Avertir le modérateur

19/03/2008

Histoire des droits de l'homme. Tiens donc ! Et la France d’en France ?

proposé par martingrall

Aspiration à la reconnaissance légale de tous nos droits.

Tout être humain est profondément convaincu qu'il jouit de certains droits,
dont ceux d'être libre de toute oppression et de toute cruauté, et de faire
des choix raisonnables.

Historiquement, la plupart des sociétés n'ont accordé des droits qu'à
quelques rares privilégiés. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle qu'est apparue la
notion de « loi naturelle », fondée sur un ordre universel et explicitant
ces droits pour tous. Cette notion et la philosophie qui en découle ont eu
un impact énorme sur la révolution américaine de 1776 et sur tous les
concepts inscrits dans la Constitution, document fondamental qui régit
toujours toute la législation américaine.

Toutes les sociétés civilisées tentent de définir et de renforcer les
droits de l'homme. L'élément essentiel de ce concept est le même partout :
les droits de l'homme sont les droits qui appartiennent à tout être humain
simplement parce qu'il est un être humain. Ils sont universels et égaux.
Ils sont aussi inaliénables : ils peuvent être suspendus, à tort ou à
raison, en certains lieux et en certains temps, mais l'idée de droits
intrinsèques ne saurait être niée.

Evolution de la pensée créatrice

Historiquement, tous les groupes humains ont toujours eu des notions de
justice, d'équité, de dignité et de respect. Mais avant le début du XVIe
siècle, l'idée que tous les êtres humains, simplement parce qu'ils sont
humains, possèdent certains droits inaliénables qu'ils peuvent utiliser
pour se défendre contre la société et ses dirigeants, n'était défendue que
par une minorité de penseurs.

De nombreuses sociétés pré-modernes pensaient que leurs dirigeants devaient
gouverner sagement et pour le bien de tous, mais cette obligation leur
incombait par droit divin ou par tradition : elle ne reposait pas sur
l'idée de droits individuels que tout un chacun pouvait invoquer pour se
défendre contre des dirigeants injustes.

On s'entend à reconnaître que la première personne à avoir élaboré une
théorie complète des droits de l'homme est le philosophe anglais John Locke
(1632-1704) : selon lui, les individus constituent des sociétés et ces
sociétés établissent des gouvernements afin de garantir la jouissance des
droits « naturels ».

Locke définissait le gouvernement comme un « contrat social » entre les
gouvernants et les gouvernés. Il pensait que les citoyens ne sont tenus de
prêter allégeance au gouvernement que si celui-ci protège leurs droits
fondamentaux. Ces droits doivent même passer avant les besoins et les
intérêts du gouvernement. Ce dernier ne peut être légitime que s'il
respecte et protège systématiquement les droits de l'homme de ses citoyens.

La théorie de Locke avait cependant des limites car, même s'il parlait en
termes d'universalité, il ne prenait pas en compte les droits de tous les
individus. En fait, il traitait essentiellement de la protection des droits
des propriétaires européens : il ne considérait pas les femmes, les peuples
indigènes, les domestiques et les salariés comme des détenteurs de droits à
plein titre. Il n'en reste que ses écrits et ceux de ses contemporains
représentaient un grand pas en avant.

Elargissement des droits

Nombre des grands débats politiques des deux cents dernières années ont
tourné autour de l'élargissement des droits protégés, notamment le droit de
tous les citoyens de voter, le droit des travailleurs de demander un
meilleur salaire et de meilleures conditions de travail et l'élimination de
la discrimination fondée sur la race, la religion, l’origine, l’opinion ou le sexe.

Dans tous ces cas, les groupes lésés se sont servis des droits limités dont
ils jouissaient pour demander la reconnaissance légale des droits
fondamentaux qui leur étaient refusés. À chaque fois, la substance de leur
argument a été : « nous » sommes des êtres humains tout autant que « vous
». En tant que tels, nous sommes habilités à jouir des mêmes droits
fondamentaux, du même respect et de la même sollicitude de l'État que vous.
L'acceptation de ces arguments a entraîné de profonds changements sociaux
et politiques partout dans le monde.

Et partout dans le monde, les régimes qui niaient les droits fondamentaux
de leurs citoyens n'ont pas connu de stabilité politique à long terme. Une
des causes importantes de la chute de l'Union soviétique a été le refus
croissant des citoyens des pays du bloc communiste d'accepter le déni
systématique par leurs gouvernements des droits de l'homme mondialement
reconnus. En Amérique centrale et en Amérique du Sud, les régimes
militaires répressifs sont tombés tout au long des années 80. En Asie et en
Afrique, la libéralisation et la démocratisation ont été moins régulières,
mais elles n'en ont pas moins avancé. La Corée du Sud et l'Afrique du Sud
offrent des exemples remarquables de progrès en matière de droits de
l'homme.

Le passé récent nous enseigne qu'à chaque fois que les individus ont la
possibilité de choisir, ils choisissent les droits de l'homme reconnus au
plan international. Malgré toutes ses imperfections, nous vivons dans un
monde où de moins en moins de gouvernements osent refuser ce libre choix à
leurs citoyens.

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu