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09/04/2008

Il y a quarante ans Martin Luther King.

Le rêve de Martin Luther King, toujours vivant. Et reste les jours de colère.

proposé par martingrall

Hillary Clinton a fait un mémoire sur Saul Alinsky et la revendication non violente. Et restent les jours d'espoir. Est-ce suffisant, Non. Reste le meutre.

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Le 4 avril 1968, à Memphis (Tennessee), la balle d'un assassin mit un terme à la vie de Martin Luther King, principal architecte et dirigeant du mouvement non violent des droits civiques aux États-Unis. Il était âgé de 39 ans, mais selon les médecins légistes, il avait à sa mort le cour d'un homme de 60 ans, car il avait si longtemps porté le fardeau de tant de gens. À son enterrement, une foule de 100.000 Américains s'est assemblée hors de l'église pendant l'office.

La veille, dans le cadre de sa « campagne pour les pauvres », le pasteur King avait pris la défense d'agents de voirie grévistes, pour la plupart noirs. Son dernier discours public était fortement inspiré de la Bible à l'étude de laquelle il avait consacré tant d'années de sa vie. Il s'avéra prophétique :

« Je ne sais pas ce qui va se passer maintenant ; des temps difficiles nous attendent. Mais cela n'a plus d'importance pour moi, car je suis allé jusqu'au sommet de la montagne. Je ne m'inquiète plus. Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. La longévité a sa valeur. Mais cela m'importe peu à présent. Tout ce que je veux, c'est faire la volonté de Dieu. Et Il m'a permis d'atteindre le sommet de la montagne. J'ai regardé autour de moi, et j'ai vu la Terre promise. Il se peut que je n'y entre pas avec vous. Mais je veux que vous sachiez, ce soir, qu'en tant que peuple, nous atteindrons la Terre promise. Je suis donc heureux, ce soir. Je ne m'inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur. »

L'année 1968 a été, dans le monde entier, marquée par des turbulences politiques. Aux États-Unis, deux mois plus tard, le 5 juin, un autre assassin mettait fin aux jours du sénateur Robert Kennedy qui, en tant que ministre de la justice, avait apporté aux militants des droits civiques une assistance opportune.


Jours de colère

L'assassinat de Martin Luther King déclencha des émeutes à Washington et dans plus d'une centaine d'autres villes américaines, menaçant de transformer la lutte pacifique des Afro-Américains en un violent affrontement racial. Avant le tragique événement, déjà, le mouvement semblait évoluer dans une direction que beaucoup des proches du pasteur King surveillaient avec appréhension.

En mai 1966, Stokely Carmichael, militant de longue date ayant à son actif de nombreuses campagnes d'inscriptions électorales, avait pris la direction du Comité de coordination non violent des étudiants (SNCC), principale organisation estudiantine du mouvement des droits civils, dont les responsables manifestaient une impatience croissance à l'égard de l'approche gradualiste du pasteur King et de ses associés.

Dans un discours prononcé à Greenwood (Mississippi), Carmichael lança un appel en faveur du « pouvoir noir ». Au lieu de l'intégration que recherchaient des hommes comme Thurgood Marshall et Martin Luther King, Carmichael préconisait la séparation, l'intégration étant, selon lui, « un subterfuge insidieux visant au maintien de la suprématie blanche ».

Parallèlement, le parti des Panthères noires (qui, selon certain, doit son nom à un symbole employé en Alabama lors d'une campagne d'inscriptions électorales à l'intention des électeurs illettrés), fondé à Oakland (Californie) en octobre 1966 par les activistes Huey P. Newton et Bobby Seale, employait des adhérents armés, les « Panthères », chargés de suivre et de talonner les officiers de police qui, estimaient-ils, ciblaient injustement les noirs.

Bien que le parti ait connu une certaine popularité, en particulier du fait de ses programmes de services sociaux, des confrontations armées avec les forces de police locales s'étant soldées par la mort ou l'emprisonnement de panthères célèbres eurent pour effet de lui aliéner de nombreux Américains qui réprouvaient ses méthodes violentes. Il en résulta un éclatement du mouvement des Panthères qui se désintégra en une galaxie de groupuscules factieux au milieu de récriminations et d'accusations mutuelles.

Nombreux furent les gens qui craignirent que l'assassinat du pasteur King ne vienne accroître l'influence des éléments militants au sein du mouvement. À l'époque, certains remirent en question la valeur des actions auxquelles celui-ci avait consacré toute sa vie. Mais la Terre promise qu'il décrivait était, par beaucoup de côtés, bien plus proche qu'elle ne le semblait durant les émeutes d'avril 1968.

Le consensus américain

L'expérience historique afro-américaine restera à tout jamais unique. Mais des mesures fédérales sérieuses assurant le respect du droit de vote sont venues apporter aux Noirs américains les instruments que les immigrants et les autres groupes minoritaires employaient depuis longtemps pour poursuivre, et pour réaliser, le rêve américain. Aux États-Unis, l'exercice du droit de vote est assorti d'un réel pouvoir politique ; avec lui, et au fil du temps, l'égalité juridique et politique pour les Afro-américains s'est traduite par des progrès dans pratiquement tous les domaines de la vie.

John R. Lewis, par exemple, était l'un des Freedom Riders sauvagement battus par une bande de ségrégationnistes à Montgomery (Alabama) en 1961. Il représente aujourd'hui la 5e circonscription législative de la Géorgie à la Chambre des représentants des États-Unis. Près d'une cinquantaine de ses collègues sont des Afro-Américains et plusieurs d'entre eux exercent un pouvoir politique considérable en tant que présidents de commissions parlementaires influentes

En 1963, Denise McNair fut l'une des adolescentes tuées dans l'attentat à la bombe perpétré par des miliciens racistes contre l'église baptiste de la Seizième rue de Birmingham (Alabama). En 2005, son amie Condoleezza Rice accéda aux fonctions de secrétaire d'État fédérale.

Les taux d'achèvement des études secondaires chez les Noirs ont presque triplé depuis 1966 et le taux de pauvreté a été réduit de près de 50 % au cours de la même période. L'expansion de la classe moyenne noire est un phénomène social largement reconnu, de même que l'augmentation du nombre d'Afro-Américains entrepreneurs, chercheurs, auteurs et artistes ayant connu la réussite.

Bien que les Américains soient toujours aux prises avec les questions liées à la race, ces questions diffèrent profondément de celles auxquelles Thurgood Marshall, Martin Luther King et la génération du mouvement des droits civils ont dû faire face.

Le mouvement des droits civiques a incontestablement forcé les Américains à regarder de face la contradiction entre leurs idéaux et la réalité faite de ségrégation et d'inégalités. Il a, ce faisant, propulsé la nation sur la voie de l'égalité raciale pleine et entière sur laquelle elle a réalisé des avancées appréciables et sur laquelle elle continue de progresser.

La mesure la plus importante du progrès est sans doute l'émergence, notamment dans la jeune génération qui bâtira le futur de l'Amérique, d'un consensus aussi large que profond selon lequel les réalités honteuses de l'esclavage, de la ségrégation et de l'inégalité doivent n'avoir d'autre place que dans le passé et y être reléguées.

Le texte ci-dessus est une adaptation de Free At Last : The U.S. Civil Rights Movement [Enfin libres : Le mouvement des droits civiques aux États-Unis], ouvrage devant être publié sur America.gov dans le courant de l'été 2008.


Par Michael Friedman et Jean-Michel Vandenberge

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