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25/03/2008

La France ne respecte pas les droits de l’homme ! La preuve.

Regarde la porte de son voisin , tu ne verras pas l'effondrement de ta toiture.

Rapport sur les droits de l'homme dans le monde en 2007. Selon un rapport de l'ONU mâtiné USA.

Proposé par martingrall.

Ce rapport examine le bilan en matière de droits de l'homme dans le monde, pays par pays.

Introduction

Le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales inscrits
dans la Déclaration universelle des droits de l'homme est, comme l'a
rappelé le président Bush, « le fondement de la liberté, de la justice et
de la paix dans le monde ». Aujourd'hui, partout dans le monde, des hommes
et des femmes luttent contre vents et marées et prennent de grands risques
pour protéger leurs droits fondamentaux de vivre dans la dignité, de suivre
leur conscience et de dire ce qu'ils pensent sans aucune crainte, de
choisir leurs gouvernants et de les tenir responsables de leurs actions, et
d'avoir accès à une justice égale pour tous dans le cadre de la
législation.

La démocratie se conçoit de plus en plus comme le type de gouvernement le
plus à même de garantir ces droits et ces libertés fondamentales, mais
aucune forme de gouvernement n'est parfaite. La démocratie est un système
de gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple fondé sur le
principe que tous les êtres humains ont le droit inhérent de déterminer
leur propre avenir mais qu'ils sont aussi imparfaits et qu'il convient donc
d'établir des paramètres correctifs. Nos concitoyens peuvent être fiers et
se prévaloir de leur histoire, eux qui depuis la fondation de notre pays
cherchent, génération après génération, à rapprocher leur pratique de la
démocratie de leurs principes alors même qu'ils s'attachent à lutter contre
les injustices et à relever les défis de chaque nouvelle ère.

Le département d'État est pleinement conscient, alors même qu'il publie ces
rapports, des critiques exprimées tant à l'intérieur du pays qu'à
l'étranger sur notre bilan en matière de droits de l'homme. Le gouvernement
continuera à répondre en toute franchise aux préoccupations concernant nos
propres actions, y compris celles menées pour défendre notre pays contre la
menace mondiale du terrorisme. Nos lois, nos politiques et nos pratiques
ont considérablement évolué au cours des dernières années et nous nous
efforçons à tout moment de protéger la population civile innocente de toute
attaque tout en honorant notre engagement de respecter les droits de
l'homme et les libertés fondamentales. Dans le cadre de cette politique,
nous soumettons des rapports aux organes internationaux conformément aux
divers traités sur les droits de l'homme dont nous sommes signataires.

Nous prenons tous nos engagements en matière de droits de l'homme très au
sérieux et dans le cadre des efforts de bonne foi que nous déployons pour
les tenir, nous reconnaissons le rôle crucial de la société civile et des
médias. Nous ne considérons pas que les opinions exprimées par certains
membres de la communauté internationale concernant notre bilan constituent
une ingérence dans nos affaires intérieures et les autres gouvernements ne
devraient pas non plus considérer comme telle les opinions exprimées sur le
leur. De fait, la Déclaration universelle des droits de l'homme déclare que
c'est le droit et le devoir de « tous les individus et tous les organes de
la société ... de développer le respect de ces droits et libertés et d'en
assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la
reconnaissance et l'application universelles et effectives ».

Ces rapports dont la préparation est requise par le Congrès, décrivent la
manière dont, en 2007, d'autres gouvernements, partout dans le monde, ont
respecté leurs engagements internationaux en matière de droits de l'homme.
Ils informent la politique du gouvernement américain et peuvent également
servir de référence à d'autres gouvernements, à des institutions
intergouvernementales, à des organisations non gouvernementales, aux
individus et aux médias. Chaque rapport se suffit à lui-même mais leur
lecture transversale permet aussi de dégager certaines tendances au regard
des progrès des droits de l'homme et des principes démocratiques. Les
exemples donnés ci-après sont donnés à titre d'illustration et ne doivent
en aucun cas être considérés comme exhaustifs.

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En 2007, les pays dans lesquels la cause des droits de l'homme et de la
démocratie a sensiblement reculé ont fait la première page des journaux.
D'autres ont vu des progrès considérables dans ce domaine en dépit
d'énormes défis persistants. La majorité s'est située entre ces deux
extrêmes, enregistrant des progrès limités ou essuyant des revers ; on peut
citer les suivants à titre d'illustration :

En Mauritanie, l'inauguration en avril d'un président élu lors d'élections
reconnues par la communauté internationale comme largement libres et
régulières a marqué la première transition réussie du pays vers la
démocratie depuis son indépendance, il y a un demi-siècle. Le résultat de
ce scrutin ajouté à celui des élections parlementaires de novembre 2006 a
créé un climat de tolérance dans lequel la participation à la sphère
politique s'élargit. Le nouveau gouvernement a été le premier à mieux
s'attaquer aux problèmes des droits de l'homme, notamment à ceux liés aux
vestiges de l'esclavage, à l'inégalité sociale et politique dont souffrent
les Maures noirs et les Afro-Mauritaniens et au rapatriement des réfugiés
mauritaniens vivant au Sénégal.

Le Ghana a fêté son 50e anniversaire comme État indépendant en mars 2007.
Au cours des 15 dernières années, il a connu une série d'élections
démocratiques libres et transparentes, la naissance d'une société civile
dynamique et l'engagement de mener des réformes durables par le biais de la
bonne marche des branches du gouvernement. Sous la houlette du président
Kufuor, auquel la Constitution interdit de se présenter pour un troisième
mandat et qui jusqu'à une date récente était président de l'Union
africaine, le Ghana a aussi activement contribué à la promotion de la
démocratie et de la stabilité dans d'autres pays africains.

Dans le cadre d'un large processus de réformes, les élections
parlementaires de septembre au Maroc ont été transparentes et ont vu la
montée de l'influence du Conseil consultatif des droits de l'homme. Bien
que les observateurs aient noté des problèmes pendant la campagne et que
des tentatives de corruption et d'autres manipulations aient été signalées,
le gouvernement a publié les statistiques concernant la participation et
les résultats par district du vote populaire dans les 48 heures et tous les
partis politiques ont accepté les résultats comme justes. Certaines
réformes du système pénitencier, y compris celle y autorisant l'accès des
ONG, ont accompagné l'engagement public de développer une culture des
droits de l'homme. Des problèmes persistent néanmoins au regard des droits
de l'homme, notamment des restrictions sur la liberté de la presse et des
abus dans la partie du Sahara occidental administrée par le Maroc.

