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09/07/2008

Sarkozy dans la panade des relations Franco Africaine, Peut-être Frico-Française. mais

Proposé par martingrall,

Nixon et Bunche pressentirent et forgèrent l'avenir des relations américano-africaines et créèrent le Le Bureau Afrique du département d'État. Ce bureau, comme c'est bizarre encourage les relations avec l'Afrique depuis un demi-siècle. Soit à peu près à la date du départ des colons français. Mais ne tempérons pas notre joie sur ces cinquante années de relations américano-africaines.

Bien sur je ne partage pas tout-à -fait le point de vue, voir, y suis totalement opposé. on ne substitut pas, une colonialisation par un expansionnisme tout aussi dévastateur. Mais. il s"agissait de contrer de manière mercantile les pays communistes puissants, URSS et chine.

La création du Bureau des affaires africaines par le gouvernement Eisenhower, voilà maintenant un demi-siècle, marqua une rupture audacieuse dans la politique africaine du département d'État, naguère eurocentrique, voire quasi coloniale.

Loin d'être une décision prise dans un vide bureaucratique, la naissance de ce bureau fut le produit de l'interaction de trois des grandes forces du milieu du XXe siècle, à savoir le mouvement en faveur des droits civiques, la guerre froide et la décolonisation.

Ralph Johnson Bunche, du département d'État, et Richard Nixon, vice-président pendant les deux mandats de Dwight Eisenhower avant de devenir lui-même président, exemplifièrent ces forces et, dans une mesure importante, ce sont eux les parrains intellectuels du bureau Afrique. Ces deux personnalités dominantes du milieu du XXe siècle, aussi différentes fussent-elles, incarnèrent les nombreuses pistes, souvent contradictoires, de la politique étrangère des États-Unis à l'égard de l'Afrique. Leurs chemins eurent rarement l'occasion de se croiser, mais la puissance de leurs idées et les intérêts qu'ils personnifiaient déterminèrent dans une grande mesure le cours de la relation entre les États-Unis et le continent dans les décennies à venir et ils l'expliquèrent aussi.

Fait intéressant, les deux hommes étaient originaires du sud de la Californie, au début du XXe siècle - à une époque où le dernier chapitre de la conquête de l'Ouest venait de se conclure, mais pas avant d'avoir donné naissance à une société ouverte dans laquelle les castes raciales du Sud et les tensions entre les classes dans le Nord n'avaient pas prise. Issus d'un milieu modeste, les deux hommes bénéficièrent de bourses pour faire des études universitaires.

UN AFRICANISTE PROFESSIONNEL

Dans les années 1940, Ralph Bunche avait déjà affermi une réputation de politologue de renom ; titulaire d'un doctorat que lui avait décerné l'université Harvard, il créa un programme d'études africaines à l'université Howard, à Washington. Il était particulièrement sensible au lien intime entre le racisme institutionnalisé aux États-Unis et le colonialisme en Afrique. « À nous autres Afro-américains, il ne nous est pas donné de jouir pleinement des fruits de la démocratie ; nous n'en goûtons que les épluchures. »

Cet africaniste professionnel visait encore plus loin. En 1941, il intégra l'équipe du sociologue suédois Gunnar Myrdal qui effectuait une étude, financée par la fondation Carnegie Endowment, sur les relations raciales aux États-Unis. Ralph Bunche fit le bilan de ces travaux de pionnier qui fut publié sous le titre « An American Dilemma » (1944), l'ouvrage qui allait fournir le plan directeur du mouvement en faveur des droits civiques dans les vingt années à venir. En outre, il comprenait parfaitement les prolongements de la Charte atlantique, le document américano-britannique signé en 1941 et qui faisait de la liberté de tous les peuples l'objectif central de la cause des Alliés en temps de guerre.

Après Pearl Harbor, Bunche travailla brièvement pour l'Office des services stratégiques (le précurseur de la CIA) en qualité d'africanologue. Il intégra ensuite le Bureau du département d'État pour les affaires proches-orientales, sud-asiatiques et africaines à titre d'africaniste résident avant d'occuper un poste à l'Organisation des Nations unies qui venait d'être créée, en 1945. Dans cette capacité, il se consacra au dossier de la décolonisation quand il n'était pas occupé à inventer les forces de maintien de la paix internationale ou à partir en mission pour l'ONU, ce qui lui valut d'ailleurs le prix Nobel de la paix en 1950 pour avoir négocié le cessez-le-feu entre Israël et les Arabes.

En 1949, le président Truman lui proposa le poste de secrétaire d'État adjoint pour les affaires proches-orientales, sud-asiatiques et africaines, mais il le refusa. Après avoir enseigné à l'université Howard et travaillé pour le gouvernement des États-Unis pendant la Deuxième Guerre mondiale, il refusa de vivre à Washington sous l'emprise des lois Jim Crow ou de travailler dans un service où l'Afrique était, au mieux, une parenthèse professionnelle. Comme il l'expliqua à l'époque, « tout le monde connaît les lois Jim Crow à Washington. On sait tout autant que pas un Noir ne trouve Jim Crow sympathique. Je suis noir. » (Les lois Jim Crow, promulguées aux États-Unis entre 1876 et 1965, établissaient le principe de la ségrégation raciale dans les lieux publics sur la base du traitement « distinct, mais égal ».)

Il consacra le reste de sa carrière et de sa vie à l'Organisation des Nations unies, où il se distingua par les efforts qu'il déploya en faveur de l'adoption d'un calendrier de décolonisatiotn de l'Afrique dans les meilleurs délais. Étant le citoyen des États-Unis le plus haut placé dans la hiérarchie de l'ONU, il put mieux que quiconque encourager discrètement Washington à faire pression sur les Européens pour qu'ils accélèrent l'indépendance de leurs colonies africaines. Et c'est dans ce contexte que la carrière de Ralph Bunche vint croiser celle de Richard Nixon.

ET UN RÉALISTE PAR EXCELLENCE

De dix ans le cadet de Ralph Bunche, Richard Nixon était membre de la « Greatest Generation », un ancien combattant de la marine pendant la Deuxième Guerre mondiale. Du temps de la guerre froide, lorsqu'il siégeait à la Commission de la Chambre des représentants sur les activités anti-américaines (House Un-American Activities Committee, HUAC), il s'était acquis la réputation d'être un chien d'attaque. Sa cible la plus célèbre était Alger Hiss, qui, de 1936 à 1946, avait travaillé au département d'État à divers postes axés sur la planification de l'après-guerre. Faisant preuve d'un talent publicitaire de génie, Nixon poussa la commission HUAC à enquêter sur les liens entre le haut fonctionnaire et le parti communiste américain ; Alger Hiss fut reconnu coupable de faux témoignage et condamné à quarante-quatre mois de prison. Son dévouement à la cause de la lutte anti-communiste ainsi établi, Nixon se fit élire au Sénat et, en 1952, Dwight Eisenhower, candidat à la présidence, le choisit pour colistier.

Dans les années 1950, l'Afrique ne figurait pas en tête de liste des régions du monde que privilégiait la Maison-Blanche. Quant au département d'État, il traitait l'Afrique comme un appendice de l'Europe, ce que du reste elle était, politiquement parlant. Le Bureau des affaires proches-orientales, sud-asiatiques et africaines avait pour aires de responsabilité non seulement le continent africain, mais aussi l'ensemble du monde colonial. Quand le Ghana accéda à l'indépendance, en 1957, l'Afrique subsaharienne ne comptait que trois pays souverains, à savoir le Libéria, l'Éthiopie et l'Afrique du Sud.

Le reste du continent se composait de colonies qui appartenaient à nos alliés d'Europe de l'Ouest. Les États-Unis possédaient bien des consulats, éparpillés dans les villes qui deviendraient un jour des capitales nationales, mais ceux-ci recevaient leurs instructions de la part des ambassades des États-Unis à Londres, à Paris, à Bruxelles et à Lisbonne et c'est à elles aussi qu'ils rendaient des comptes. Ces puissances coloniales formaient le noyau de l'OTAN, et c'étaient la sécurité et la reconstruction de l'Europe de l'Ouest qui les préoccupaient avant tout - un sentiment que partageait Washington. Pas un ambassadeur qui représentait son pays à l'OTAN n'allait plaider en faveur de la décolonisation de l'Afrique avant d'avoir fini la tâche de la reconstruction et de l'endiguement du communisme.

Toujours aussi réaliste, Nixon voyait les enjeux différemment, en particulier après la tournée qu'il fit en Afrique en 1957 et qui éveilla son sens de la stratégie. Il vit de ses propres yeux les mutations dynamiques en cours et il prit conscience du potentiel du continent : appuyer la décolonisation, c'était cultiver des alliés potentiels contre le communisme, ou tout au moins dissuader l'expansion communiste.

C'est au cours de cette tournée que Nixon et Bunche se croisèrent. Le premier représentait les États-Unis, et le second l'ONU, aux cérémonies marquant l'indépendance du Ghana, la première colonie britannique d'Afrique subsaharienne à accéder pleinement à l'indépendance. L'histoire n'a toutefois pas gardé de traces d'une éventuelle conversation entre ces deux hommes. C'est un troisième Américain, le charismatique Martin Luther King Junior, qui monopolisa l'attention des médias et des Ghanéens.

Dans le rapport qui fut rédigé à l'issue de sa tournée, Nixon recommanda l'adoption d'une nouvelle politique à l'égard de l'Afrique, une politique audacieuse qui s'articulerait autour des thèmes d'une présence universelle, de l'octroi d'une assistance économique au développement, du soutien de l'éducation, de la mise en place de programmes culturels et d'information dynamiques et visibles et de la création d'un Bureau des affaires africaines placé sous la responsabilité d'un secrétaire d'État adjoint. Sa démarche offrait une vision cohérente du partenariat souhaité avec la région, aujourd'hui le socle de la politique des États-Unis à l'égard de l'Afrique.

