Avertir le modérateur

12/06/2008

Lorsque l'on ne choisit pas la France, pour les enfants du Darfour rien n'est perdu.

proposé par martingrall.


Et c'est encore aux Etats-Unis, qui pourtant sont responsables de la poursuite du conflit, que les universités, officiellement avec papiers administratifs et titre de séjour, ouvrent leur portes aux enfants perdus du Darfour. Bien sur cela fait parti de la propagande US mais pour 10 000, 20 000, 30 000 enfants sauvés, je veux bien que l'on me raconte les aventures de Peter Pan. Et si la France prenait une partie de ce fardeau, je lirais deux fois le petit prince. Et pour 10 000, 100, 100, 10, un seul je veux bien écrire n'importe quoi.

899369528.2.jpg



Le 6 janvier dernier, des dizaines de jeunes Soudanais se sont rassemblés au Collège universitaire Harry S. Truman de Chicago pour fêter leur anniversaire. Ils ne sont pas tous nés à peu près le même jour : ce sont des réfugiés qui ont fui, seuls, une guerre civile brutale qui sévissait dans le sud du Soudan. Réinstallés aux États-Unis et luttant pour obtenir une éducation, ils ne connaissent pas leur vraie date de naissance.

On appelle ces jeunes hommes les « Garçons perdus » du Soudan, allusion au groupe de jeunes garçons de Peter Pan, personnage fictif créé par l'auteur écossais James Matthew Barrie. Ces vrais Garçons perdus du Soudan ont été séparés de leur famille et ont traversé de longues et cruelles épreuves avant de trouver refuge, quelque 3.800 d'entre eux, aux États-Unis. Malgré tous les traumatismes subis, ils ont continué à lutter pour gagner leur vie et s'inscrire à l'université, et la plupart d'entre eux s'en sortent remarquablement bien dans leur nouveau pays.

On estime que vers la fin des années 1980, alors que la guerre civile entre le gouvernement à prédominance arabe du Soudan et les rebelles africains du sud du pays se prolongeait, 20.000 garçons ont fui leur village afin d'échapper à la mort aux mains des forces gouvernementales ou à l'enrôlement de force dans les milices rebelles.

Voyageant en groupes, ces enfants ont parcouru à pied des centaines de kilomètres de plaines desséchées avant de trouver refuge dans des camps installés en Éthiopie voisine. Nombre d'entre eux sont morts de faim et de soif durant ce périple ; on raconte que d'autres sont devenus la proie des lions. En 1991, un nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir en Éthiopie et a renvoyé ces garçons au Soudan. Ils ont alors traversé, pour la deuxième fois, les eaux gonflées de la rivière Gilo. Durant cette traversée, certains des garçons les plus jeunes se sont noyés, d'autres ont été dévorés par des crocodiles. Après 14 mois d'épreuves et d'errances, les 10.000 survivants sont arrivés au camp de réfugiés de Kakuma, au Kénya, géré par les Nations unies.

Dès 2000, quelque 3.800 d'entre eux ont été autorisés à se réinstaller aux États-Unis. Ils ont été répartis dans diverses villes dans l'ensemble des États-Unis, où des groupes locaux de bénévoles les ont aidés à s'accoutumer à une vie complètement différente de tout ce qu'ils avaient connu.

En 1987, John Kuol avait 10 ans lorsqu'il a vu des avions du gouvernement bombarder sa bourgade natale de Bor, alors qu'il avait emmené paître le troupeau familial. Il a pris la fuite avec de nombreux autres garçons. En 2001, il a quitté le camp de Kakuma et a pris un avion pour l'Amérique. Cela a été pour lui une transition ahurissante. Il y avait notamment aux États-Unis une abondance inimaginable de nourriture. « Dans le camp, nous mangions une fois par jour, a dit le garçon. Ici, il y a beaucoup de nourriture, et on a eu mal à l'estomac. »

Avec l'aide d'une agence d'aide aux réfugiés affiliée à une église, il s'est installé à Chicago et n'a pas tardé à faire connaissance avec les températures les plus glaciales qu'il ait jamais connues. Il s'est installé dans un appartement avec plusieurs autres Garçons perdus, et il ne comprenait pas comment les voisins pouvaient se croiser sans se dire bonjour.

Comme nombre de ses camarades d'infortune, il a accepté un petit emploi de vigile afin de payer son loyer. (Les moins de 18 ans, soit 10 % des réfugiés, ont été placés dans des familles et inscrits dans des écoles locales. Ils ont reçu plus d'aide que leurs camarades plus âgés.) Comme beaucoup d'autres, le jeune John Kuol a suivi des cours du soir dans un collège universitaire local, en commençant par des cours d'anglais, afin d'améliorer ce qu'il avait appris au camp de réfugiés. Il dirige aujourd'hui à Chicago une association d'aide aux Garçons perdus, et il s'est inscrit pour une formation de quatre ans en comptabilité à l'université Northeastern Illinois, dont il espère sortir diplômé en 2009.

« Ils sont beaucoup plus sérieux que l'adolescent typique », affirme John Trifiletti, chef du département des sciences informatiques au Collège universitaire de Floride à Jacksonville.

Les Garçons perdus de Jacksonville, et d'ailleurs, reçoivent certaines bourses d'étude. Mais la quasi-totalité d'entre eux travaillent à plein temps pour faire face à leurs dépenses. Il leur arrive parfois de devoir arrêter leurs études à cause de difficultés financières.

Selon M. Trifiletti, la moitié des 150 Garçons perdus qui se sont installés à Jacksonville se sont inscrits en faculté pour des programmes de deux ans. Cinq d'entre eux ont obtenu leur diplôme avec mention en 2007. « Ils avancent lentement vers leur objectif, et ils s'entraident. »

Depuis leur arrivée aux États-Unis, et surtout depuis la signature de l'accord de paix au Soudan il y a trois ans, nombre de ces garçons ont repris contact avec des membres de leur famille. Certains ont visité leur patrie, s'y sont mariés ou essaient d'y créer des écoles. La plupart d'entre eux, cependant, souhaitent continuer à vivre aux États-Unis.

Les observateurs sont frappés par la capacité d'adaptation de ces jeunes hommes. « On s'attend à ce qu'après avoir traversé de telles épreuves, ils souffrent de graves problèmes de santé, tant physiques que psychologiques », a déclaré le Dr Paul Geltman, professeur de pédiatrie à l'université de Boston et l'auteur d'une étude sur les 304 Garçons perdus qui avaient moins de 18 ans à leur arrivée aux États-Unis.

Il a constaté qu'une proportion étonnamment faible des garçons, à savoir 20 %, souffraient d'anxiété et de cauchemars, qui sont des symptômes de troubles de stress post-traumatique. Il a affirmé que dans l'ensemble, ces garçons étaient des « survivants » qui avaient su profiter des appuis locaux qu'ils avaient reçus.

« Nous devons nous attendre à ce que les réfugiés qui arrivent aux États-Unis aient de nombreux problèmes physiques et psychologiques. Mais si nous les plaçons dans un environnement approprié, avec de nombreux services de soutien, ils s'en sortent bien. »1045365501.jpg

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu