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09/07/2008

Sarkozy dans la panade des relations Franco Africaine, Peut-être Frico-Française. mais

Proposé par martingrall,

Nixon et Bunche pressentirent et forgèrent l'avenir des relations américano-africaines et créèrent le Le Bureau Afrique du département d'État. Ce bureau, comme c'est bizarre encourage les relations avec l'Afrique depuis un demi-siècle. Soit à peu près à la date du départ des colons français. Mais ne tempérons pas notre joie sur ces cinquante années de relations américano-africaines.

Bien sur je ne partage pas tout-à -fait le point de vue, voir, y suis totalement opposé. on ne substitut pas, une colonialisation par un expansionnisme tout aussi dévastateur. Mais. il s"agissait de contrer de manière mercantile les pays communistes puissants, URSS et chine.

La création du Bureau des affaires africaines par le gouvernement Eisenhower, voilà maintenant un demi-siècle, marqua une rupture audacieuse dans la politique africaine du département d'État, naguère eurocentrique, voire quasi coloniale.

Loin d'être une décision prise dans un vide bureaucratique, la naissance de ce bureau fut le produit de l'interaction de trois des grandes forces du milieu du XXe siècle, à savoir le mouvement en faveur des droits civiques, la guerre froide et la décolonisation.

Ralph Johnson Bunche, du département d'État, et Richard Nixon, vice-président pendant les deux mandats de Dwight Eisenhower avant de devenir lui-même président, exemplifièrent ces forces et, dans une mesure importante, ce sont eux les parrains intellectuels du bureau Afrique. Ces deux personnalités dominantes du milieu du XXe siècle, aussi différentes fussent-elles, incarnèrent les nombreuses pistes, souvent contradictoires, de la politique étrangère des États-Unis à l'égard de l'Afrique. Leurs chemins eurent rarement l'occasion de se croiser, mais la puissance de leurs idées et les intérêts qu'ils personnifiaient déterminèrent dans une grande mesure le cours de la relation entre les États-Unis et le continent dans les décennies à venir et ils l'expliquèrent aussi.

Fait intéressant, les deux hommes étaient originaires du sud de la Californie, au début du XXe siècle - à une époque où le dernier chapitre de la conquête de l'Ouest venait de se conclure, mais pas avant d'avoir donné naissance à une société ouverte dans laquelle les castes raciales du Sud et les tensions entre les classes dans le Nord n'avaient pas prise. Issus d'un milieu modeste, les deux hommes bénéficièrent de bourses pour faire des études universitaires.

UN AFRICANISTE PROFESSIONNEL

Dans les années 1940, Ralph Bunche avait déjà affermi une réputation de politologue de renom ; titulaire d'un doctorat que lui avait décerné l'université Harvard, il créa un programme d'études africaines à l'université Howard, à Washington. Il était particulièrement sensible au lien intime entre le racisme institutionnalisé aux États-Unis et le colonialisme en Afrique. « À nous autres Afro-américains, il ne nous est pas donné de jouir pleinement des fruits de la démocratie ; nous n'en goûtons que les épluchures. »

Cet africaniste professionnel visait encore plus loin. En 1941, il intégra l'équipe du sociologue suédois Gunnar Myrdal qui effectuait une étude, financée par la fondation Carnegie Endowment, sur les relations raciales aux États-Unis. Ralph Bunche fit le bilan de ces travaux de pionnier qui fut publié sous le titre « An American Dilemma » (1944), l'ouvrage qui allait fournir le plan directeur du mouvement en faveur des droits civiques dans les vingt années à venir. En outre, il comprenait parfaitement les prolongements de la Charte atlantique, le document américano-britannique signé en 1941 et qui faisait de la liberté de tous les peuples l'objectif central de la cause des Alliés en temps de guerre.

Après Pearl Harbor, Bunche travailla brièvement pour l'Office des services stratégiques (le précurseur de la CIA) en qualité d'africanologue. Il intégra ensuite le Bureau du département d'État pour les affaires proches-orientales, sud-asiatiques et africaines à titre d'africaniste résident avant d'occuper un poste à l'Organisation des Nations unies qui venait d'être créée, en 1945. Dans cette capacité, il se consacra au dossier de la décolonisation quand il n'était pas occupé à inventer les forces de maintien de la paix internationale ou à partir en mission pour l'ONU, ce qui lui valut d'ailleurs le prix Nobel de la paix en 1950 pour avoir négocié le cessez-le-feu entre Israël et les Arabes.