Haïti a connu trois tours d'élections démocratiques en 2006, dont celles
d'un nouveau président et du parlement. En 2007, cependant, le pays n'a pas
organisé les élections sénatoriales requises.

Au Népal, le gouvernement intérimaire a reporté par deux fois les élections
pour une Assemblée constituante après l'accord de paix de novembre 2006 qui
mettait fin à dix ans d'insurrection. Si les abus par les forces de
sécurité ont considérablement baissé, les membres des groupes maoïstes et
de la ligue des jeunes communistes, apparentée aux Maoïstes, ainsi que
d'autres petits groupes armés souvent à base ethnique ont été responsables
de nombreuses violations graves des droits de l'homme et ont attaqué des
civils, des représentants du gouvernement, des membres de certains autres
groupes ethniques, voire des Maoïstes, ou se sont attaqués les uns les
autres. Faute de soutien politique, les forces de police hésitent à
intervenir, notamment contre les Maoïstes. Le gouvernement a pris une
mesure positive en nommant des commissaires auprès de la Commission
nationale des droits de l'homme en septembre mais il n'a cependant pas
révélé où se trouvaient quelque 700 personnes portées disparues en 2006 par
la Commission et les Nations unies. L'impunité des personnes violant les
droits de l'homme, les menaces contre les médias, les arrestations
arbitraires et les longues détentions préventives restent des problèmes
graves.

En Géorgie, les progrès des droits de l'homme et de la démocratie ont été
irréguliers. Le bilan du gouvernement en matière de droits de l'homme s'est
amélioré dans certains domaines au cours de l'année. Le gouvernement a
ouvert un Institut de la magistrature qui forme des juges et le Parlement a
adopté une loi qui interdit les communications entre les juges et les
parties en dehors de la salle d'audience ; il a également promulgué un Code
de déontologie pour les juges. D'un autre côté, le respect de la liberté
d'expression, de la presse et de réunion a souffert pendant la crise
politique de l'automne au cours de laquelle on a vu des affrontements entre
police et manifestants et où le gouvernement a fait usage de force
excessive pour disperser les manifestations, a suspendu temporairement les
émissions de la station de télévision la plus populaire - ainsi que celles
de deux autres - et a déclaré l'état d'urgence. À la suite de la crise, le
président Saakashvili a présenté sa démission et a appelé à des élections
présidentielles anticipées.

Bien que les résultats du Kirghizstan en matière de droits de l'homme et de
démocratie se soient considérablement améliorés après les élections
présidentielles de 2005, la situation en 2007 est restée la même qu'en
2006, le gouvernement restreignant la liberté de réunion pacifique,
emprisonnant les organisateurs et modifiant hâtivement la Constitution, le
code électoral et sa propre composition. D'une manière générale, le
gouvernement a respecté la liberté d'expression mais il a accru la pression
sur les médias indépendants. L'Organisation pour la sécurité et la
coopération en Europe (OSCE), d'autres observateurs occidentaux des
élections et des observateurs indépendants locaux ont signalé des
violations importantes et fréquentes lors du référendum constitutionnel
d'octobre et les élections parlementaires de décembre n'ont pas été à la
hauteur des normes internationales.

En Russie, la centralisation du pouvoir dans l'exécutif, la docilité de la
Douma, la corruption et la sélectivité de l'application de la législation,
la lourdeur des prescriptions concernant l'enregistrement des ONG, le
harcèlement de certaines d'entre elles, et les restrictions imposées sur
les médias ont continué à éroder la responsabilité du gouvernement envers
ses administrés. Du fait qu'il détient directement nombre d'organes
d'information, qu'il influence les propriétaires de nombreux autres, qu'il
harcèle et intimide les journalistes et les oblige à s'autocensurer, le
gouvernement continue à affaiblir la liberté de la presse. Des assassinats
de journalistes n'ont toujours pas été élucidés. La loi concernant
l'extrémisme a été utilisée pour limiter la liberté d'expression et de
réunion. Le gouvernement a considérablement restreint la capacité des
partis politiques d'opposition et des candidats individuels de participer
au processus politique. Les élections de décembre à la Douma ont été
entachées de problèmes pendant la campagne et le jour du scrutin : abus des
ressources administratives, favoritisme des médias pour le parti de la
Russie unie soutenu par le président Poutine, harcèlement des partis de
l'opposition, difficultés pour l'opposition de faire inscrire ses candidats
et de faire campagne, et fraude électorale. Les observateurs internationaux
ont conclu que les élections n'avaient pas été régulières et ne répondaient
pas aux normes des élections démocratiques. Le bilan des droits de l'homme
est resté mauvais à l'intérieur et autour de la république de Tchétchénie
et il s'est empiré en République d'Ingouchie où l'on a vu une montée de la
violence et des abus de la part des forces de sécurité.

En dépit de l'engagement déclaré du président Musharraf en faveur de la
transition démocratique, la situation des droits de l'homme s'est dégradée
au Pakistan en 2007. Après la suspension du président de la Cour suprême
par M. Musharraf, les magistrats et la société civile ont manifesté,
demandant l'indépendance du pouvoir judiciaire, ce qui a causé des
arrestations en masse qui ont elles-mêmes amené une longue grève des
magistrats. En novembre, le président Musharraf a déclaré l'état d'urgence
avant la décision attendue de la Cour suprême sur son éligibilité de se
représenter à la présidence. Pendant cette période, il a suspendu la
Constitution et arrêté huit juges de la Cour suprême, y compris son
président, et 40 juges de hautes cours régionales. Les autorités ont aussi
arrêté quelque 6.000 membres de partis de l'opposition, défenseurs des
droits de l'homme, juges et autres magistrats. À la fin de l'année, il y
avait toujours 11 juges suspendus et 3 magistrats assignés à domicile et
les médias étaient tenus de signer un code de conduite qui leur interdisait
de critiquer le gouvernement sous peine d'être interdits de publication.
D'un autre côté, le président Musharraf s'est démis de ses fonctions de
Chef des forces armées à la fin de novembre, prêté serment de chef de
l'État à titre civil et a levé l'état de siège en décembre. Les dirigeants
des deux principaux partis d'opposition sont revenus d'exil et des
élections parlementaires ont été programmées : elles ont été reportées
après l'assassinat de Benazir Bhutto.

