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11/08/2007

La présence islamique en Amérique est liée à la découverte du nouveau monde.

Elle y est présente dans toutes les classes sociales de l’époque, d’inquisiteur à esclave.

Cette présence plus ancienne qu’on ne veut généralement admettre, est récapitulée dans une exposition, visible sur le net.

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Il y a quelques années, Amir Muhammad a commencé à rechercher les origines de sa famille sans se douter que cela le mènerait vers un héritage islamique peu connu des États-Unis. Jusque là, il avait toujours pensé que la plupart des musulmans étaient arrivés aux États-Unis au XXe siècle, et ignorait tout lien entre sa famille et l'islam avant son adoption de la foi islamique il y a 35 ans.

Mais il a découvert que, comme de nombreux Afro-Américains et Amérindiens, il a des ancêtres musulmans, et que l'histoire de l'islam en Amérique est bien plus ancienne qu'on ne le pense généralement.

En 1996, il a créé l'organisme sans but lucratif Collections and Stories of American Muslims (CSAM), dont il est le président et le conservateur. Son objectif est de découvrir et de préserver le patrimoine islamique de l'Amérique et de mieux faire connaître l'expérience vécue des musulmans en Amérique.

Le CSAM a organisé des expositions dans des universités, des bibliothèques publiques, des centres sociaux et des musées aux États-Unis et à l'étranger. M. Muhammad est à l'heure actuelle à la recherche d'un bâtiment pour abriter sa collection.

Selon Muhammad, l'histoire de l'islam en Amérique commence par la fuite des Maures devant l'Inquisition espagnole. L'un d'entre eux était Estevanico, un Maure né en Afrique du Nord qui, en 1527, a accompagné des explorateurs espagnols vers ce qui allait devenir le sud-ouest des États-Unis.

L'esclavage fait son entrée dans l'histoire de l'islam en Amérique avec les premières colonies européennes. M. Muhammad cherche à dissiper le mythe selon lequel les esclaves amenés par les colons n'avaient pas de religion organisée et ne savaient ni lire ni écrire.

Il évoque notamment l'histoire d'Ayuba (Job) Suleiman Diallo, capturé en Gambie en 1730 et amené à Annapolis, dans le Maryland, où il fut vendu comme esclave. Selon M. Muhammad, Diallo écrivit une lettre en arabe à son père. Cette lettre attira l'attention de James Oglethorpe, fondateur de la colonie de Géorgie, qui aida Diallo à racheter sa liberté. Oglethorpe l'envoya ensuite à Londres, puis dans son pays natal travailler pour la Royal African Company de Londres. Lors de son séjour dans cette ville, Diallo rédigea de mémoire, en arabe, trois exemplaires du Coran.

La collection du CSAM comprend quatre sourates du Coran copiées par un dénommé Charno en 1768, des pétitions rédigées en arabe par des musulmans de la Caroline du Sud réclamant leur liberté en 1753 et en 1790, et des photos d'un journal rédigé en arabe et datant de 1829 ayant appartenu à un certain Ben Ali. Des sources des XVIIe et XVIIIe siècles décrivent souvent des Afro-Américains comme musulmans, portant des noms musulmans, ou pratiquant la foi islamique. M. Muhammad souligne que de nombreux Américains musulmans de l'époque faisaient graver sur leur pierre tombale
une main dont un doigt pointait vers le ciel, symbole islamique de l'unité divine, et que leur tombe était orientée vers la Mecque.

Les musulmans ont également joué un rôle dans chaque guerre dans laquelle a été impliquée l'Amérique. Deux musulmans ont combattu avec honneur lors de la guerre d'Indépendance. Les deux hommes, Peter Salem et Salem Poor, ont été honorés par deux timbres postaux à leur effigie.

M. Muhammad a également retrouvé les états de service de 292 musulmans qui ont combattu avec les troupes nordistes durant la guerre de Sécession. Ainsi que 5.200 musulmans américains qui ont servi durant la Première Guerre mondiale.

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Mosquée construite en 1929 dans le Dakota

À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, les immigrants musulmans qui arrivaient aux États-Unis venaient du Yémen, de l'Albanie, de la Turquie, de la Syrie, du Liban, de la Palestine, de la Jordanie, de l'Inde et de la Pologne. En 1899, des immigrants syriens de Ross, dans le Dakota du Nord, ont créé ce qui a sans doute été le premier lieu de culte musulman en Amérique. Mais, selon M. Muhammad, la « première réelle mosquée de
l'Amérique du Nord » a été construite en 1915 par des musulmans d'origine albanaise à Bidderford, dans le Maine.

M. Muhammad déclare qu'il a été beaucoup inspiré par les histoires qu'il a découvertes. Les musulmans américains de diverses origines « ont gardé leur foi envers et contre tout », a-t-il affirmé lors d'une présentation au département d'État, le 9 août.

« Les musulmans et l'islam font partie du tissu social de l'Amérique depuis des siècles. Ils font partie des nombreuses cultures, couleurs, religions et modes de vie qui constituent la mosaïque américaine. »

C’est toujours pareil, c’est tellement mieux en l’écrivant, le lisant, le disant.


Jean-Michel Vandenberge et Jeffrey Thomas

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