En 1949, le président Truman lui proposa le poste de secrétaire d'État adjoint pour les affaires proches-orientales, sud-asiatiques et africaines, mais il le refusa. Après avoir enseigné à l'université Howard et travaillé pour le gouvernement des États-Unis pendant la Deuxième Guerre mondiale, il refusa de vivre à Washington sous l'emprise des lois Jim Crow ou de travailler dans un service où l'Afrique était, au mieux, une parenthèse professionnelle. Comme il l'expliqua à l'époque, « tout le monde connaît les lois Jim Crow à Washington. On sait tout autant que pas un Noir ne trouve Jim Crow sympathique. Je suis noir. » (Les lois Jim Crow, promulguées aux États-Unis entre 1876 et 1965, établissaient le principe de la ségrégation raciale dans les lieux publics sur la base du traitement « distinct, mais égal ».)

Il consacra le reste de sa carrière et de sa vie à l'Organisation des Nations unies, où il se distingua par les efforts qu'il déploya en faveur de l'adoption d'un calendrier de décolonisatiotn de l'Afrique dans les meilleurs délais. Étant le citoyen des États-Unis le plus haut placé dans la hiérarchie de l'ONU, il put mieux que quiconque encourager discrètement Washington à faire pression sur les Européens pour qu'ils accélèrent l'indépendance de leurs colonies africaines. Et c'est dans ce contexte que la carrière de Ralph Bunche vint croiser celle de Richard Nixon.

ET UN RÉALISTE PAR EXCELLENCE

De dix ans le cadet de Ralph Bunche, Richard Nixon était membre de la « Greatest Generation », un ancien combattant de la marine pendant la Deuxième Guerre mondiale. Du temps de la guerre froide, lorsqu'il siégeait à la Commission de la Chambre des représentants sur les activités anti-américaines (House Un-American Activities Committee, HUAC), il s'était acquis la réputation d'être un chien d'attaque. Sa cible la plus célèbre était Alger Hiss, qui, de 1936 à 1946, avait travaillé au département d'État à divers postes axés sur la planification de l'après-guerre. Faisant preuve d'un talent publicitaire de génie, Nixon poussa la commission HUAC à enquêter sur les liens entre le haut fonctionnaire et le parti communiste américain ; Alger Hiss fut reconnu coupable de faux témoignage et condamné à quarante-quatre mois de prison. Son dévouement à la cause de la lutte anti-communiste ainsi établi, Nixon se fit élire au Sénat et, en 1952, Dwight Eisenhower, candidat à la présidence, le choisit pour colistier.

Dans les années 1950, l'Afrique ne figurait pas en tête de liste des régions du monde que privilégiait la Maison-Blanche. Quant au département d'État, il traitait l'Afrique comme un appendice de l'Europe, ce que du reste elle était, politiquement parlant. Le Bureau des affaires proches-orientales, sud-asiatiques et africaines avait pour aires de responsabilité non seulement le continent africain, mais aussi l'ensemble du monde colonial. Quand le Ghana accéda à l'indépendance, en 1957, l'Afrique subsaharienne ne comptait que trois pays souverains, à savoir le Libéria, l'Éthiopie et l'Afrique du Sud.

Le reste du continent se composait de colonies qui appartenaient à nos alliés d'Europe de l'Ouest. Les États-Unis possédaient bien des consulats, éparpillés dans les villes qui deviendraient un jour des capitales nationales, mais ceux-ci recevaient leurs instructions de la part des ambassades des États-Unis à Londres, à Paris, à Bruxelles et à Lisbonne et c'est à elles aussi qu'ils rendaient des comptes. Ces puissances coloniales formaient le noyau de l'OTAN, et c'étaient la sécurité et la reconstruction de l'Europe de l'Ouest qui les préoccupaient avant tout - un sentiment que partageait Washington. Pas un ambassadeur qui représentait son pays à l'OTAN n'allait plaider en faveur de la décolonisation de l'Afrique avant d'avoir fini la tâche de la reconstruction et de l'endiguement du communisme.

Toujours aussi réaliste, Nixon voyait les enjeux différemment, en particulier après la tournée qu'il fit en Afrique en 1957 et qui éveilla son sens de la stratégie. Il vit de ses propres yeux les mutations dynamiques en cours et il prit conscience du potentiel du continent : appuyer la décolonisation, c'était cultiver des alliés potentiels contre le communisme, ou tout au moins dissuader l'expansion communiste.