Dans les mois qui suivirent, Nixon fit pression sur le Sénat pour qu'il entérinât la création de ce nouveau bureau. Selon l'historien Jonathan Helmreich, les pressions sans relâche qu'exerça le vice-président contribuèrent dans une grande mesure à convaincre les bureaucrates du département d'État de poursuivre rapidement un objectif qui bénéficiait déjà d'un large soutien. En fait, le rapport de Nixon s'inscrivait dans le droit fil de l'opinion bien arrêtée du secrétaire d'État, John Foster Dulles, selon lequel une décolonisation bien ordonnée servait l'intérêt des États-Unis, qui était d'atténuer l'influence des Soviétiques. En outre, il est clair que l'ambitieux Nixon s'employait à marquer des points en politique étrangère dans la perspective de sa candidature à la présidence, et l'Afrique lui offrait une ouverture qui n'agiterait pas les esprits et à laquelle ni Eisenhower ni Dulles ne s'opposaient.

Ceci étant, Nixon laissa derrière lui plus qu'une réorganisation bureaucratique. Au cours des années qui suivirent, le bureau Afrique allait donner naissance à la formation d'un groupe d'africanistes. Le premier secrétaire d'État adjoint du Bureau, Joseph Satterthwaite, diplomate de carrière, mit le processus en branle, tirant pleinement parti des postes offerts à tous les niveaux dans des dizaines de nouvelles ambassades. Puis, sous les gouvernements Kennedy et Johnson, l'ancien gouverneur du Michigan, G. Mennon Williams sut rehausser la place du Bureau à Washington et dans l'ensemble du pays grâce à son habileté politique et à ses accès dans les coulisses du pouvoir.

Une génération plus tard, quand James Baker III était secrétaire d'État, Herman Cohen saisit l'occasion qu'offrait la fin de la guerre froide pour imposer une impressionnante série de mesures à l'égard de l'Afrique australe qui ouvrit la voie au principe du gouvernement par la majorité en Afrique du Sud. (La liste complète des secrétaires d'État adjoints chargés du bureau Afrique figure sur le site Web du département d'État.)

Tous ces secrétaires d'État adjoints, d'autres encore et les professionnels qu'ils guidaient sont devenus « des régionalistes intégrés au système », pour reprendre l'expression d'un célèbre africaniste, le professeur émérite Crawford Young, de l'université du Wisconsin. Même s'il ne leur arriva pas souvent de faire triompher leur cause dans les grandes batailles engagées avec leurs collègues spécialistes d'autres régions ou face aux « mondialistes », comme disait le professeur Young, ils parvinrent pourtant à présenter un point de vue érudit qui faisait naguère défaut.

S'OUVRIR À L'AFRIQUE AVEC, EN TOILE DE FOND, LE RACISME AUX ÉTATS-UNIS.

Dans les années 1950, Eisenhower et Nixon se heurtèrent eux aussi au racisme présent aux États-Unis, encore que sous un visage différent. Ils virent clairement que la politique ségrégationniste sapait la crédibilité de l'Amérique, chef de file mondial de la liberté et de la démocratie. Cette politique tranchait sur les principes de la Charte atlantique et de la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée en 1948, le document qui a en a inspiré d'autres semblables dans le monde de l'après-guerre.

Les Africains percevaient cette contradiction mieux que quiconque. Pendant la guerre froide, alors que le ton montait et que les esprits s'échauffaient, l'Union soviétique exploita les lois ségrégationnistes pour se faire bien voir des Africains. Point n'était besoin de rappeler à ces derniers que les Européens blancs avaient bâti leurs empires sur le dos de l'homme noir, anéantissant ou cooptant leurs institutions pré-européennes dans l'intérêt de la stabilité impériale et des profits tout en les maintenant en état de subordination au sein du système colonial. La propagande soviétique n'avait plus qu'à ajouter que les Américains blancs avaient érigé leur prospérité sur le dos des descendants des Africains noirs et qu'ils les maintenaient en état d'asservissement avec l'aide des lois Jim Crow. Le marxisme offrait la réponse facile d'une idéologie qui assimilait le racisme au capitalisme et qui promettait que la dictature du prolétariat mettrait fin une fois pour toutes à tous les préjugés.

Ce que peu de gens savent, c'est que le département d'État, à partir du gouvernement Truman, avait encouragé les actions en faveur des droits civiques qui visaient à saper le fondement juridique de la discrimination raciale. En 1948, dans une affaire historique, le ministère de la justice soumit à la Cour suprême un mémoire, rédigé dans le style du département d'État, et qui exposait le tort que la discrimination raciale pratiquée aux États-Unis faisait aux relations étrangères. Un autre mémoire du même genre fut présenté à la Cour suprême en 1954, à l'appui de l'affaire historique qui serait bientôt connue sous le nom de Brown v. Board of Education, et dans laquelle la plus haute instance judiciaire du pays statua que la ségrégation raciale dans les écoles publiques était incompatible avec la notion d'égalité et qu'elle était, partant, anticonstitutionnelle. Cet arrêt fut un exemple classique de la diplomatie des actes. Les actes sont plus éloquents que les paroles : l'Amérique se montrait à la hauteur de ses idéaux.

