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27/04/2007

Esclavage et traite des personnes

Proposé par martingrall : 20 milliards, c'est le coùt de l'esclavage en France. Et aucun candidat n'en parle. Bizarre. ha oui, la journée de travail obligatoire de Raffaribn. Ben non. La lutte contre la traite des personnes exige plus de ressources et une meilleure coordination, s’inquiète un haut responsable de l'Office contre la drogue et le crime de l'ONU, lors d’un entretien avec Jane Morse à Vienne (Autriche)

Il est nécessaire de consacrer plus de ressources, de disposer de meilleures données et d'améliorer la coordination pour lutter contre la traite des personnes, a déclaré le directeur de la division des opérations de l'Office contre la drogue et le crime de l'ONU, M. Jeffrey Avina.

Des centaines de diplomates, de magistrats, de juristes, de policiers, de
responsables de la justice pénale et de représentants d'organisations non
gouvernementales assistent actuellement, du 23 au 28 avril, à Vienne
(Autriche), à la seizième session de la Commission des Nations unies pour
la prévention du crime et la justice pénale. L'un de leurs sujets
prioritaires est la traite des personnes, qui, selon des estimations des
États-Unis, touche chaque année de 600.000 à 800.000 personnes dans le
monde.

M. Avina, dont les fonctions portent entre autres sur la traite des
personnes, a déclaré qu'il aimait comparer la situation actuelle
dans ce domaine avec la situation relative au sida dans les années 1980 et
au début des années 1990. Pendant cette période, a-t-il dit, les gens ont
commencé à se rendre compte qu'il existait un problème. De nombreuses
personnes jouaient un rôle actif, mais elles ne pouvaient s'attaquer en
commun à ce problème tant que les pouvoirs publics n'auraient pas pris
l'initiative de mesures auxquelles participeraient les secteurs public et
privé.

Pour surmonter cet obstacle, l'Office contre la drogue et le crime, de
concert avec d'autres institutions spécialisées de l'ONU, des pouvoirs
publics et des organisations non gouvernementales, a lancé en mars
l'Initiative mondiale de lutte contre la traite des êtres humains. Le
premier objectif de cette initiative, a indiqué M. Avina, est de faire
prendre conscience de ce problème à travers le monde. Son second objectif
est de former des coalitions et des réseaux entre les pouvoirs publics, le
secteur privé, les milieux universitaires, les organisations non
gouvernementales et les organismes confessionnels pour lancer une campagne
orchestrée contre la traite des personnes.

L'Office contre la drogue et le crime a créé des comités consultatifs et
directeurs pour obtenir des conseils sur la façon de faire face à ce
problème plus efficacement. Il est aussi sur le point de mettre sur pied un
groupe d'anciens présidents et d'autres hauts responsables des secteurs
public et privé qui sera chargé de lui offrir des directives.

La création d'un groupe de haut niveau n'a pas seulement un caractère
administratif, a indiqué M. Avina en ajoutant : « Elle contribue à donner
un poids moral et politique à cette question. Il est très important que
l'opinion publique se rende compte que des personnes éminentes du monde
entier se préoccupent de ce problème. »

M. Avina a souligné le caractère essentiel d'une approche à grande échelle.
« Aucun organisme ne peut directement s'occuper du règlement de ce
problème, a-t-il dit. Tout ce que l'on peut faire, c'est d'ouvrir la porte
afin de faciliter une plus grande participation et un meilleure échange
d'informations. »

La nécessité de collecter plus de données

Il est essentiel de disposer des connaissances nécessaires pour résoudre un
problème, mais les données concrètes sur la traite des personnes, qui est,
selon les spécialistes, clairement liée à la criminalité organisée, sont
encore rudimentaires, a-t-il indiqué..

« Dans le domaine de la criminalité, on n'a pas une base uniforme de
données pour tous les pays comme celle que nous avons créée pour la
production de stupéfiants et, dans une certaine mesure, pour la circulation
des stupéfiants entre les pays.

« Les conventions des Nations unies contre la corruption et contre la
criminalité transnationale organisée sont récentes, et il faut plus de
temps pour parvenir à un consensus sur le genre de données que l'on doit
collecter. C'est là où nous en sommes, et il s'ensuit que l'action de notre
organisme n'est pas aussi efficace qu'elle pourrait l'être si nous avions
un ensemble uniforme de données et une méthodologie uniforme en matière de
collecte et de compilation. »

De nombreux organismes sont cependant très actifs dans ce domaine. Ils
comprennent l'Organisation internationale du travail, le Fonds des Nations
unies pour l'enfance, le Comité des droits de l'homme, l'Organisation
internationale pour les migrations et l'Organisation pour la sécurité et la
coopération en Europe, qui font tous partie du comité directeur de
l'Initiative mondiale.

La direction des affaires internationales en matière de stupéfiants et de
répression du département d'État des États-Unis joue aussi un rôle très
actif à cet égard, a dit M. Avina. En outre, le ministère de la justice des
États-Unis « est bien connu pour fournir des spécialistes et des
conseillers chargés de recueillir des données. Il nous apporte un très
grand soutien, et bien entendu les États-Unis sont l'un des principaux
partenaires de notre organisme ».

La nécessité d'un financement plus important

Comme c'est toujours le cas, un problème aussi vaste que la traite des
personnes exige que l'on y consacre beaucoup d'argent, a souligné M. Avina.
« Le coût de la répression et de la formation est élevé, tout comme le coût
de la protection des victimes lorsqu'on réussit à sauver les victimes dans
les pays destinataires. »

M. Avina a fait l'éloge du gouvernement des Émirats arabes unis pour son
don de 15 millions de dollars qui a permis de lancer cette initiative. Les
États-Unis ont également fait un don important. Néanmoins, il n'y a pas
assez d'argent pour régler véritablement ce problème. L'Office contre la
drogue et le crime espère que le secteur privé pourra fournir des fonds
supplémentaires.

À propos de la traite des personnes que l'on envoie travailler dans des
entreprises, il a fait remarquer que de nombreuses sociétés craignaient
d'être jugées comme une entreprise au comportement contraire à l'éthique,
parce que les consommateurs se rendaient compte de plus en plus qu'ils
avaient le choix d'acheter un produit bien fait qui n'avait pas été
fabriqué grâce à l'exploitation intentionnelle de travailleurs.

En conclusion, M. Avina a indiqué qu'il aimerait pouvoir recueillir 100
millions de dollars du secteur privé dans un premier temps, ce qui
permettrait à son organisme de diffuser des informations, de créer des
réseaux et d'obtenir de nouvelles ressources pour les affecter à ceux qui
étaient les plus efficaces pour fournir les prestations nécessaires.

Jane Morse

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