Au Bangladesh, la situation des droits de l'homme s'est dégradée en partie
du fait de la proclamation de l'état d'urgence et du report des élections.
Les Règles de l'état d'urgence, proclamées par le gouvernement en janvier
et en vigueur pendant toute l'année, ont suspendu de nombreux droits et
libertés fondamentaux, dont la liberté de la presse, la liberté
d'association et le droit de caution. Les mesures anticorruption lancées
par le gouvernement ont bénéficié du soutien populaire mais aussi suscité
des inquiétudes quant à l'observation des procédures judiciaires
régulières. Pendant la plus grande partie de l'année, le gouvernement a
interdit toutes les activités politiques mais cette décision n'a pas
toujours été appliquée. Si le nombre des exécutions extrajudiciaires par
les forces de sécurité a sensiblement baissé, ces forces ont été accusées
de nombreux abus, notamment de morts survenues en prison, d'arrestations et
de détentions arbitraires et de harcèlement de journalistes.

Au Sri Lanka, le respect des droits de l'homme par le gouvernement a
continué de baisser, le conflit armé créant un cycle de violence attisé par
les deux côtés. Des rapports crédibles font état de meurtres par des agents
du gouvernement, d'assassinats par des inconnus, d'exécutions politiquement
motivées, de recrutement d'enfants soldats par les forces paramilitaires
liées au gouvernement, de disparitions, d'arrestations et de détentions
arbitraires et de nombreux autres abus graves. Les exécutions
extrajudiciaires dans la péninsule de Jaffna sous contrôle du gouvernement
ont considérablement augmenté. De nombreux rapports disent que des agents
de l'armée, de la police et de groupes paramilitaires progouvernementaux
ont participé à des attaques contre des civils, torturé, kidnappé, pris des
otages et se sont livrés à des extorsions en toute impunité. Les Tigres de
la libération de Tamil Eelam, organisation terroriste reconnue qui contrôle
d'importants territoires dans le nord de l' île, ont continué à attaquer
les civils, à se livrer à la torture et à pratiquer des arrestations et des
détentions arbitraires et d'autres abus.

En 2007, l'insécurité causée par les conflits internes ou transfrontaliers
a continué de menacer ou de bloquer les progrès des droits de l'homme et de
la démocratie. Ailleurs, inversement, les améliorations en matière de
sécurité ont permis de créer des conditions plus propices à des avancées
dans ces domaines.

Les mesures prises par le gouvernement colombien en faveur des droits de
l'homme et pour améliorer la sécurité ont eu des effets visibles.
L'application de la Loi sur la justice et la paix a aidé à tirer au clair
plus de 3.000 crimes et a amené l'exhumation de charniers : plus d'un
millier de cadavres ont pu être identifiés. Les enquêtes de la Cour suprême
et du Procureur général sur les liens entre des politiques et des groupes
paramilitaires ont impliqué un certain nombre d'élus dont plusieurs étaient
en prison à la fin de l'année. Une directive du ministère de la défense a
permis de transférer quelque 600 affaires de droits de l'homme qui devaient
être jugées par des tribunaux militaires à des tribunaux civils.

En Irak, la constitution et la législation offrent un cadre pour le libre
exercice des droits de l'homme et de nombreux civils ont participé aux
efforts de création d'institutions civiles et sécuritaires visant à
protéger ces droits. Il reste que la violence sectaire, ethnique et
extrémiste et la faiblesse du gouvernement au regard du respect de l'État
de droit ont entraîné des abus graves et généralisés des droits de l'homme
et l'apparition d'un grand nombre de réfugiés et de personnes déplacées à
l'intérieur de leur propre pays (PDI). Les six premiers mois de l'année ont
été les plus meurtriers de la guerre et les six mois suivants ont vu une
chute notable du nombre des morts de civils avec la mise en ouvre d'une
nouvelle stratégie. Grâce aux nouveaux efforts militaires, la violence a
décru, le cessez-le-feu de certains groupes chiites s'est imposé et des
groupes locaux de citoyens ont contré les extrémistes. Au cours de l'année,
les institutions gouvernementales ont été soumises à toutes sortes de
pressions et elles ont eu des difficultés à faire face aux défis posés par
les violations généralisées des droits de l'homme et les attaques
d'Al-Qaïda, des terroristes et des groupes extrémistes dans le pays. Les
groupes terroristes ont continué à attaquer les civils et les forces de
sécurité.

Malgré les progrès importants enregistrés depuis la chute des talibans en
2001, le bilan de l'Afghanistan en matière de droits de l'homme reste
médiocre du fait de l'insurrection qui reste meurtrière, de la faiblesse du
gouvernement et des institutions traditionnelles, de la corruption et du
trafic de drogues, et de 25 années de conflit. Si le gouvernement a quelque
peu assis son autorité dans les centres provinciaux, les talibans et les
factions opérant en dehors de l'autorité de l'État contrôlent certaines
parties du pays. Au cours de l'année, plus de 6.500 personnes ont été tuées
par des bombes de bord de route, dans des attaques suicides ou des combats,
ce qui représente une augmentation considérable par rapport à l'an dernier.
Les abus perpétrés par les forces de sécurité ont continué - exécutions
extrajudiciaires, arrestations et détentions arbitraires et torture, le
tout dans la plus grande impunité officielle. Le gouvernement a cependant
fait des efforts pour professionnaliser l'armée et la police : la
surveillance accrue de la police par des observateurs afghans et étrangers
a permis de prévenir des abus et la formation aux droits de l'homme fait
désormais partie intégrante de l'entraînement des forces de police et de
l'armée.

Au Liban, les progrès de la démocratie et des droits de l'homme se heurtent
toujours à une opposition qui se manifeste sous la forme d'une campagne de
violence et d'assassinats et qui est appuyée de l'étranger pour prévenir le
fonctionnement du gouvernement. Des groupes militants ont poursuivi leurs
tentatives de terroriser la population, notamment par le biais d'une série
d'attentats à la voiture piégée et d'assassinats. Entre mars et septembre,
le conflit de Nahr al-Barid entre les forces armées libanaises et le groupe
terroriste Fatah al-Islam a causé la mort de 168 soldats et de quelque 42
civils et le déplacement interne d'environ 30.000 réfugiés palestiniens.
L'opposition libanaise, soutenue par des forces extérieures, a continué de
bloquer les élections présidentielles en refusant de permettre au Parlement
de se réunir. Cependant, le cabinet libanais sous la direction du premier
ministre Fouad Siniora a continué à travailler d'arrache-pied pour assurer
le fonctionnement du gouvernement.

