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02/11/2009

Nicolas Sarkozy le premier soutient de la fronde anti-Hadopi.

 

Pour leur grand-messe, ce 29 octobre , il leur a même fourni le premier étage du Fouquet’s situé à quelques longueurs de son palais d’hiver de saint Honoré.

C’est que, lorsque l’on est responsable de tout, on est responsable du tout.

 

 


Chaque action politique, lorsqu’elle est personnelle et autoritaire, automatiquement lorsqu’elle est sarkozyste, génère sa contre-loi. Et souvent, c’est cette contre-loi, toujours initiée par un débat démocratique dans l’intérêt général qui deviendra la loi morale appliquée. La Justice restant l’autorité démocratique de la France.


Ainsi, en est-il de la licence Creative Commons et Licence Art Libre. Entre autres, puisque Nicolas Sarkozy va générer la création d’une myriades d’éditeurs et de producteurs indépendants et libres. Maisons d’éditions toujours indispensables quelles qu’en soient leurs formes. Il est illusoire en littérature comme dans n’importe quel art, de pouvoir se passer d’un entremetteur. Galiériste, producteur, éditeur, … et si on pense à certains auteurs, c’est qu’ils ont crée leur propre maison.


Et, s’il est une forme d’ouvrage relevant de cette « créative common », c’est bien le livre anti-hadosyste© de 380 pages - La bataille Hadopi - du collectif idoine, qui fut révélé à une salle bondée de Dames et Sieurs en pleine récréation. Le Fouquet’s en bistro philo qui l’eut cru, et il fallait y être.


Moi aussi, je veux pouvoir dire -J’y étais-

En rentrant chez moi au soleil, j’ai mis les lunettes que je portais lors de cette glorieuse soirée "mémorial" dans un bocal fermé hermétiquement.


Le livre, -La bataille Hadopi- est édité par un vieux, déjà, de la créative common, puisque Mathieu Pasquini a cré InLibro Veritas en 2005.

Alors si dans le détail, cet ouvrage, n’apporte rien de nouveau, sauf peut-être la concrétisation de deux camps distincts et opposés dans la vente de production artistique et de la rétribution des auteurs, dans le global, il montre par le nombre de personnalités politiques et de gauche et de droite présentes, que le droit à la culture est, reste et restera un droit fondamental.


Et, dans la crise qui se renforce, avoir accès gratuitement à l’information, à la formation, à la culture est un droit fondamental. Ce qui ne veut et n’a jamais voulu dire gratuit mais une autre économie TVA incluse.


Donc, revenons à nos moutons, auteurs de toute façon vous serez toujours tondus, le livre anti-hadosyste©, - La bataille Hadopi – peut être un modèle de distribution des auteurs. Il est libre de téléchargement, et, si la version papier vous intéresse, pour offrir à Noël, mais saint Nicolas c’est 19 jours avant, pour un anniversaire, pour une naissance, trois versions matérialisées sont en vente chez InLibro Veritas.. le vrai modèle à 9 €, puis le modèle comme avant à19 € et le collector à 49 euros -Version Or incluant T-shirt, marque-page et CD.

Comme quoi au carrefour de la liberté rien n’a de prix.


Mais il y a eu un couac, j’ai voulu faire signer par un auteur directement sur l’écran -La bataille Hadopi- qui défilait sur mon netbook, et il eut cet éclair de lucidité. « Mais t'es vraiment con »


Il a raison, pour l’anti-Hadosyste© également, et donc pour creative common et tout ce qui peur apporter l'émancipation, il peut ne pas avoir tord.

08/10/2009

Nicolas Sarkozy, Inéligible pour 2012. En plus de 500 000 euros d’amende et cinq ans de prison ferme.

Parce que notre p’tit Nicolas n’y va pas avec le dos de la cuillère pour détourner et s’interdire la loi qu’il impose aux autres.