Trois ans plus tard, en 1957, Eisenhower dut faire face à une autre crise en matière de droits civiques, cette fois à Little Rock, dans l'Arkansas. La Maison-Blanche prit bonne note des communiqués officiels que lui envoyaient les ambassades des États-Unis en Afrique et ailleurs : à l'étranger, indiquaient les diplomates, le public suivait de près l'évolution de cette crise, curieux de savoir si les Américains avaient vraiment l'intention d'appliquer la décision de la Cour suprême relative à l'intégration en milieu scolaire. Par son action décisive, Eisenhower renforça l'image d'une Amérique qui joignait le geste à la parole. C'est dans la foulée de la crise de Little Rock que fut créé le Bureau des affaires africaines.

Assurément, comme ce fut si souvent le cas dans sa carrière, l'opportunisme politique joua un rôle dans le soutien que Nixon apporta aux droits civiques - il comptait sur l'appui électoral des Afro-Américains dans les États industriels du Nord, d'une importance cruciale. Pour autant, on s'accorde à reconnaître qu'à ce stade de sa carrière Nixon était motivé autant par des considérations morales et stratégiques, liées à la guerre froide, que par l'ambition. En 1960, Jackie Robinson, le talentueux joueur de base-ball de l'équipe des Dodgers qui fut le premier Afro-Américain à jouer avec des coéquipiers blancs, rédigea un commentaire favorable au sujet de Nixon. À l'époque candidat à la présidence, Nixon lui écrivit une lettre de remerciement dans laquelle il affirma avoir « systématiquement pris parti pour les droits civiques, non seulement en raison des considérations morales en jeu, incontournables, mais aussi pour d'autres motifs qui dépassent le cadre de nos frontières ». En l'absence d'une action énergique en faveur des droits civiques, poursuivit Nixon, « nous serons mal jugés par les nations naissantes et les peuples non engagés. De surcroît, le combat que nous menons actuellement contre les forces du communisme athée est un conflit autant économique qu'idéologique. Nous priver du talent et de l'énergie de dix-sept millions de Noirs américains dans ce combat serait une stupidité de la plus grande ampleur. »

RESSERRER NOS LIENS AVEC L'AFRIQUE

Le legs de Ralph Bunche incarnait le profond intérêt que les Afro-Américains portaient à l'Afrique. Des dizaines d'années avant que le vice-président Nixon ne prône la création de programmes d'échanges culturels destinés à promouvoir l'éducation des futurs dirigeants africains, un petit nombre d'universités (dont un bon nombre étaient historiquement noires) agissaient déjà en ce sens, même si l'Amérique des Blancs ne s'en rendait pas compte. Kwame Nkrumah, diplômé de l'université Lincoln, en Pennsylvanie, et de l'université de Pennsylvanie, guida le Ghana vers l'indépendance. Eduardo Mondlane, le fondateur du mouvement de libération FRELIMO qui fit accéder le Mozambique à l'indépendance, était titulaire d'un diplôme décerné par Oberlin College et d'un doctorat de la Northwestern University.

À partir du XIXe siècle, les missions américaines commencèrent à administer des écoles qui mirent l'enseignement primaire à la portée des Africains qui en avaient été jusqu'alors privés. Ces écoles, ouvertes à tous, éduquèrent des générations de dirigeants africains et, dans bien des pays, elles ont laissé derrière elles un sentiment de bonne volonté envers les Américains. Ellen Johnson Sirleaf, l'actuelle présidente du Libéria, fréquenta un lycée méthodiste. Le président de l'Angola, Jose Eduardo Dos Santos, a dit avoir appris à jouer au basket-ball dans une mission méthodiste.

Aujourd'hui, les facultés et universités historiquement noires aussi bien que la communauté des missionnaires protestants sont les principaux partisans des affaires africaines aux États-Unis. Cette base s'est élargie, maintenant que toutes sortes d'universités ont créé leur propres cours consacrés aux études africaines et qu'elles ont reçu des dons de l'Agence des États-Unis pour le développement international et d'autres organismes fédéraux. L'université Clemson et l'UCLA (dont Bunche est diplômé) sont tout aussi susceptibles que l'université Howard ou Fisk de se prononcer sur des questions africaines.

La politique d'immigration actuelle des États-Unis se ressent du mouvement en faveur des droits civiques. La loi de 1965 relative à l'immigration et à la nationalité tira un trait sur les quotas nationaux qui avaient longtemps favorisé les Européens, ouvrant la porte à l'immigration en masse en provenance du monde en développement. Au départ, les Africains étaient à la traîne, mais à partir des années 1970 la première vague d'immigrants éthiopiens gagna les États-Unis. Nixon, le politicien, aurait apprécié le fait que les Américains d'origine éthiopienne constituent aujourd'hui une communauté ethnique sophistiquée et bien organisée, suivant le modèle des groupes de pression arméniens, polonais et d'autres ethnies puissantes. Somaliens, Érythréens, Kényans, Camerounais et Nigérians se sont tous installés aux États-Unis en grands nombres et ils exercent de l'influence dans le débat sur la politique étrangère.