La République démocratique du Congo a tenu des élections présidentielles et
législatives démocratiques en 2006, concluant ainsi le processus de
transition entamé en 2002 qui avait mis fin à une guerre civile et à un
conflit régional destructifs. Malgré cet événement marquant, d'importants
problèmes subsistent en ce qui concerne les droits de l'homme. Le bilan du
gouvernement dans ce domaine est resté médiocre en 2007, la liberté de la
presse a été entamée et la corruption est restée endémique. Des conflits
armés internes se sont poursuivis dans certaines régions de l'Est riches en
minerais où les forces de sécurité et des groupes armés ont agi en toute
impunité pendant toute l'année, commettant de graves abus, au nombre
desquels il faut citer des exécutions illégales, des violences sexuelles
extrêmes, le recrutement et l'utilisation d'enfants soldats et le
harcèlement des observateurs des droits de l'homme envoyés par les Nations
unies. En novembre, cependant, le gouvernement congolais a conclu un accord
avec le gouvernement rwandais sur les groupes armés restant au Congo
oriental, y compris les Forces pour la libération démocratique du Rwanda.

Avec l'aide des Nations unies et de la communauté internationale, l'ordre a
été restauré au Timor-Oriental après les violences de 2006 et le pays a
réussi à organiser deux séries d'élections démocratiques : des
présidentielles en avril et mai et des parlementaires en juin. Le
gouvernement a lancé des réformes, dont une restructuration des forces de
police, mais il dépend toujours beaucoup des forces de sécurité étrangères
sur lesquelles il n'a pas de contrôle direct. Bien que le système
judiciaire ait été quelque peu réformé, il dépend aussi toujours beaucoup
de l'assistance et du personnel international. Malgré les efforts lancés
pour s'attaquer aux rivalités régionales, personnelles et politiques qui
sont à la base des troubles dans le pays, la présence de groupes rebelles
armés continue de poser de gros problèmes pour le développement
démocratique du Timor-Oriental.

La signature de l'Accord politique de Ouagadougou négocié par le président
burkinabé Blaise Compaoré pour la Côte d'Ivoire a soulevé de grands
espoirs. Le président ivoirien Gbagbo et l'ancien chef rebelle Guillaume
Soro ont rapidement constitué un gouvernement de transition mais,
s'agissant de certaines questions clés de l'accord - dont le désarmement
des factions armées, la réunification du pays, la détermination de la
citoyenneté des personnes sans papiers et la préparation des prochaines
élections présidentielles - les progrès sont lents et sporadiques dans une
atmosphère de faible volonté politique.

En Ouganda, la situation sécuritaire et des droits de l'homme s'est
sensiblement améliorée depuis que les forces armées ont refoulé l'Armée de
résistance du Seigneur (LRA) dans le nord du pays en 2005 et entamé des
négociations en vue d'un accord de paix, sous la houlette du gouvernement
du Soudan méridional en 2006. On n'a enregistré aucune attaque de la LRA en
2007. Quelque 400.000 Ougandais déplacés sont revenus dans leurs foyers en
2006 et 2007 et beaucoup d'autres sont prêts à faire de même si le
cessez-le-feu se poursuit. L'amélioration de la sécurité dans le nord a
permis de mettre fin à ce qu'on appelait les « navettes de nuit » dans le
cadre desquelles les enfants quittaient nuitamment les zones de conflit ou
les camps de PDI pour se rendre dans des centres urbains pour éviter d'être
enlevés par la LRA.

Les pays dans lesquels le pouvoir est aux mains de dirigeants qui ne
rendent de comptes à personne sont ceux où l'on enregistre les violations
les plus systématiques des droits de l'homme.

En Corée du Nord, le régime répressif continue de contrôler pratiquement
tous les aspects de la vie des citoyens, niant toute liberté d'expression,
de presse, d'association, de réunion, et restreignant la liberté de
circulation et les droits des travailleurs. Des rapports en provenance de
ce pays coupé du monde font état d'exécutions extrajudiciaires, de
disparitions et de détentions arbitraires, y compris politiques ; certains
réfugiés rapatriés de force auraient été assujettis à de graves punitions,
voire torturés. On continue de recevoir des rapports d'exécutions
publiques.

Le bilan catastrophique de la Birmanie en matière des droits de l'homme a
continué de s'empirer. Pendant toute l'année, le gouvernement a continué de
pratiquer des exécutions extrajudiciaires et il est responsable de
disparitions, de détentions arbitraires et indéfinies, de viols et de
tortures. En septembre, les forces de sécurité ont tué au moins 30
manifestants et en ont placé plus de 3.000 en garde à vue lors de la
répression brutale de manifestations pacifiques par, notamment, des moines
et des tenants de la démocratie. Malgré ses promesses, le régime n'a pas
rempli son engagement d'ouvrir un vrai dialogue avec l'opposition
démocratique et les groupes ethniques minoritaires. Défiant les appels du
Conseil de sécurité des Nations unies et de l'Association des nations de
l'Asie du Sud-Est demandant la libération rapide de tous les prisonniers
politiques, le régime garde toujours les dirigeants de l'opposition en
prison, y compris la lauréate du prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi,
qui est assignée à domicile.

En Iran, le régime a violé les libertés de parole et de réunion et a
intensifié la répression des dissidents, journalistes, activistes des
droits de la femme et des travailleurs et de tous ceux qui ne sont pas
d'accord avec lui : arrestations et détentions arbitraires, torture,
enlèvements, recours à une force excessive, déni généralisé de procès
équitables sont monnaie courante. Le régime a continué à emprisonner et
maltraiter les minorités ethniques et religieuses. Les autorités ont
utilisé le lynchage comme sentence et méthode d'exécution dans des cas
allégués d'adultère en dépit d'un moratoire de 2002 interdisant cette
pratique. Le régime a continué de soutenir les mouvements terroristes et
extrémistes violents en Syrie, en Irak et au Liban et a demandé la
destruction d'un État membre des Nations unies.

Le bilan de la Syrie en matière de droits de l'homme a empiré cette année
et le régime a continué de perpétrer de graves abus, dont la détention d'un
nombre croissant d'activistes, d'organisateurs de la société civile et
d'autres critiques du régime. Il a condamné à des peines de prison des
membres éminents de la communauté des droits de l'homme, y compris, en
décembre, un certain nombre de dirigeants du Conseil national de la
déclaration de Damas. Il a continué à juger certains politiques dans des
cours pénales : par exemple, en avril et mai respectivement, les autorités
ont condamné Anouar al-Bunni et Michel Kilo au motif « d'avoir affaibli le
sentiment national en temps de guerre ». Le régime syrien continue de
soutenir les groupes terroristes et extrémistes violents, leur permettant
de poursuivre leurs activités de déstabilisation et de violation des droits
de l'homme au Liban, dans les Territoires palestiniens et ailleurs.