C'est au cours de cette tournée que Nixon et Bunche se croisèrent. Le premier représentait les États-Unis, et le second l'ONU, aux cérémonies marquant l'indépendance du Ghana, la première colonie britannique d'Afrique subsaharienne à accéder pleinement à l'indépendance. L'histoire n'a toutefois pas gardé de traces d'une éventuelle conversation entre ces deux hommes. C'est un troisième Américain, le charismatique Martin Luther King Junior, qui monopolisa l'attention des médias et des Ghanéens.

Dans le rapport qui fut rédigé à l'issue de sa tournée, Nixon recommanda l'adoption d'une nouvelle politique à l'égard de l'Afrique, une politique audacieuse qui s'articulerait autour des thèmes d'une présence universelle, de l'octroi d'une assistance économique au développement, du soutien de l'éducation, de la mise en place de programmes culturels et d'information dynamiques et visibles et de la création d'un Bureau des affaires africaines placé sous la responsabilité d'un secrétaire d'État adjoint. Sa démarche offrait une vision cohérente du partenariat souhaité avec la région, aujourd'hui le socle de la politique des États-Unis à l'égard de l'Afrique.

Dans les mois qui suivirent, Nixon fit pression sur le Sénat pour qu'il entérinât la création de ce nouveau bureau. Selon l'historien Jonathan Helmreich, les pressions sans relâche qu'exerça le vice-président contribuèrent dans une grande mesure à convaincre les bureaucrates du département d'État de poursuivre rapidement un objectif qui bénéficiait déjà d'un large soutien. En fait, le rapport de Nixon s'inscrivait dans le droit fil de l'opinion bien arrêtée du secrétaire d'État, John Foster Dulles, selon lequel une décolonisation bien ordonnée servait l'intérêt des États-Unis, qui était d'atténuer l'influence des Soviétiques. En outre, il est clair que l'ambitieux Nixon s'employait à marquer des points en politique étrangère dans la perspective de sa candidature à la présidence, et l'Afrique lui offrait une ouverture qui n'agiterait pas les esprits et à laquelle ni Eisenhower ni Dulles ne s'opposaient.

Ceci étant, Nixon laissa derrière lui plus qu'une réorganisation bureaucratique. Au cours des années qui suivirent, le bureau Afrique allait donner naissance à la formation d'un groupe d'africanistes. Le premier secrétaire d'État adjoint du Bureau, Joseph Satterthwaite, diplomate de carrière, mit le processus en branle, tirant pleinement parti des postes offerts à tous les niveaux dans des dizaines de nouvelles ambassades. Puis, sous les gouvernements Kennedy et Johnson, l'ancien gouverneur du Michigan, G. Mennon Williams sut rehausser la place du Bureau à Washington et dans l'ensemble du pays grâce à son habileté politique et à ses accès dans les coulisses du pouvoir.

Une génération plus tard, quand James Baker III était secrétaire d'État, Herman Cohen saisit l'occasion qu'offrait la fin de la guerre froide pour imposer une impressionnante série de mesures à l'égard de l'Afrique australe qui ouvrit la voie au principe du gouvernement par la majorité en Afrique du Sud. (La liste complète des secrétaires d'État adjoints chargés du bureau Afrique figure sur le site Web du département d'État.)

Tous ces secrétaires d'État adjoints, d'autres encore et les professionnels qu'ils guidaient sont devenus « des régionalistes intégrés au système », pour reprendre l'expression d'un célèbre africaniste, le professeur émérite Crawford Young, de l'université du Wisconsin. Même s'il ne leur arriva pas souvent de faire triompher leur cause dans les grandes batailles engagées avec leurs collègues spécialistes d'autres régions ou face aux « mondialistes », comme disait le professeur Young, ils parvinrent pourtant à présenter un point de vue érudit qui faisait naguère défaut.

S'OUVRIR À L'AFRIQUE AVEC, EN TOILE DE FOND, LE RACISME AUX ÉTATS-UNIS.

Dans les années 1950, Eisenhower et Nixon se heurtèrent eux aussi au racisme présent aux États-Unis, encore que sous un visage différent. Ils virent clairement que la politique ségrégationniste sapait la crédibilité de l'Amérique, chef de file mondial de la liberté et de la démocratie. Cette politique tranchait sur les principes de la Charte atlantique et de la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée en 1948, le document qui a en a inspiré d'autres semblables dans le monde de l'après-guerre.