Un autre legs du mouvement en faveur des droits civiques concerne le changement des attitudes envers l'Afrique de ce côté de l'Atlantique, avec les générations qui passent. Bunche aurait été fier de voir l'engagement des Américains vis-à-vis des Africains, et vice-versa. Le Corps de la paix poursuit sans relâche ses activités depuis 1961, des milliers d'anciens volontaires conservant leur attachement à l'Afrique tout au long de leur vie.

Tout un parterre de célébrités, de Bono à Danny Glover et à Mia Farrow, ont défendu des causes africaines et, fait plus important encore, ils ont attiré l'attention des jeunes sur le continent. Une série de films produits par Hollywood, aussi bien reçus par le grand public que par les critiques, ont présenté des thèmes africains, mis en scène des acteurs africains et ont été tournés en Afrique : les Diamants de sang et Hôtel Rwanda viennent à l'esprit. Les entreprises américaines commencent à s'intéresser à l'Afrique de plus près, le Corporate Council on Africa et le Business Council for International Understanding se faisant l'écho du secteur privé.

Au cours des cinquante dernières années, les relations américano-africaines se sont développées et étoffées. Les Afro-Américains représentent non seulement un pourcentage important de la population, mais on leur doit aussi d'avoir construit l'Amérique, quatre siècles durant, et de l'avoir définie au plan social, culturel et moral. Comme Bunche le supposait implicitement, l'Afrique fait partie de notre identité américaine. Le réalisme de Nixon était plus simple encore : l'Afrique revêt une importance géopolitique certaine. L'Amérique néglige ce fait à ses dépens. Aujourd'hui, un demi-siècle après la création du Bureau des affaires africaines au département d'État, l'engagement des États-Unis avec l'Afrique est plus important que jamais, tant pour les Africains que pour les Américains.

Eh oui! comme c'est beau l'amérique.

La démocratie et son contraire dépendent davantage du marché que des urnes.

La démocratie et son contraire dépendent davantage du marché que des urnes.

Déjà, le principal démocrate en lice pour l’élection présidentielle américaine parle plus de consommateurs que de citoyens.

Et pour nous européens, l’Europe centrale est un pivot de ce changement.

Les historiens d'aujourd'hui sont tentés de réécrire l'histoire des transitions postcommunistes d'Europe centrale et orientale pour la présenter comme l'irrésistible attraction s'exerçant entre la démocratie et le capitalisme. Mais il y a 20 ans, nombreux étaient ceux qui craignaient un scénario catastrophe.

Selon Ivan Krastev, président du Centre for Liberal Strategies de Sofia (Bulgarie), on craignait que l'Europe centrale embrasse la démocratie et rejette l'économie de marché. On constate à présent qu'elle a accepté le libre marché, mais que la démocratie la satisfait de moins en moins.

Si les politologues avaient tendance à convenir que la démocratie et le capitalisme étaient des partenaires tout naturels et que le libre marché et la concurrence se renforçaient mutuellement dans le long terme, on craignait que les réformes politiques et économiques nécessaires pour transformer les sociétés de l'Europe orientale ne se bloquent les unes les autres.

Comment pouvait-on donner aux gens le pouvoir de faire ce qu'ils voulaient et s'attendre ensuite à ce qu'ils choisissent des politiques qui mèneraient initialement à une hausse des prix, à un accroissement du chômage et à un creusement des inégalités sociales ? Tel était le dilemme des transitions postcommunistes.

Selon le sociologue allemand Claus Offe, « l'économie de marché ne peut démarrer que dans un contexte pré-démocratique ». Et le politologue polonais renommé et militant de Solidarnosc, Jadwiga Staniskis, était convaincu que « tant que les fondations économiques d'une authentique société civile font défaut, la mobilisation massive de la population n'est possible que sur des axes nationalistes ou fondamentalistes ».

L'Europe centrale paraissait condamnée à choisir entre le socialisme de marché et le capitalisme autoritaire. Heureusement cependant, ce qui ne marche pas en théorie fonctionne parfois fort bien dans la pratique.

L'Europe centrale et orientale a réussi la transition qui l'a menée simultanément à l'économie de marché et à la démocratie, succès rendu possible par un amalgame magique d'idées, d'émotions, de conjonctures et de dirigeants.

Acceptation des changements économiques

L'héritage du communisme a été l'allié naturel des réformateurs dans la transformation des sociétés d'Europe centrale. Les gens se sont montrés patients et ont adopté les réformes parce qu'ils étaient impatients de rompre avec le communisme. Le début des années 1990 a été une époque surréaliste où l'on a vu les syndicats du travail prôner la contraction de l'emploi et où les anciens partis communistes étaient déterminés à privatiser l'économie.

La colère dirigée contre le capitalisme n'était pas accompagnée d'un parti ni même d'un langage politique capable de mobiliser les perdants de la transition. Le communisme avait érodé la capacité des classes sociales d'agir collectivement. Toute critique du marché était attribuée à une nostalgie du communisme. Les contre-élites anticommunistes, en raison de leur idéologie, et les élites ex-communistes, en raison de leurs intérêts, étaient toutes deux favorables aux changements économiques.