Au Zimbabwe, 2007 a été la pire année à ce jour pour les défenseurs des
droits de l'homme. Malgré les récents efforts des dirigeants régionaux, les
attaques du gouvernement contre les droits de l'homme et la démocratie se
sont sensiblement accrues. Le régime de Mugabe a renforcé ses efforts pour
limiter l'opposition politique, et la corruption officielle et l'impunité
sont endémiques. Les forces de sécurité ont harcelé, tabassé et détenu
arbitrairement les partisans de l'opposition et les critiques dans les ONG
des droits de l'homme, les médias, et la main-d'ouvre organisée tout autant
que les citoyens ordinaires. De récents rapports d'organisations
indépendantes travaillant au Zimbabwe font état de plus de 8.000 cas d'abus
des droits de l'homme en 2007, dont plus de 1 400 cas d'attaques contre des
étudiants et au moins 1 600 cas d'arrestations et de détentions illégales.
Les groupes de défenseurs des droits de l'homme rapportent que les cas de
torture psychologique et physique perpétrés par les forces de sécurité et
les agents du gouvernement ont augmenté au cours de l'année. Les victimes
disent avoir été battues au moyen de fouets et de câbles, suspendues et
assujetties à des chocs électriques.

Cuba est toujours sous le contrôle totalitaire du président par intérim
Raul Castro et du Premier secrétaire du parti communiste, Fidel Castro. Le
régime a continué de priver ses citoyens de leurs droits et de leurs
libertés fondamentales, dont le droit de changer de régime, le droit à un
procès équitable, la liberté de parole, la liberté de la presse, la liberté
de réunion, la liberté de circulation et le droit d'association. Bien que
le nombre estimé des prisonniers politiques ne soit plus que de 240, contre
283 l'an dernier, les conditions carcérales restent extrêmement dures et
les autorités frappent, harcèlent et menacent de mort les dissidents tant
en prison qu'en dehors. Sur les 75 activistes pacifiques, journalistes,
syndicalistes et figures de l'opposition arrêtés et condamnés en 2003, 59
sont toujours emprisonnés. Le nombre et la brutalité des attaques
collectives ordonnées par le gouvernement contre les dissidents en vue ont
diminué par rapport aux années précédentes mais le nombre des mises en
examen et des détentions provisoires des citoyens ordinaires exprimant leur
différence d'opinion semble être en hausse.

En Biélorussie, le gouvernement autoritaire de Loukachenko a imposé des
limites à la liberté de la presse, de parole, de réunion, d'association et
de religion. Des douzaines d'activistes et de tenants de la démocratie ont
été arrêtés et condamnés pour des raisons politiquement motivées. Alexander
Kozuline, un des opposants de Loukachenko lors des élections
présidentielles de 2006, est toujours en prison. En janvier, Loukachenko a
consolidé son pouvoir grâce à des élections locales qui, de l'avis des
observateurs, ne répondaient pas aux normes internationales. L'Assemblée
générale des Nations unies a adopté, pour la deuxième année successive, une
résolution condamnant la situation des droits de l'homme en Biélorussie et
demandant la libération immédiate et inconditionnelle de tous les
prisonniers politiques et autres personnes détenues pour avoir tenté
d'exercer ou de promouvoir les droits de l'homme.

En Ouzbékistan, le président Karimov et l'exécutif ont dominé la vie
politique et exercé un contrôle quasi complet sur les autres branches du
gouvernement. Les forces de sécurité ont continué de torturer, frapper et
maltraiter systématiquement des détenus lors des interrogatoires pour en
obtenir des confessions ou des informations incriminantes et plusieurs
détenus, censément membres d'organisations considérées comme dangereuses
par le régime, sont morts pendant leur garde à vue. En novembre, le Comité
des Nations unies contre la torture a conclu que la torture et les mauvais
traitements étaient systémiques dans tout le processus d'investigation. Le
gouvernement cherche à contrôler toutes les ONG et les activités
religieuses.

En Érythrée, le bilan du gouvernement en matière de droits de l'homme reste
médiocre. On y a noté d'importantes restrictions à la liberté de parole, de
la presse, de réunion, d'association et de religion, notamment en ce qui
concerne les groupes religieux qui n'étaient pas approuvés par le
gouvernement. Les autorités ont continué à commettre de graves abus :
limitation du droit des citoyens à changer de régime dans le cadre d'un
processus démocratique ; exécutions illégales par les forces de sécurité ;
torture et passage à tabac des prisonniers - quelquefois à mort ;
arrestation et torture des individus cherchant à éviter le service
militaire - certains seraient morts de causes inconnues pendant leur garde
à vue ; conditions carcérales extrêmement dures ; arrestations et
détentions arbitraires ; arrestation des membres de la famille de ceux qui
cherchent à éviter le service militaire ; ingérence de l'exécutif dans le
judiciaire ; et recours à des tribunaux spéciaux pour contourner la
procédure ré
gulière.

Le bilan du Soudan en matière de droits de l'homme est resté catastrophique
en 2007 : les informations concernant les exécutions extrajudiciaires, les
tortures, les passages à tabac et les viols par les forces de sécurité du
gouvernement et leurs milices au Darfour ne cessent de se multiplier.
Malgré la signature de l'accord de paix au Darfour en 2006, les violences
ont augmenté en 2007 et la région a sombré plus avant dans le chaos : le
gouvernement a continué ses bombardements aériens des villages, les groupes
rebelles se sont scindés et ont multiplié leurs attaques, et les conflits
entre tribus se sont intensifiés. Depuis 2003, au moins 200.000 personnes
sont mortes d'actes de violence, de faim ou de maladie. Le gouvernement
américain a qualifié le conflit de génocide et des civils innocents ont
continué de souffrir. À la fin de l'année, on comptait plus de deux
millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays et quelque 231.000
autres avaient traversé la frontière pour chercher refuge au Tchad. Le
gouvernement a mis des obstacles au déploiement de la force internationale
hybride de maintien de la paix de l'ONUet de l'Union africaine, et ses
forces de sécurité ont bloqué l'aide humanitaire de secours. Les
humanitaires sont devenus de plus en plus souvent les cibles de la
violence. Selon les Nations unies, 13 travailleurs des droits de l'homme
ont été tués, 59 attaqués, 61 arrêtés et mis en détention et 147 enlevés
pendant l'année.

Certains pays à régime autoritaire qui ont lancé des réformes économiques
ont connu des changements sociétaux rapides mais ils ne se sont pas encore
engagés dans la voie des réformes politiques démocratiques et continuent à
priver leurs citoyens de leurs droits de l'homme et de leurs libertés
fondamentales.

