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29/03/2007

La grippe aviaire est toujours là, si elle pouvait se poser sur l'expremier poulet.

L'Indonésie va de nouveau partager ses échantillons de virus de la grippe aviaire.
L'Égypte déclare un 27e cas d'infection chez l'homme par le virus H5N1
L'Europe et donc la France ne peuvent ignorer le virus.


De Cheryl Pellerin
N-Y - À la suite d'une conférence de deux jours qui s'est tenue à
Jakarta, Indonésie, et qui a rassemblé des responsables de l'Organisation
mondiale de la santé (OMS) et de 18 pays ayant connu des flambées
d'infections par le virus hautement pathogène de la grippe aviaire, le
gouvernement indonésien a consenti à de nouveau partager ses échantillons
du virus H5N1, partage auquel il avait mis fin en janvier.

Depuis quelques mois, la ministre indonésienne de la santé, Mme Siti
Fadilah Supari, attirait l'attention du monde sur le fait que les pays en
développement remettaient des échantillons du virus H5N1 aux centres
collaborateurs de l'OMS aux fins d'analyse et de mise au point de vaccins,
mais que les pays pauvres n'auraient vraisemblablement pas accès à ces
vaccins.

« Auparavant, l'OMS avait recours à un mécanisme qui n'était pas équitable
pour les pays en développement », a expliqué Mme Supari à l'occasion d'une
conférence de presse tenue le 27 mars à Jakarta, ajoutant : « Ce mécanisme
n'était ni juste ni transparent par rapport aux attentes des pays en
développement. Pour nous, ce mécanisme était plus dangereux que la menace
même d'une pandémie d'infections par le H5N1. »

Et c'est pour répondre à ces préoccupations et assurer la communication des
échantillons afin de continuer à évaluer les risques que l'OMS a organisé
la conférence de Jakarta.

Parmi les participants à la conférence se trouvaient, antre autres,
d'éminents scientifiques, dont quatre directeurs de centres collaborateurs
de l'OMS, et des représentants de la Banque asiatique de développement et
de la Fondation Gates, deux sources potentielles de financement.

Cet accord s'est fait alors que le ministre égyptien de la santé et de la
population vient d'annoncer un nouveau cas d'infection humaine par le virus
H5N1 de la grippe aviaire chez une petite fille de 3 ans habitant le
gouvernorat d'Assouan. Elle s'était trouvée à proximité de volailles de
basse-cour et les symptômes de la maladie avaient débuté le 22 mars.
Hospitalisée le 24 mars, son état est aujourd'hui stable.

« À l'heure actuelle, la capacité à l'échelle mondiale de production d'un
vaccin pour endiguer une pandémie de grippe est insuffisante pour répondre
à tous les besoins, notamment dans les pays en développement », souligne le
ministre américain de la santé et des services sociaux, M. Michael Leavitt,
dans un communiqué publié le 23 mars. « L'OMS mérite un appui soutenu et
ses responsables des félicitations lorsqu'il s'agit de guider les
initiatives mondiales visant à se préparer et à réagir à une éventuelle
pandémie de grippe humaine. »

Le partage des échantillons

Lorsque les échantillons n'étaient plus partagés avec l'OMS, la sécurité
sanitaire mondiale était compromise de même que le suivi des risques auquel
procèdent les laboratoires collaborateurs de l'OMS.

Ces centres ont d'importantes activités liées à la grippe. Ils vérifient
notamment si des gènes humains se sont insérés dans le virus ou si des
changements notables sont survenus dans celui-ci ; ils identifient les
diverses souches de virus, procèdent à des tests pour voir si les
antiviraux recommandés ont une action sur le virus, suivent l'évolution du
virus et sa propagation géographique et adaptent les tests de diagnostic
aux changements constatés dans les virus de la grippe, des virus qui sont
en constante mutation.

Après la réunion de Jakarta, Mme Supari a fait le point des recommandations
des participants et autorisé la reprise du partage des échantillons
indonésiens avec l'OMS. Les participants à la réunion sont convenus que les
centres collaborateurs de l'OMS continueraient à examiner les échantillons
de virus H5NI pour évaluer les risques, à produire des souches de virus en
vue de la fabrication de vaccins, et à réviser les termes de référence pour
les laboratoires de l'OMS.

Ces termes préciseront exactement ce que peuvent faire les centres
collaborateurs avec les virus qu'ils reçoivent dans le cadre des mesures de
surveillance instituées, a précisé le docteur David Heymann, directeur
général adjoint de l'OMS pour les maladies contagieuses. C'est l'OMS qui
élaborera le document de base avec l'aide de ses pays membres.

Les vaccins et les pays en développement

La réunion de Jakarta a appuyé les efforts de l'OMS visant à mettre les
fabricants de vaccins des pays industriels en contact avec ceux des pays en
développement afin d'accélérer le transfert des techniques de production de
vaccins contre le grippe.

« Nous sommes parvenus à un équilibre entre la nécessité de continuer le
partage des virus de la grippe aux fins d'évaluation des risques et de mise
au point de vaccins et la nécessité d'essayer de garantir que les pays en
développement bénéficient de ce partage sans que soit compromise la
sécurité sanitaire publique à l'échelle mondiale », a dit M. Heymann.

Ce sont les pays qui négocieront individuellement les modalités d'obtention
des vaccins.

« L'OMS n'est pas impliquée dans les négociations financières, qu'il
s'agisse de la vente de virus ou de l'achat de vaccins. Les pays
négocieront directement avec les fabricants de vaccins. Il est évident que
nous faciliterons les négociations si on nous le demande, mais ce ne sera
pas automatique », a-t-il expliqué.

En ce qui concerne le partage des virus de la grippe, les meilleures
pratiques de l'OMS ont été élaborées pour les vaccins contre la grippe
saisonnière, pour lesquels un marché existe dans les pays industriels, mais
seulement dans quelques-uns des pays en développement.

« Pour ce qui est des vaccins contre le virus H5N1, c'est différent. Nous
allons modifier nos meilleures pratiques pour garantir qu'elles sont
transparentes pour les pays en développement qui fournissent les
échantillons et qui ont demandé qu'une partie des bénéfices découlant de
ces virus leur revienne », a précisé M. Heymann.

Il a ajouté que le directeur général de l'OMS tenait à collaborer avec les
laboratoires pharmaceutiques et les donateurs pour éventuellement
constituer une réserve de vaccins à l'intention des pays en développement
au cas où ils en auraient besoin, faisant cependant valoir que ce concept
n'en était qu'au premier stade d'une étude de faisabilité.

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