Les Africains percevaient cette contradiction mieux que quiconque. Pendant la guerre froide, alors que le ton montait et que les esprits s'échauffaient, l'Union soviétique exploita les lois ségrégationnistes pour se faire bien voir des Africains. Point n'était besoin de rappeler à ces derniers que les Européens blancs avaient bâti leurs empires sur le dos de l'homme noir, anéantissant ou cooptant leurs institutions pré-européennes dans l'intérêt de la stabilité impériale et des profits tout en les maintenant en état de subordination au sein du système colonial. La propagande soviétique n'avait plus qu'à ajouter que les Américains blancs avaient érigé leur prospérité sur le dos des descendants des Africains noirs et qu'ils les maintenaient en état d'asservissement avec l'aide des lois Jim Crow. Le marxisme offrait la réponse facile d'une idéologie qui assimilait le racisme au capitalisme et qui promettait que la dictature du prolétariat mettrait fin une fois pour toutes à tous les préjugés.

Ce que peu de gens savent, c'est que le département d'État, à partir du gouvernement Truman, avait encouragé les actions en faveur des droits civiques qui visaient à saper le fondement juridique de la discrimination raciale. En 1948, dans une affaire historique, le ministère de la justice soumit à la Cour suprême un mémoire, rédigé dans le style du département d'État, et qui exposait le tort que la discrimination raciale pratiquée aux États-Unis faisait aux relations étrangères. Un autre mémoire du même genre fut présenté à la Cour suprême en 1954, à l'appui de l'affaire historique qui serait bientôt connue sous le nom de Brown v. Board of Education, et dans laquelle la plus haute instance judiciaire du pays statua que la ségrégation raciale dans les écoles publiques était incompatible avec la notion d'égalité et qu'elle était, partant, anticonstitutionnelle. Cet arrêt fut un exemple classique de la diplomatie des actes. Les actes sont plus éloquents que les paroles : l'Amérique se montrait à la hauteur de ses idéaux.

Trois ans plus tard, en 1957, Eisenhower dut faire face à une autre crise en matière de droits civiques, cette fois à Little Rock, dans l'Arkansas. La Maison-Blanche prit bonne note des communiqués officiels que lui envoyaient les ambassades des États-Unis en Afrique et ailleurs : à l'étranger, indiquaient les diplomates, le public suivait de près l'évolution de cette crise, curieux de savoir si les Américains avaient vraiment l'intention d'appliquer la décision de la Cour suprême relative à l'intégration en milieu scolaire. Par son action décisive, Eisenhower renforça l'image d'une Amérique qui joignait le geste à la parole. C'est dans la foulée de la crise de Little Rock que fut créé le Bureau des affaires africaines.

Assurément, comme ce fut si souvent le cas dans sa carrière, l'opportunisme politique joua un rôle dans le soutien que Nixon apporta aux droits civiques - il comptait sur l'appui électoral des Afro-Américains dans les États industriels du Nord, d'une importance cruciale. Pour autant, on s'accorde à reconnaître qu'à ce stade de sa carrière Nixon était motivé autant par des considérations morales et stratégiques, liées à la guerre froide, que par l'ambition. En 1960, Jackie Robinson, le talentueux joueur de base-ball de l'équipe des Dodgers qui fut le premier Afro-Américain à jouer avec des coéquipiers blancs, rédigea un commentaire favorable au sujet de Nixon. À l'époque candidat à la présidence, Nixon lui écrivit une lettre de remerciement dans laquelle il affirma avoir « systématiquement pris parti pour les droits civiques, non seulement en raison des considérations morales en jeu, incontournables, mais aussi pour d'autres motifs qui dépassent le cadre de nos frontières ». En l'absence d'une action énergique en faveur des droits civiques, poursuivit Nixon, « nous serons mal jugés par les nations naissantes et les peuples non engagés. De surcroît, le combat que nous menons actuellement contre les forces du communisme athée est un conflit autant économique qu'idéologique. Nous priver du talent et de l'énergie de dix-sept millions de Noirs américains dans ce combat serait une stupidité de la plus grande ampleur. »

RESSERRER NOS LIENS AVEC L'AFRIQUE

Le legs de Ralph Bunche incarnait le profond intérêt que les Afro-Américains portaient à l'Afrique. Des dizaines d'années avant que le vice-président Nixon ne prône la création de programmes d'échanges culturels destinés à promouvoir l'éducation des futurs dirigeants africains, un petit nombre d'universités (dont un bon nombre étaient historiquement noires) agissaient déjà en ce sens, même si l'Amérique des Blancs ne s'en rendait pas compte. Kwame Nkrumah, diplômé de l'université Lincoln, en Pennsylvanie, et de l'université de Pennsylvanie, guida le Ghana vers l'indépendance. Eduardo Mondlane, le fondateur du mouvement de libération FRELIMO qui fit accéder le Mozambique à l'indépendance, était titulaire d'un diplôme décerné par Oberlin College et d'un doctorat de la Northwestern University.