Par exemple, le bilan de la Chine en matière de droits de l'homme est resté
médiocre en 2007. Le contrôle de la liberté religieuse s'est durci dans la
zone tibétaine et dans la province autonome de Xinjiang et le traitement
des pétitionnaires a empiré à Pékin. Le gouvernement a aussi continué à
surveiller, harceler, arrêter, interpeller et emprisonner les activistes,
écrivains, journalistes et avocats pour la défense et leurs familles qui,
pour nombre d'entre eux, cherchaient à exercer leurs droits légaux. Si le
gouvernement a mené à bien certaines réformes - il a notamment redonné à la
Cour suprême le pouvoir de passer en revue les sentences de peine de mort
dans les affaires à mise à exécution immédiate - les tentatives en vue de
réformer ou d'abolir le système de rééducation par le travail n'ont pas
abouti. De nouveaux règlements temporaires ont amélioré les conditions de
travail des journalistes étrangers mais ils ne sont pas toujours appliqués,
ce qui rend difficiles les reportages. En 2007, le gouvernement a renforcé
ses tentatives de contrôler et de censurer l'Internet et durci les
restrictions sur la liberté de parole et sur la presse intérieure. Il a
continué de surveiller, harceler, interpeller, arrêter et emprisonner les
journalistes, les écrivains de l'Internet et les blogueurs. Selon des ONG,
29 journalistes et 51 cyber-dissidents et utilisateurs de l'Internet
étaient encore emprisonnés à la fin de l'année. Le nombre de citoyens
condamnés au titre de la loi sur la sécurité de l'État, qui est souvent
utilisée pour faire taire les critiques du gouvernement, a augmenté de 20 %
par rapport à 2006. En décembre, l'activiste bien connu des droits de
l'homme Hu Jia a été arrêté à son domicile et interpellé : il était
soupçonné d' « incitation à la subversion contre le pouvoir de l'État ». Sa
femme et sa petite fille auraient été assignées à domicile. Les ONG tant
locales qu'internationales sont soumises à des examens minutieux et à des
restrictions.

Trois éléments indispensables et solidaires doivent être présents pour
qu'une démocratie puisse faire des progrès durables :

Primo : un processus électoral libre et juste. Les élections démocratiques
sont des jalons sur la voie de la démocratie. Elles peuvent aider le pays à
s'engager sur la voie des réformes, poser les bases de
l'institutionnalisation des protections offertes par les droits de l'homme
et de la bonne gouvernance, et ouvrir un espace politique pour la société
civile. Mais les élections ne consistent pas seulement en la sélection des
candidats et un comptage honnête des votes le jour du scrutin. La période
préélectorale doit voir une vraie concurrence de la part des forces
pacifiques opposées au gouvernement en place et le respect intégral des
droits fondamentaux de la liberté d'expression, de réunion pacifique et
d'association. Cela signifie que les partis politiques doivent pouvoir
s'organiser et présenter leur point de vue par l'intermédiaire d'une presse
libre, de meetings et de discours.

Secundo : des institutions gouvernementales représentatives et responsables
respectant l'État de droit. Par-delà un processus électoral libre et juste,
les démocraties doivent se doter d'institutions gouvernementales
représentatives, responsables et transparentes, y compris de partis
politiques fondés sur des idées, pas seulement sur des personnalités ou une
identification ethnique ou tribale, et des systèmes législatifs et
judiciaires indépendants capables de garantir que les dirigeants élus
démocratiquement peuvent gouverner démocratiquement une fois en place.
L'État de droit déterminé par les représentants démocratiquement élus doit
remplacer la culture de la corruption. La démocratie peut se révéler
fragile dans les pays où les institutions gouvernementales sont faibles ou,
au contraire, sans restrictions, où la corruption règne et où la
réconciliation n'a pas encore eu lieu entre les diverses ethnies ou tribus
ou entre les élites bien établies et ceux qui ont été privés de leurs
droits. Les pays pauvres qui adoptent des politiques de bonne gouvernance
propices à la croissance et qui investissent dans leurs citoyens sont les
plus à même d'utiliser judicieusement leur aide au développement et
d'atteindre leurs objectifs, gagnant ainsi le respect et le soutien de
leurs citoyens. Un pays dont le gouvernement représentatif et responsable
accorde une juste protection à ses citoyens dans le cadre de la législation
en vigueur est un pays où il est peu probable que les extrémistes violents
viennent s'installer.

Tertio : des sociétés civiles indépendantes et florissantes, des partis
politiques sans entrave et des ONG et des médias libres. Une société civile
ouverte et forte aide à garder les élections et les élus honnêtes, à mettre
le processus de construction de la démocratie sur la bonne voie et à
encourager ses membres à contribuer au succès de leur pays.

Au Vénézuéla, les tentatives d'un dirigeant démocratiquement élu de saper
les institutions démocratiques et d'intimider la société civile se sont
heurtées à une vigoureuse résistance. En 2007, le président Chavez a
continué à consolider le pouvoir de l'exécutif et à affaiblir les
institutions démocratiques, les médias indépendants et la société civile.
Il a invoqué la loi permettant la suspension des émissions de
télécommunications et en mai le gouvernement a refusé de renouveler la
licence de Radio Caracas Television, forçant ainsi une des dernières
chaînes indépendantes ayant une audience nationale à cesser ses émissions.
Le président a également proposé des modifications à la constitution qui
auraient étendu la durée et éliminé la limite du nombre des mandats
présidentiels, mis sur la touche les autres élus, donné au président plus
de contrôle sur l'économie et limité le financement étranger des ONG
nationales. Des dizaines de milliers de citoyens ont manifesté, quelquefois
de manière violente, pour et contre les amendements proposés. Les tenants
du gouvernement ont harcelé et tenté d'intimider l'opposition, notamment
les étudiants, tiré contre des groupes lors de meetings et blessé un nombre
indéterminé de personnes. En fin de compte, en décembre, ces changements
ont été rejetés par une faible majorité lors d'un référendum : le président
Chavez a accepté le résultat.

Au Nigéria, après les élections présidentielles, législatives et nationales
d'avril qui avaient été marquées par la fraude généralisée et nombre
d'incidents de violence, la démocratie encore fragile a montré qu'elle
n'était pas morte. Dans les tribunaux créés pour juger plus de 1.200
pétitions contestant les résultats d'élections à tous les niveaux, le
judiciaire a montré son indépendance et a annulé les résultats d'un certain
nombre d'élections de sénateurs et de gouverneurs. Soumis à de fortes
pressions, le gouvernement a constitué un comité chargé de réformer la
Commission électorale indépendante nationale dont la lenteur des
préparatifs électoraux avait sensiblement sapé la crédibilité du scrutin.
La Commission des crimes économiques et financiers a poursuivi ses travaux
et examiné les allégations de corruption à tous les niveaux du gouvernement
mais la réaffectation de son président à la fin de l'année a été perçue
comme un coup porté aux efforts anticorruption.