L'aspiration populaire à un « retour dans l'Europe », renforcée par l'attraction qu'exerçaient l'Union européenne et l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord), a permis aux société de concilier les instincts de redistribution de la démocratie et la nécessité d'adopter une vision à long terme et de faire preuve de patience en tant que conditions préalables de la réussite économique. Les choses se sont passées différemment selon les pays, mais l'intégration euro-atlantique a assuré la poursuite des réformes économiques et protégé des retours de flamme politiques.

Le succès des transitions postcommunistes a amené une nouvelle génération de politologues à réévaluer la probabilité d'une émergence simultanée de la démocratie et du capitalisme. Ce qui avait été perçu comme un coup de chance historique a alors été érigé au rang de loi naturelle. Démocratie et capitalisme n'étaient plus considérés comme un heureux ménage, mais comme des jumeaux identiques.

Scepticisme envers la démocratie

On a alors voulu ignorer les tensions entre la démocratie et le capitalisme. Mais il suffit de regarder l'expérience de pays tels que la Russie, la Chine ou le Vénézuéla pour douter de la tendance naturelle du capitalisme à mener à la démocratie et de la tendance naturelle de la démocratie à soutenir le capitalisme.

L'expérience de l'Europe centrale doit également, dans une certaine mesure, être repensée. Un an après l'adhésion des nouvelles démocraties de la région à l'Union européenne, on a assisté à une montée du populisme et du nationalisme avec tous les remous que cela comporte. Le mécontentement à l'égard de la démocratie augmente et, d'après le sondage mondial Voice of the People 2006, contrairement à toutes les attentes, l'Europe centrale est la région du monde où les gens se montrent les plus sceptiques quant aux mérites de la démocratie.

Dans toute la région, le public se méfie des politiciens et des partis politiques. La classe politique est perçue comme corrompue et égoïste. La transition qui a été une réussite retentissante pour l'Europe centrale a aussi abouti à une rapide stratification sociale, dont beaucoup souffrent actuellement alors qu'en bénéficient quelques heureux privilégiés.

De nombreuses vies ont été détruites et de nombreux espoirs trahis au cours du processus de transition. Le fait que les principaux gagnants de la transition aient été les gens éduqués et les membres de l'ancien régime bénéficiant de relations n'a pas contribué à rendre l'évolution acceptable. Les démocraties postcommunistes sont aujourd'hui perçues comme le triomphe non pas de l'égalitarisme, mais de l'anti-égalitarisme des élites communistes d'une part et des élites anticommunistes d'autre part.

Les contraintes extérieures imposées à l'accession des pays à l'Union européenne ont été essentielles pour assurer le succès des réformes, mais elles ont contribué à ancrer l'idée qu'ils étaient des démocraties sans choix réels.

Il y a 20 ans, les théoriciens craignaient que les jeunes démocraties ne prennent pas goût au capitalisme. Ce que nous constatons à présent, c'est que la plupart des populations d'Europe centrale font davantage confiance aux forces du marché qu'aux urnes.

Les impressions et jugements exprimés dans le présent article ne coïncident pas nécessairement avec les miens. Quoique.

La liberté de penser est le seul moteur de l’économie.

06/07/2008

L'Ethiopie dispose de sa protection industrielle

Les producteurs éthiopiens de café tirent profit des appellations d'origine.

L'Éthiopie commence ce qu'elle espère être une sortie progressive de la pauvreté grâce à la protection de la propriété intellectuelle.

Le directeur général de l'Office éthiopien de la propriété intellectuelle, M. Getachew Mingistie, a déclaré à ce propos : « Je suis convaincu que tout pays, qu'il soit riche ou pauvre, est en mesure d'avoir des biens protégés par le droit de la propriété intellectuelle. Dans de nombreux pays, les gens estiment que la propriété intellectuelle n'est que dans l'intérêt des États-Unis, de l'Europe et du Japon. C'est là une fausse idée. Le droit de la propriété intellectuelle peut servir les besoins de pays comme l'Éthiopie si on l'applique bien. »

La protection de la propriété intellectuelle, a-t-il fait remarquer, a joué un grand rôle dans le développement économique des États-Unis, et l'Éthiopie tient à en tirer parti elle aussi.

Suivant les conseils d'une association sans but lucratif de Washington spécialisée dans la propriété intellectuelle, Light Years IP, M. Mingistie a agi en vue d'obtenir au niveau international la protection de l'appellation d'origine de trois variétés de café éthiopien : Harar, Sidamo et Yirga Cheffe. Ce faisant, il a dû surmonter l'opposition de l'Association nationale du café des États-Unis qui tentait de l'empêcher de déposer une demande à cet effet auprès de l'Office des brevets et des marques de fabrique des États-Unis, ainsi que celle de la société Starbucks, le plus grand distributeur de café du monde, qui est maintenant un grand partisan des appellations d'origine éthiopiennes et qui en est titulaire de licences.

