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03/05/2008

L'UNESCO a choisi tout particulièrement le Mozambique pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse

L'UNESCO a choisi tout particulièrement le Mozambique pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse

Proposé par martingrall,

La célébration à travers le monde de la Journée mondiale de la liberté de la presse le 3 mai attirera l'attention sur la répression dont les journalistes indépendants font l'objet et sur le grand nombre d'assassinats de journalistes qui ont lieu souvent en toute impunité, ont déclaré des défenseurs de la liberté de la presse au service d'information du département d'État.

La Journée mondiale de la liberté de la presse rappellera au monde que 171 journalistes ont été tués dans l'exercice de leur métier en 2007 et que des centaines d'autres ont subi des menaces, ont été incarcérés ou torturés, a déclaré l'Organisation des Nations unies. C'est en 1993 que l'Assemblée générale de l'ONU a désigné le 3 mai Journée mondiale de la liberté de la presse.

Selon le directeur général du Comité de protection des journalistes, dont le siège est à New York, M. Joël Simon, personne n'avait pensé au moment de l'instauration de la Journée mondiale de la liberté de la presse qu'elle aurait une aussi grande résonance.

Cette journée, a-t-il dit, est marquée par une multitude de rassemblements, de manifestations et d'éditoriaux destinés à attirer l'attention du monde entier sur la violence et la répression qui frappent les médias dans de nombreux pays.

L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) organisera cette année ses principales activités au Mozambique, où la presse jouit d'une grande liberté depuis la fin de la guerre civile en 1992.

Toutefois, a fait remarquer M. Simon, l'assassinat d'un journaliste mozambicain réputé, Carlos Cardoza, en novembre 2000, a traumatisé le petit nombre de journalistes indépendants de ce pays. Cet assassinat a reçu une grande attention tant au Mozambique qu'à l'étranger. Carlos Cardoza était considéré comme un journaliste qui n'avait pas peur d'exposer la corruption et les scandales qui entachaient la vie économique et politique du pays. Il a été assassiné parce qu'il osait dénoncer nommément des membres de la criminalité organisée et des agents publics corrompus. Cette affaire, a-t-il dit, a beaucoup sensibilisé les Mozambicains à l'importance de la liberté de la presse.

Depuis la fin de la guerre civile, a-t-il indiqué, la presse joue un rôle vital au Mozambique en tant que voix indépendante. Les médias contrôlés par l'État sont aussi crédibles, ce qui n'est pas le cas dans la plupart des autres pays africains.

Le gouvernement mozambicain participera le 3 mai aux cérémonies organisées dans la capitale, Maputo. L'UNESCO décernera à cette occasion un prix de 25.000 dollars à un journaliste ou à un organisme qui a contribué à défendre la liberté de la presse dans le monde. En 2007, elle avait décerné ce prix à titre posthume à la journaliste russe Anna Politkovskaya, qui militait en faveur des droits de l'homme et qui avait été assassinée en octobre 2006.

Les gouvernements répressifs craignent les médias indépendants

Selon le président d'Internews Network (organisation non gouvernementale qui encourage les médias indépendants), M. David Hoffman, la Journée mondiale de la liberté de la presse est importante « parce qu'elle nous rappelle le rôle vital que les médias dont l'activité est libre et transparente jouent en appuyant la démocratie et la société civile et en encourageant la transparence au sein des pouvoirs publics. »

M. Hoffman, dont l'organisation est financée en partie par le département d'État et par l'Agence des États-Unis pour le développement international, s'est déclaré d'avis que la répression dont les médias indépendants faisaient l'objet dans un grand nombre de pays était le thème le plus important de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Certains pays, a-t-il dit, ont des lois qui protègent les médias, mais ils ne les appliquent pas.

Une réaction brutale contre les médias a commencé de se manifester, selon lui, à la suite de la « révolution rose » en Géorgie et de mouvements semblables qui ont eu lieu dans d'anciens pays communistes de l'Europe centrale et orientale et de l'Asie centrale.

« De nombreux gouvernements répressifs craignent les médias indépendants dans leur pays du fait du rôle primordial » que la presse a joué pour encourager ces mouvements. M. Hoffman a cité à cet égard la Russie où les médias indépendants ont dû cesser leurs activités. En 2007, le gouvernement russe a également expulsé les journalistes d'Internews Network pour des raisons « purement politiques » en prétextant que cette organisation avait enfreint la réglementation sur les changes, a-t-il dit.

L'importance de la Journée mondiale de la liberté de la presse dans les nouvelles démocraties

Conseiller du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en matière de médias, M. William Orme a souligné l'importance de cette journée dans les pays en voie de démocratisation. « C'est le moment, a-t-il dit, de soutenir les journalistes qui souvent sont en danger, marginalisés ou menacés. C'est le moment où la communauté internationale reconnaît officiellement la grande importance des médias indépendants et d'un régime démocratique. »

La Journée mondiale de la presse n'est pas uniquement pour les journalistes. Elle sert aussi à rappeler tant à la population qu'aux États que l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme garantit la liberté d'expression et le droit d'échanger des informations. La plupart des pays sont signataires de ce document, a fait remarquer M. Orme.

Le PNUD, a-t-il dit, avait classé le Mozambique à un certain moment comme le pays le plus pauvre du monde, mais, après presque vingt ans de guerre civile et des centaines de milliers de morts, ce pays est arrivé à un stade où ses dirigeants tentent de favoriser une « culture démocratique » en donnant notamment une plus grande liberté à la presse.

Bien que la situation des journalistes mozambicains soit loin d'être parfaite, le Mozambique revêt, selon lui, « une importance symbolique très forte tant en Afrique que dans le reste du monde » du fait que la liberté de la presse fait partie intégrale de « l'expérience démocratique » du pays.


Eric Green et Jean-Michel Vandenberge


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