En août, le gouvernement intérimaire thaïlandais a organisé un référendum
sur une nouvelle constitution - jalon majeur dans le retour du pays à la
démocratie après le coup d'État de 2006. Les élections parlementaires de
décembre ont été en général libres et régulières en dépit de certaines
allégations de corruption, d'intimidation et d'autres irrégularités
mineures. Les résultats officieux donnaient une majorité des sièges au
Parti du pouvoir du peuple (PPP) dont la direction était étroitement liée
avec l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra. À la fin de l'année, le
pays devait toujours relever de gros défis : consolider son retour à un
gouvernement élu et éliminer les causes sous-jacentes du coup d'État en
renforçant le contrôle civil de l'armée ; renforcer les institutions
démocratiques ; prouver son respect de la liberté de parole et de la presse
; faire avancer les enquêtes sur les abus des droits de l'homme, notamment
les exécutions extrajudiciaires et les disparitions pendant les campagnes
de lutte contre les insurgés et les narcotrafiquants ; et combattre la
corruption officielle.

Au Kénya, les violences qui ont suivi les élections présidentielles,
parlementaires et locales très serrées de décembre ont révélé les
faiblesses fondamentales des institutions démocratiques, dont la
concentration des pouvoirs sur la présidence et la nécessité d'une réforme
constitutionnelle. Les observateurs des élections ont remarqué que si le
processus de vote et de comptage avait en gros été conforme aux normes
démocratiques, il y avait eu de graves irrégularités dans le décompte des
résultats. La police et des émeutiers ont tué un nombre inconnu de
personnes de diverses ethnies et des dizaines de milliers de personnes ont
été déplacées lors des violences qui ont suivi les élections.

Pour la société civile et les médias indépendants, les libertés
d'expression, d'association et de réunion pacifique sont comme de
l'oxygène. Sans elles, la démocratie se trouve privée de son souffle de
vie. Malheureusement, en 2007, dans toutes les régions du monde, des
gouvernements ont abusé de leurs pouvoirs et détourné la législation aux
dépens des ONG, des journalistes et des autres activistes de la société
civile. En plus des restrictions et des mesures répressives déjà
mentionnées dans cette introduction et dont ont souffert la société civile
et les médias, on peut citer les exemples suivants :

En Égypte, les activistes de l'opposition, les journalistes et les ONG
continuent de réclamer des réformes et de critiquer le gouvernement malgré
les tentatives faites par ce dernier pour les faire taire. Le gouvernement
retient toujours un ancien candidat à la présidence, Ayman Nour, comme
prisonnier politique, accuse les journalistes de diffamation, met aux
arrêts les blogueurs de l'Internet et limite sévèrement la liberté
d'association. En septembre, 7 rédacteurs de journaux indépendants ont été
condamnés à diverses peines pour des chefs d'inculpation allant d'avoir
cité inexactement le ministre de la justice à avoir diffamé le président et
de hauts responsables du parti au pouvoir, le Parti démocratique national.
Pendant l'année, la police a placé plusieurs blogueurs en garde à vue pour
des périodes de plusieurs jours. En septembre, le gouvernement a ordonné la
fermeture de l'ONG « Aide juridique pour les droits de l'homme » au
prétexte qu'elle avait reçu des fonds de l'étranger sans l'approbation du
gouvernement : elle avait contribué à exposer plusieurs cas de torture par
les forces de sécurité.

Au cours de l'année, la liberté des médias a été sensiblement réduite en
Azerbaïdjan. Selon des observateurs, la condamnation et l'emprisonnement de
huit journalistes et le maintien en prison d'un autre incarcéré depuis 2006
étaient politiquement motivés (sept d'entre eux ont été relâchés plus tard
; les deux autres sont toujours emprisonnés). Un autre journaliste dont la
mise en examen est considérée comme politiquement motivée est toujours en
détention préventive. Deux journaux que le gouvernement avait suspendus en
mai n'avaient pas encore repris leur publication à la fin de l'année. Le
nombre des procès en diffamation qui menacent la fiabilité financière des
médias imprimés a augmenté. Les journalistes font l'objet de menaces et de
mesures de harcèlement et de violence qui semblent liées à leurs critiques
du régime ou de fonctionnaires précis.

Au Rwanda, la liberté de la presse s'est dégradée avec la mise en
application par le gouvernement de lois vagues mais de large portée. On
signale de plus en plus d'exemples de cas où le gouvernement a harcelé,
condamné à des amendes et intimidé des journalistes indépendants qui
avaient critiqué ses actions sur des sujets sensibles ou qui, selon un
conseil semi-indépendant de régulation des médias, avaient censément violé
la législation ou les normes journalistiques. De nombreux journalistes
s'autocensurent.

Au Vietnam, les activités des ONG sont très limitées parce que le
gouvernement surveille de près ces organisations. La société civile est en
alerte du fait de la répression constante des dissidents par le
gouvernement qui s'est traduite par la mise en examen d'un certain nombre
d'activistes des droits de l'homme et de la démocratie, a disloqué les
organisations d'opposition naissantes et contraint plusieurs dissidents à
quitter le pays. Le gouvernement et les organisations contrôlées par le
parti ont monopolisé toutes les sources d'information (presse, radio,
télévision et médias électroniques) et bloqué tout un éventail de sites web
donnant des nouvelles internationales et des informations sur les droits de
l'homme. Certaines organisations de médias ont cependant commencé à pousser
les limites de la censure.

En Tunisie, le gouvernement a continué à intimider, harceler, appréhender,
emprisonner et attaquer physiquement des journalistes, des leaders
syndicalistes et des personnes travaillant pour des ONG. Il a aussi
continué à imposer des restrictions sur le financement extérieur des
organisations qu'il n'a pas approuvées. L'écrivain et avocat Mohammed
Abbou, qui avait été mis en prison en 2005 pour avoir affiché des articles
critiques du président Ben Ali sur l'Internet, a été libéré mais il reste
interdit de sortie du pays.