À l'heure actuelle, l'appellation d'origine des cafés Harar, Sidamo et Yirga Cheffe est protégée dans 29 pays en tant que marque déposée. L'Éthiopie choisit les grands distributeurs de son café et fixe les conditions de vente. Elle n'exige aucune redevance pour les licences de distribution du café, mais en échange elle demande aux distributeurs de commercialiser chaque variété de café sous son appellation d'origine.

Expliquant pourquoi l'Éthiopie n'exigeait pas de licences, M. Mengistie a dit que son pays ne cherchait pas à obtenir immédiatement des recettes, mais plutôt à augmenter la demande mondiale pour ses variétés de café, ce qui devrait à l'avenir être plus fructueux. Dans le cadre de cette stratégie, a-t-il dit, l'Éthiopie établit des partenariats étroits avec les importateurs de café, les distributeurs et les torréfacteurs afin de faire connaître au nombre croissant de fins connaisseurs de café les propriétés distinctives de ses excellentes variétés de café.

« En ouvrant de concert avec les sociétés étrangères de torréfaction et de distribution du café, nous tentons de créer une situation où tout le monde est gagnant. Autrefois, un producteur vendait son café sans savoir ce qu'il allait en advenir. Il en était de même pour les exportateurs. De leur côté, les buveurs de café à l'étranger ne savaient pas d'où venait leur café et encore moins que la culture du café dans le monde avait pour origine l'Éthiopie », a dit M. Mengistie. À l'heure actuelle, l'Éthiopie participe à des réunions internationales de producteurs de café, de distributeurs et d'agences de publicité et en organisent aussi en vue de renforcer ses partenariats.

« Nous soulignons que les partenariats établis avec des sociétés étrangères sont très importants pour des pays comme le nôtre si l'on veut tirer parti du droit de la propriété intellectuelle aux fins du développement. »

Bien qu'il soit prématuré de tirer des conclusions définitives, on observe cependant que la protection de l'appellation d'origine des variétés de café éthiopien contribue à améliorer les conditions de vie des 15 millions d'Éthiopiens qui dépendent du secteur caféier, ce secteur représentant 60 % des recettes du pays.

« Avant que l'Éthiopie décide d'avoir recours au droit de la propriété intellectuelle, a déclaré M. Mengistie, les producteurs gagnaient si peu que certains d'entre eux ont été obligés d'abattre leurs caféiers pour planter des arbustes de qat, qui permettent d'obtenir une substance hallucinogène. Si cette situation s'était maintenue, elle aurait eu des effets désastreux pour l'Éthiopie et pour le reste du monde. »

Le directeur de l'association Light Years IP, M. Ron Layton, a indiqué que, avant la protection de l'appellation d'origine des variétés de café éthiopien, la livre de café éthiopien ne rapportait qu'environ 0,25 dollar de plus que le cours du café ordinaire. Ce cours est descendu jusqu'à 0,37 dollar la livre à un certain moment, ce qui a eu des effets dévastateurs sur les producteurs et les exportateurs. À l'heure actuelle, le cours du café ordinaire se situe autour de 1,30 dollar la livre, et les variétés de café éthiopien qui sont protégées rapportent environ le double.

Avant la protection des appellations d'origine, les recettes d'exportation des producteurs éthiopiens figuraient parmi les plus faibles du monde dans la catégorie des produits agricoles en dépit de la très grande qualité de leur café, a indiqué M. Layton.

Au cours de l'année écoulée, le prix du café éthiopien de qualité a doublé et n'est plus fixé en fonction des cours du café ordinaire. Lors de sa visite d'exploitations productrices du café Yirga Cheffe, M. Layton a été surpris par le grand nombre de logements en construction et d'enfants scolarisés ainsi que par l'augmentation du nombre de bicyclettes et d'animaux. Il s'agit là, a-t-il dit, de signes d'une amélioration de la situation économique de la population.

« Il se peut, a-t-il déclaré, qu'il faille encore douze mois pour que le pouvoir de négociation de l'Éthiopie stabilise durablement le prix de ses cafés de qualité. Il s'agit de rendre ce prix indépendant des cours du café ordinaire et de le maintenir à un niveau élevé durablement, ce qui entraînera un accroissement des investissements visant à améliorer la qualité et à augmenter la production. Cela permettra aux familles d'envoyer leurs enfants à l'école et à l'université. Les coopératives agricoles disposeront ainsi des moyens financiers nécessaires pour construire des écoles, des centres médicaux et des réseaux d'alimentation en eau. »


04/07/2008

L’Afrique, nouveau grenier du monde !

Beaucoup en rêve. Les Africains et les maîtres du monde fifti-fifti. Et par contrat.

Proposé par martingrall

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Et Bobo avoue son penchant pour le frais cresson bleu.

