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02/07/2007

Devil Came on Horseback

proposé par martingrall
The Devil Came on Horseback - trailer

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Ce documentaire montre l'aggravation de la situation dans cette partie du Soudan et dépeint le génocide du Darfour

Alors que les dirigeants de divers pays œuvrent en faveur du règlement du conflit au Darfour, un nouveau film documentaire dépeint les déprédations et les atrocités commises par les djandjawids, les milices arabes qui jouissent du soutien du gouvernement soudanais. Intitulé « The Devil Came on Horseback » (Le diable est arrivé à cheval), ce film a été présenté par l'Institut américain du cinéma (American Film Institute), lors de son festival Silverdocs, devant une multitude de spectateurs, dont la plupart ont ensuite assisté à une table ronde sur le génocide.

Réalisé par Annie Sundberg et Ricki Stern, ce documentaire porte sur ce qu'a vécu un ancien capitaine des marines des États-Unis, Brian Steidle, alors qu'il était un observateur militaire non armé pour le compte de l'Union africaine au Darfour. Il a observé sur place un conflit qui a éclaté en 2003 lorsque des groupes de rebelles ont attaqué des bâtiments du gouvernement soudanais en signe de protestation contre l'oppression dont faisait l'objet la population noire.

A son arrivée au Darfour en 2004, le conflit était devenu une vaste opération militaire orchestrée par le gouvernement qui visait à anéantir les tribus africaines de la région avec le soutien des djandjawids, dit-il dans le documentaire dont il est le narrateur. Le gouvernement soudanais nie apporter un soutien aux djandjawids.

Selon les estimations de l'ONU, le conflit du Darfour a causé jusqu'ici la mort de 200.000 personnes et le déplacement de 2 à 3 millions d'autres.

Ces dernières sont déplacées sans cesse d'un camp à un autre et rassemblées dans des camps plus grands, ce qui entraîne la mort de certaines d'entre elles et d'autres conséquences graves. Il continue à jouer un rôle actif dans des organismes d'aide humanitaire et retourne souvent dans cette partie du monde, mais il n'est plus autorisé à entrer au Soudan. On compte environ un million de personnes dans des petits camps situés dans des zones reculées que les organismes ne peuvent pas atteindre à l'heure actuelle, a-t-il dit.

Pendant la période qu'il a passée au Darfour, M. Steidle a observé tous les jours des actes de brutalité extrême, qu'il a pris en photo ou filmés. Certaines de ses photos et des extraits de ses films font partie du documentaire. Lors d'une attaque relatée dans le film, des miliciens mettent le feu à une petite ville de 20.000 personnes en criant notamment «Tuons les esclaves ».

M. Steidle et d'autres observateurs, tels que l'International Crisis Group (ICG), dont le rapport de 2007 sur le Darfour fait état de la détérioration de la situation au cours de l'année écoulée, estiment que le génocide est entré dans une seconde phase. Selon le président de l'ICG, M. John Prendergast, qui a participé à une table ronde le 12 juin après le passage du film, le gouvernement soudanais lutte contre l'opposition « en armant des villages, des milices qui représentent un village contre un autre, et on a donc des conflits locaux » qui entravent la distribution des secours. Khartoum « tente d'éliminer lentement mais sûrement certaines catégories de la population non arabe du Darfour ».

Le blocage de l'acheminement de l'aide humanitaire, a dit M. Steidle, est la cause de la mort de la plupart des personnes. Chaque mois, des milliers d'entre elles meurent faute d'eau, de vivres et de soins médicaux.

Une grande ONG a annoncé le 17 juin son retrait à titre permanent de Gereida, le plus grand camp de réfugiés au Darfour, du fait des attaques incessantes des milices arabes contre son personnel. Or, plus de 130.000 réfugiés de ce camp dépendent de l'aide distribuée.

« Les autorités locales ne s'acquittent pas de leur obligation d'assurer la sécurité de notre personnel », a déclaré la directrice du programme, en ajoutant que les auteurs de ces attaques étaient encore en liberté.

« Si on ne veut pas parler de génocide, cela ne fait rien, a dit M. Steidle, mais quelque chose se passe au Darfour, et le monde ne doit pas fermer les yeux. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour empêcher ce qui se passe. »

Lea Terhune

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