Au Kazakhstan, le gouvernement a continué son harcèlement des médias de
l'opposition : impôts ciblés, enquêtes de réglementation, pressions sur les
sociétés d'impression des journaux et blocage des sites web. En novembre,
il s'est publiquement engagé à réformer le code électoral avec l'aide de
l'OSCE, à libéraliser les prescriptions d'enregistrement des partis
politiques, à modifier la législation des médias en prenant en compte les
recommandations de l'OSCE de réduire la responsabilité pénale des actes de
diffamation, et à libéraliser les procédures d'enregistrement des médias.

Si les défis sont restés énormes, 2007 a aussi vu des efforts concertés au
niveau mondial et régional en faveur des droits de l'homme et de la
démocratie :

Des résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies ont condamné
nommément les violations des droits de l'homme commises par la Corée du
Nord, la Biélorussie, l'Iran et la Birmanie, et l'obligation des
gouvernements de protéger et de promouvoir les droits de l'homme et les
libertés fondamentales reste une des missions centrales de la Troisième
commission de l'Assemblée.

La brutale répression des manifestations pacifiques des moines et des
tenants de la démocratie par la Birmanie a amené le Conseil des droits de
l'homme, généralement laxiste et contreproductif, à convoquer une session
spéciale et à adopter, en octobre, une déclaration du Conseil de sécurité
demandant la libération immédiate de tous les prisonniers politiques,
insistant sur la nécessité pour le régime de « créer les conditions
nécessaires pour engager un dialogue authentique avec Aung San Suu Kyi et
toutes les parties concernées ainsi que les groupes ethniques » et
l'invitant « à prendre toutes les mesures nécessaires pour résoudre les
problèmes politiques, économiques, humanitaires et des droits de l'homme
qui inquiètent la population ».

Le défi que constitue la protection et l'avancement des droits de l'homme
et des principes démocratiques à l'échelon mondial demande des solutions
novatrices.

Le Fonds des Nations unies pour la démocratie, proposé par le président
Bush dans son allocation de 2004 à l'Assemblée générale, a continué de
croître rapidement. À la fin de 2007, il se montait à 36 millions de
dollars et l'identification de projets susceptibles de bénéficier d'une
deuxième tournée de financements avait commencé. Le nombre des propositions
soumises était passé à 1.800 contre 1.300 en 2006. La priorité est donnée
au financement de projets qui appuient les efforts des ONG dans les
démocraties naissantes telles que le Centre international pour la
transition démocratique en Hongrie ou qui soutiennent la participation
civile à l'initiative pour un Moyen-Orient élargi et l'Afrique du Nord.

La quatrième réunion ministérielle de la Communauté mondiale des
démocraties s'est tenue à Bamako (Mali) en novembre et a exploré les liens
entre la démocratie et le développement. Les ministres ont décidé de
constituer un Secrétariat permanent et ont conclu leurs travaux avec la
déclaration de Bamako qui souligne le rôle essentiel de la société civile
dans la promotion de la démocratie.

Les organisations régionales continuent aussi à promouvoir les droits de
l'homme et à renforcer leurs capacités institutionnelles de mise en ouvre
plus efficace de leurs engagements.

L'Organisation des États américains (OEA) a mis en place un réseau de 100
praticiens de la démocratie experts en réformes légales, judiciaires,
électorales et de la participation des citoyens. Il aidera les
gouvernements élus de la région à faire face aux défis de la gouvernance
démocratique.

L'Union africaine (UA) a continué à élaborer des organes et mécanismes
destinés à faire avancer son agenda en matière de droits de l'homme et de
démocratie ; elle a notamment adopté en janvier une Charte africaine sur la
démocratie, les élections et la gouvernance qui garantit les engagements
des gouvernements de préserver le pluralisme politique, des élections
libres et régulières, l'État de droit et la bonne gouvernance.

Inspirées par la Communauté des démocraties, l'OEA et l'UA se sont réunies
à Washington en juillet pour créer un Pont OEA-UA de la démocratie. Grâce à
lui, elles partageront les meilleures pratiques et les leçons de
l'expérience afin de mieux mettre en ouvre leurs chartes démocratiques
respectives et de renforcer leurs institutions démocratiques.

Lors de leur réunion de Singapour en novembre, les dirigeants de
l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE) ont approuvé une
nouvelle charte qui prévoit la création d'un organe des droits de l'homme
et autorise les ministres des affaires étrangères des pays membres à
établir son mandat.

Dans le Moyen-Orient élargi et l'Afrique du Nord, des groupes non
gouvernementaux ont continué leurs travaux sur le Forum de l'avenir qui se
sont terminés par le Forum parallèle de la société civile, tenu à Sanaa
(Yémen) en décembre. Il a rassemblé quelque 300 dirigeants de sociétés
civiles de toute la région ; les participants ont publié un rapport
identifiant des jalons pour des réformes et avançant des plans d'action
pour 2008 qui permettront de s'attaquer aux questions critiques de la
liberté d'expression et de l'affranchissement politique des femmes.

L'OSCE, pionnière régionale en matière de fixation de normes et de création
d'institutions dans le domaine des droits de l'homme et de la démocratie, a
su résister aux efforts de certains États membres qui cherchaient à porter
atteinte à l'intégrité de l'observation des élections par son Bureau des
institutions démocratiques et des droits de l'homme. En refusant
l'invitation assujettie de nombreuses conditions de la Russie de venir
observer les élections parlementaires en décembre, l'OSCE a soutenu le
principe d'une observation crédible et sans entrave par des organes
indépendants.

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Les efforts faits par les États-Unis pour promouvoir les droits de l'homme
et les libertés démocratiques partout dans le monde sont le reflet des
valeurs fondamentales américaines. Ils contribuent aussi à faire avancer
nos intérêts profonds. Comme l'a dit le président Bush, « la liberté est un
droit non négociable inhérent à tout être humain et la voie de la paix
durable dans notre monde passe par la liberté ».

Nos valeurs et nos intérêts sont mis en commun lorsque nous travaillons en
partenariat avec les démocraties et les défenseurs des droits de l'homme à
construire des systèmes démocratiques et exposer les abus, à encourager la
tolérance et protéger les droits des minorités ethniques et religieuses et
des travailleurs, à promouvoir l'égalité des droits pour les femmes et à
mettre fin à la traite des personnes. Nos valeurs et nos intérêts ne sont
jamais plus en synchronie que lorsque nous soutenons le développement de
sociétés civiles indépendantes et florissantes, travaillons à garantir des
élections libres et régulières et à renforcer des démocraties fondées sur
le droit. À chaque fois que des défenseurs des droits de l'homme se
trouvent pris pour cible par des régimes répressifs, nos valeurs et nos
intérêts ne sont jamais mieux servis que lorsque nous montrons notre
solidarité avec eux par nos actions et nos paroles.

(Fin du texte)

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