À partir du XIXe siècle, les missions américaines commencèrent à administer des écoles qui mirent l'enseignement primaire à la portée des Africains qui en avaient été jusqu'alors privés. Ces écoles, ouvertes à tous, éduquèrent des générations de dirigeants africains et, dans bien des pays, elles ont laissé derrière elles un sentiment de bonne volonté envers les Américains. Ellen Johnson Sirleaf, l'actuelle présidente du Libéria, fréquenta un lycée méthodiste. Le président de l'Angola, Jose Eduardo Dos Santos, a dit avoir appris à jouer au basket-ball dans une mission méthodiste.

Aujourd'hui, les facultés et universités historiquement noires aussi bien que la communauté des missionnaires protestants sont les principaux partisans des affaires africaines aux États-Unis. Cette base s'est élargie, maintenant que toutes sortes d'universités ont créé leur propres cours consacrés aux études africaines et qu'elles ont reçu des dons de l'Agence des États-Unis pour le développement international et d'autres organismes fédéraux. L'université Clemson et l'UCLA (dont Bunche est diplômé) sont tout aussi susceptibles que l'université Howard ou Fisk de se prononcer sur des questions africaines.

La politique d'immigration actuelle des États-Unis se ressent du mouvement en faveur des droits civiques. La loi de 1965 relative à l'immigration et à la nationalité tira un trait sur les quotas nationaux qui avaient longtemps favorisé les Européens, ouvrant la porte à l'immigration en masse en provenance du monde en développement. Au départ, les Africains étaient à la traîne, mais à partir des années 1970 la première vague d'immigrants éthiopiens gagna les États-Unis. Nixon, le politicien, aurait apprécié le fait que les Américains d'origine éthiopienne constituent aujourd'hui une communauté ethnique sophistiquée et bien organisée, suivant le modèle des groupes de pression arméniens, polonais et d'autres ethnies puissantes. Somaliens, Érythréens, Kényans, Camerounais et Nigérians se sont tous installés aux États-Unis en grands nombres et ils exercent de l'influence dans le débat sur la politique étrangère.

Un autre legs du mouvement en faveur des droits civiques concerne le changement des attitudes envers l'Afrique de ce côté de l'Atlantique, avec les générations qui passent. Bunche aurait été fier de voir l'engagement des Américains vis-à-vis des Africains, et vice-versa. Le Corps de la paix poursuit sans relâche ses activités depuis 1961, des milliers d'anciens volontaires conservant leur attachement à l'Afrique tout au long de leur vie.

Tout un parterre de célébrités, de Bono à Danny Glover et à Mia Farrow, ont défendu des causes africaines et, fait plus important encore, ils ont attiré l'attention des jeunes sur le continent. Une série de films produits par Hollywood, aussi bien reçus par le grand public que par les critiques, ont présenté des thèmes africains, mis en scène des acteurs africains et ont été tournés en Afrique : les Diamants de sang et Hôtel Rwanda viennent à l'esprit. Les entreprises américaines commencent à s'intéresser à l'Afrique de plus près, le Corporate Council on Africa et le Business Council for International Understanding se faisant l'écho du secteur privé.

Au cours des cinquante dernières années, les relations américano-africaines se sont développées et étoffées. Les Afro-Américains représentent non seulement un pourcentage important de la population, mais on leur doit aussi d'avoir construit l'Amérique, quatre siècles durant, et de l'avoir définie au plan social, culturel et moral. Comme Bunche le supposait implicitement, l'Afrique fait partie de notre identité américaine. Le réalisme de Nixon était plus simple encore : l'Afrique revêt une importance géopolitique certaine. L'Amérique néglige ce fait à ses dépens. Aujourd'hui, un demi-siècle après la création du Bureau des affaires africaines au département d'État, l'engagement des États-Unis avec l'Afrique est plus important que jamais, tant pour les Africains que pour les Américains.

Eh oui! comme c'est beau l'amérique.

Commentaires

Vous ecrivez une information grave. D'ou vous le prenez?

Écrit par : enamel charms | 12/10/2010

Du département d'Etat américain! Service information.

Écrit par : martingrall | 12/10/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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