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18/11/2008

L'afrique, nouvelle usine du monde.

Par martingrall,

Où l'Ethiopie ambitionne de jouer un grand rôle dans l'industrie du cuir de luxe, avec ses sacs à mains TAYTU (prononcez Taïtou) en vente dans toutes les bonnes capitales de luxe, y compris Paris, mais surtout là ou il y a du bon et bel argent, Tokio, Berlin, New york. Là heureux événement, ces sacs sont entourés des plus prestigieuses peaux, Chanel, Gucci, ......

L'Éthiopie, patrie du plus important parc d'élevage d'Afrique, produit et exporte des millions de peaux chaque année, surtout sous forme de cuir semi-fini. Espérant en tirer plus de profit, elle a commencé à élaborer ses propres produits de cuir de marque. L'Agence américaine pour le développement international (USAID) aide le pays à développer le secteur du traitement et de la finition du cuir, avec l'appui de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et d'autres agences de développement.

« Le gouvernement éthiopien soutient le secteur des produits de cuir fini de forte valeur, pas des produits semi-finis », déclare Salpi Nalbandian, directrice générale de Taytu Trade and Industry.

Taytu commercialise des produits de 12 fabricants éthiopiens de produits en cuir. Le consortium a été constitué en 2006, lorsque le gouvernement a identifié l'industrie du cuir comme un secteur potentiellement lucratif.

Par exemple, le cuir cabretta, dont on fabrique des gants de golf en raison de sa solidité et de son élasticité, rapporte 2 dollars à l'éleveur éthiopien pour la peau nécessaire pour fabriquer un gant, 5 dollars à l'exportateur et 25 dollars au détaillant qui vend un gant fabriqué en dehors du pays.

Le cuir de chèvre de Bati, autre produit éthiopien, est connu pour sa douceur et sa souplesse. L'éleveur éthiopien gagne environ 10 dollars pour les peaux nécessaires à la fabrication d'un manteau ; l'exportateur gagne de 40 à 50 dollars après tannage ; le manteau, fabriqué en dehors du pays, va rapporter au moins 400 dollars au détaillant, selon Light Years IP, groupe qui aide les pays en développement à stimuler leur croissance en utilisant leurs droits de propriété intellectuelle.

Les sacs Taytu vendus par le magasin de luxe Barneys de New York vont chercher dans les 1.500 dollars et, selon le site Web de la société, un modèle spécial coûte 22.000 dollars. Taytu est entré en contact avec Barneys et d'autres magasins de luxe étrangers à l'occasion de foires commerciales à New York, Paris et Los Angeles. Selon Mme Nalbandian, Theory, une autre enseigne de vêtements et d'accessoires de luxe, envisage de commercialiser les sacs Taytu.

Il est difficile de percer sur le marché international et Mme Nalbandian est la première à reconnaître que l'USAID et l'ONUDI l'ont aidée dans ce domaine.

« Cela implique toute une chaîne d'opérations : obtenir les matières premières, tenir les délais de livraison, correspondre, comprendre les conditions de travail et de commerce à l'étranger ; il faut gagner la confiance des acheteurs étrangers... » Elle précise que l'ONUDI lui a fourni des conseils en matière de conception et de fabrication, l'USAID en marketing. « Ces deux organisations ont mis l'Éthiopie sur la voie du marché de luxe ; elles lui ont conseillé de ne pas essayer de concurrencer la Chine ou l'Inde sur le marché de masse. »

Le chiffre d'affaires est passé de 25.000 dollars en 2006, au moment de la création du consortium, à 85.000 dollars pour le dernier exercice. Cinq mois après le début du présent exercice, qui court de juillet à juin, Taytu a reçu pour près de 70.000 dollars de commandes de l'étranger et les ventes de son magasin d'Addis Abeba - la capitale de l'Éthiopie - s'envolent du fait de sa présence sur les marchés étrangers.

« Lorsque les journaux locaux ont rapporté la réussite de Taytu à New York et ailleurs, les consommateurs éthiopiens se sont précipités sur sa griffe » déclare, Teshome Kebede Redie, contractuel de l'USAID travaillant dans le secteur du cuir en Éthiopie.

Mme Nalbandian nous a dit qu'à mesure que les bénéfices de Taytu vont augmenter, elle va se détacher progressivement de l'aide financière de l'USAID. Cette dernière paie le loyer du magasin d'Addis Abeba et les salaires de ses employés. Elle a également payé les ordinateurs et les meubles du magasin.

Pour essayer de profiter du potentiel du cuir, une autre entreprise éthiopienne, Jonzo PLC, envisage de se lancer dans le commerce des chaussures, secteur qui absorbe 60 % de la production mondiale de cuir. À l'heure actuelle, Jonzo se spécialise dans les vêtements et les sacs de cuir, dont certains sont commercialisés par Taytu.

« La chaussure représente une excellente opportunité pour l'Éthiopie », déclare Salomon Yesuf, directeur général de Jonzo. Il espère pouvoir commencer à livrer des chaussures à la société Brown Shoe Company de Saint Louis en 2009.

Selon M. Redie, de nombreuses sociétés commercialisant des chaussures aux États-Unis, en Italie et en Allemagne se détournent de la Chine où les fabricants font monter les prix et essaient de trouver des fournisseurs dans d'autres parties du monde.

Jonzo construit une usine de chaussures à la périphérie d'Addis Abeba et prévoit d'être en mesure d'en fabriquer 55.000 paires par jour d'ici la fin de 2009. Son objectif est d'exporter la moitié de sa production. Le gouvernement éthiopien facilite la croissance du secteur de la chaussure en fournissant des facilités douanières, des entrepôts en douane et des tarifs concessionnels pour la location des terrains de l'usine.

Jonzo a eu des difficultés à obtenir du financement des banques éthiopiennes pour son expansion mais l'USAID a joué un rôle important en garantissant 50 % des prêts pour encourager une banque éthiopienne à avancer les 50 % restants.

Commentaires

Très bon billet Martin !

Merde alors, j'ignorais que tu écrivais sur 20 minutes !


L'Afrique : la future Chine du monde ? j'ai de gros doutes là dessus, Martin, connaissant assez bien l'Afrique et des tas de gens la parcourant. Si dans l'absolu, l'Afrique pourrait sortir économiquement son épingle du jeu, tu sais bien que la corruption est un fléau mortifère.

Et c'est ça qui plombe ce continent magnifique et des populations très maltraitées par des dirigeants indignes et des cadres militaires, politique et policiers trop cupides...

Attention aussi à l'exploitation de l'Afrique par des multinationales trop heureuses de trouver de la main d'oeuvre corvéable à merci.
Quant à l'Éthiopie, ce n'est pas le pire des pays mais un des plus pauvres malgré de grandes richesses humaines...

Mis à part ces considérations : attention à l'angélisme à propos de l'Afrique...

Écrit par : "cui cui" fit l'oiseau | 18/11/2008

Salut cui cui, Angélisme non. Idéal, peut-être. Bien sur ce sont de petits cailloux, mais bien à leurs places entre Gucci et Chanel. Devenant l'autre Must.Ce qu'il faut obtenir est un partage plus équitable.

Écrit par : martingrall | 24/11/2008

la future Chine du monde ?

Écrit par : handbags | 07/10/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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