En politique plus qu’ailleurs on est toujours trahi par les siens. Et ce jour, c’est par ce drôle de Frédo Mitterrand et de son Hadopi 2 . Mais surtout de son encore plus drôle responsable communication de l’Elysée, dont nous confidentialiserons le nom, celui-ci se trouvant derechef sur le marché du pôlemploi postsarkozie.

Et voila ce qui devait arriver arriva, l’Elysée est pris la main dans le pot à confiture, et non seulement a sciemment piraté en 400 exemplaires pour diffusion à des tiers, lors de la 17 conférence des ambassadeurs, un reportage de Galaxie presse vantant en 52 minutes toutes rondes, les deux ans et quelque de présidence de Nicolas Sarkozy ? Et si bien brossé que le président presque la larme à l’œil, fut tout ému de se voir « A visage découvert : Nicolas Sarkozy » court métrage, pas reportage, du producteur Michel Rager

Mais c’est pas tout. Le vil et retord responsable en com s’est approprié le reportage, le court métrage, en le gravant dans le service communication de l’Elysée, et lui l’ ignominieux, s’est lui-même imprimé sur la pochette.

Masi à toutes choses bonheur est bon. Bien sur le producteur de vaseline et de pixels, amiablement, désamorce la bombe pipolitique, tout d’abord, ce « reportage » a été diffusé en tant que tel, le 13 juillet sur France 5, et donc tout le monde pouvait l’enregistrer sur son magnétophone à bande, non organisée bien sur, mais surtout il lui était interdit de le télécharger, même sans se faire passer pour le producteur, la peine de 500 000 euros et cinq ans de prison ferme devenant la clé, non USB, de la grille rouillée de son cachot.

Mais l’Elysée n’a pas l’air d’être soumise aux même lois d’autant que dans cette affaire Nicolas Sarkozy n est pas prévenu mais coupable, puisqu’à l’Elysée d’aujourd’hui c’est la même chose.

Remarquons au passage qu’en d’autres temps, à l’Elysée, le mot était responsable mais pas coupable.

Ben oui mais Nicolas Sarkozy est responsable de ses salariés. Donc suite à plus tard vers les calendes de Cassis, l’eau y était encore à 26°, et puis c’est à quelques encablures qu’Edmond devint un héros plus que séculaire.

Ce qui est bien chez frédo, c’est que sans rien dire ni faire savoir, il a toujours quelque chose pour la création de ceux qui deviendront la culture française.

03/09/2009

Un parti Pirate Français à l’assaut du Parti Socialiste et du Modem. La réponse est dans les urnes dès le 20 septembre de cette année.

 

 

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Il vise la députation de notre dégoûtée et déboutée et démissionnée Christine Boutin qui se retire des affaires après son citronnage sans frais du gouvernement Sarkozy.

Ce scrutin a scruter sera le premier en France pour le drapeau noir qui flotte de plus en plus sur la marmite des français tous piratés de leurs droits démocratiques.

Et tant qu’a faire, il faut mieux être représenté par un pirate, un vrai, qu’un renégat aléatoire sans foi ni loi. Et donc c’est Maxime Rouquet qui se porte au poste de candidat dans la dixième circonscription des Yvelines suivi de son suppléant Laurent Le Besnerais.

Le Programme tient dans tous bons disques durs de notre fidèle machine, malgré nos téléchargements légaux il reste toujours une petite place pour les dix petit mégas, photos incluses.

Non, je ne vous donne pas le lien, voir Google.

Bon alors juste un peu. Yvelines 2009

D’autant que la partie la plus importante de son programme est la mise à plat du système Hadopi et le programme Loppsi . En plus d’un rééquilibrage du droit d’auteur.

Mais. Mais. Mais. Mais, il y a des mais, le Parti Pirate Français ne lancera sa campagne d’adhésion en bonne et due forme qu’après les résultats du scrutin. Pour l’heure, la PPF dispose d’assez de fonds pour faire imprimer ses bulletins de vote.