Alors autant s’y préparer avec l’ONU, L’Union Européenne, et l’Union Africaine. Et il y a tellement peu de chose à faire, l’agriculture, le maraichage sont tellement faciles, et surtout, les entreprises américaines normalement exportatrices se tournent vers des pays émergents plus riches. Et dont certains exporteront depuis l’Afrique. Et c’est à l’Afrique de protéger et faire fructifier ses ressources. Si le pétrole flambe, l’agri carburant tout autant. Et une agriculture raisonnée, permet de générer les investissements nécessaires, alors que des dynamismes puissants s'exercent sur les marchés agricoles tant en Afrique qu'ailleurs.

Ces forces montrent que le monde a besoin de plus de vivres et que l'Afrique peut jouer un rôle important pour ce qui est de subvenir aux besoins alimentaires de ceux qui souffrent de la faim dans le monde.

Et ça, c’est Terry Duffy, qui est à la tête de la Bourse des produits agricoles la plus grande du monde (CME Group) située à Chicago, qui le dit lors du Forum américano-africain de l'agroalimentaire qui s'est tenu dans cette ville le 26 juin. Et au vu de son CV on ne peut que le croire.

« De nombreuses personnes, affirment que c'est une très bonne période ou une très mauvaise pour l'agriculture. Cela dépend de la place qu'elles occupent au sein du secteur alimentaire. »

C’est un fait, l'accroissement de la demande et l'offre limitée au niveau mondial poussent à la hausse les prix des produits agricoles. Pour certains, comme les producteurs américains de maïs, cette hausse est une bonne chose. Pour d'autres, comme les minoteries qui achètent du blé pour en faire de la farine ou les restaurants qui achètent en gros des produits alimentaires, cette hausse n'a que des inconvénients.

La satisfaction de la demande croissante de vivres dans le monde entier va exiger que l'on investisse davantage, qu'on innove plus et qu'on accroisse l'infrastructure dans tout le secteur agricole et agroalimentaire.

Malgré les grands problèmes auxquels se heurte le continent africain, il y existe des possibilités en matière d'agroalimentaire, des possibilités d'investir et de produire de tout, aussi bien des céréales que des fruits, entre autres, le tout soutenu par une meilleure infrastructure.

L'an dernier, a indiqué M. Duffy, un tiers du produit intérieur brut de l'Afrique provenait du secteur agricole. Néanmoins, « l'Afrique est un importateur net de produits agricoles. En cette période où le monde a besoin de plus de produits agricoles, nous avons besoin que l'Afrique tire parti ses possibilités et qu'elle devienne un partenaire dans la production mondiale de produits agricoles. »

La pénurie de vivres, la hausse des cours des céréales et le débat sur les biocarburants à travers le monde ont des effets considérables sur le secteur de l'agroalimentaire. En outre, les engrais et les terres agricoles se vendent au prix fort.

En ce qui concerne la hausse des cours des céréales, M. Duffy l'a attribuée aux facteurs suivants

La production de biocarburants, principalement à base de maïs, qui est encouragée tant par les États-Unis que par l'Europe ;

Les inondations dans la plus grande partie du centre des États-Unis, où se trouvent les grandes zones céréalières du pays ;

La baisse du dollar qui a perdu 28 % de sa valeur depuis 2000. Le dollar américain est la monnaie dans laquelle se fait le négoce international des céréales. « Il s'ensuit que le prix des céréales est en moyenne 28 % plus faible pour les importateurs que si la valeur du dollar était demeurée constante », ce qui a contribué à augmenter la demande ;

Le ralentissement de l'augmentation de la production alors que la demande s'accroît rapidement : le taux moyen de croissance de la production de céréales et d'oléagineux a diminué pour passer de 2,2 % par an dans les années 1970 et 1980 à seulement 1,3 % depuis 1990. Selon le ministère américain de l'agriculture, ce taux devrait continuer de diminuer pendant les dix prochaines années ;

L'expansion de l'élevage, ce qui a pour effet d'augmenter la consommation de céréales. « Alors que la demande de viande s'accroît, en particulier dans les pays qui se développent rapidement tels que la Chine et l'Inde, la demande de céréales et d'aliments pour animaux augmente à un rythme encore plus rapide » ;

La sécheresse : la sécheresse qui frappe soit depuis plusieurs années soit depuis une seule année l'Australie, les États bordant la mer Noire, la Russie, le Canada et les États-Unis ont entraîné une hausse des prix ;

Les droits de douane : depuis quelques mois, les droits de douane à l'exportation entravent la libre circulation des céréales dans le monde. Cette tendance est apparue en même temps que la baisse des droits de douane à l'importation en ce qui concerne les céréales et les oléagineux. Il s'ensuit que certains pays ne vendent plus une partie de leur production sur le marché mondial alors qu'ils cherchent à importer des céréales et des oléagineux en abaissant leurs droits de douane applicables à ces produits.

La faiblesse des stocks : les stocks de blé des États-Unis sont à leur niveau le plus faible depuis soixante ans, et on estime que les stocks de blé du monde sont à leur niveau le plus faible depuis trente ans.

Malgré tous ces problèmes et toutes ces conditions défavorables, a dit M. Duffy, il s'agit d'une période passionnante pour le secteur de l'agroalimentaire car la demande de produits agricoles ne cessera pas d'augmenter

 
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