de
s'entretenir avec les chefs des rebelles comme prévu, met en danger la
population tchadienne et menace de déstabiliser cette partie du monde,
a-t-il dit.

Par ailleurs, M. Natsios s'est déclaré satisfait de la récente nomination
de M. Jan Eliasson, ancien ministre suédois des affaires étrangères, en
qualité d'envoyé spécial de l'ONU pour la crise au Darfour. M. Eliasson,
qui a été président de la 60e session de l'Assemblée générale de l'ONU,
assumera ses fonctions au début de 2007. Selon le secrétaire général
sortant de l'ONU, M. Kofi Annan, sa principale tâche sera d'user de la voie
diplomatique en dehors du Soudan pour encourager les États à continuer de
jouer un rôle actif en vue de dénouer la crise à laquelle se heurte ce
pays.

Après avoir indiqué que le désarmement des milices était essentiel à la
réussite de tout accord de paix au Darfour, M. Natsios a précisé qu'il
pensait retourner au Soudan en janvier 2007, mais que son voyage dépendrait
des événements qui se produiraient d'ici au 1er janvier 2007.

Pour sa part, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice avait fait
remarquer le 18 décembre, à l'occasion d'une interview, que les États-Unis,
premier donateur d'aide alimentaire et humanitaire au Soudan, avaient
besoin que la communauté internationale dise sans ambiguïté à ce pays qu'il
lui fallait agir pour protéger sa population et pour faire en sorte que le
personnel humanitaire puisse accéder aux personnes dans le besoin.

« Le moment est venu, pour le gouvernement de Khartoum, d'accepter l'aide
que la communauté internationale tente de lui donner », avait-t-elle dit.

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