 

Pour la campagne proprement faite, pas de papier sale dans la rue, pas d’affiches dégradante pour l’électeur, tout et en partie se fera sur le web par l’usage du pack « élection oueb » blogs, sites communautaires, moteurs de recherches dédiés, tracts numériques à télécharger, et surtout la profession de foi dont ne veulent plus nous informer nos représentants  élus, non y a faute, les marquis de bourre chas.

Alors Française et français, faites le test de la démocratie virtuelle. Qui comme le dit le Besnerais

, Ces élections sont les toutes premières où se présentera un parti pirate français, C'est une manière de nous présenter sur la scène

politique et cela aura valeur de test.

Bon, il leur manque beaucoup de bouteille politicienne, on ne fait pas de test mais on gagne avec de bonnes bordées bien appuyées et surtout bien alignées, la survie de la piraterie en dépend.

C’est que le PPF ci-présenté, n’est pas le seul parti pirate en France, avec sa goélette très légère armée de cinq pc pentium III et dix mac's léopards, soutenus par cinq machines tous temps xubuntu 9.04, Rémy Cérésiani, se félicite de cette candidature, qui va porter notre dynamisme bien au-delà de notre modem national et son F.A.I idoine.

Et remy d’emboîter le pas du parti pirate suédois riche de son unique député européen.

Ce faisant, faisons entendre notre décision démocratique ce 20 septembre.

Parce que. Si. Les Electeurs toutes tendances confondues, contre tous les partis politiques rivés sur leur siège, par leur vote démocratiques, tenaient enfin le moyen de désavouer la loi Hadopi ( dans sa volonté d’imposer un contrôle privé faisant force de loi) et surtout Loppsi, (dans le contrôle de l’intégralité de nos communications publiques et privées) et remettre le droit d’auteur au centre du débat, et non les royalties des éditeurs de maisons de disques, ( d'autant que plus personne ne télécharge illégalement du bruit, mais les séries télévisées amerloques en original ) ce serait pour nous, tout l’oxygène social qui souvent nous manque et qui toujours manque au député sortant de sa léthargie afin qu'il puisse lever le doigt et poser sa question.

Gageons que la publicité politique de not p'tit Nicolas saura prendre le vent de ce drapeau.

28/08/2009

Le hip hop, une phénomène de culture spontanée, de résistance et de décision sociale,

Le hip hop, une phénomène de culture spontanée, de résistance et de décision sociale, ou le moyen de disposer d’un nouveau modèle économique. Et 4 milliards de dollars par an c’est pas rien.

 

Ci-gît Elvis, Buddy Holly, Eddy Cochran, Creedence Clearwater Revival, The Bob Dylan, The Beatles, ah non pas lui, pas Joe Cocker ! et si, etc etc etc etc,


http://www.youtube.com/watch?v=vEMnnyYUE7g

Hip hop les a tous tués.

 

De jeunes Afro-Américains et Latino-Américains de talent, munis de tourne-disques et peut-être un peu désœuvrés, tels sont les inventeurs du hip-hop, ce genre musical unique qui, après avoir vu le jour aux États-Unis, est devenu le centre d'une vaste industrie du disque et de la mode à travers le monde.

 

C'est il y a une trentaine d'années, dans le South Bronx, ce quartier de New York qui semble personnifier la grisaille lugubre des quartiers urbains déshérités, qu'est né le hip-hop.

 

Manipulant des plaques tournantes pour actionner de vieux disques usés, les adolescents pauvres du Bronx se mirent à ajouter des paroles à ce fond musical. Ils s'y adonnaient principalement dans la rue, au cours de ce qu'on appelait les « block parties », créant un style de musique et de danse tout à fait nouveau. Ce genre de paroles sur fond musical, appelé MCing (rap) ou DJing (mixage audio ou « scratching » (égratignage) est devenu l'essentiel de la musique rap, du smurf et de l'art des graffiti. selon Mme Marvette Perez, conservateur du musée National d'histoire américaine de la Smithsonian Institution à Washington, qui prépare une nouvelle exposition consacrée à l'histoire du hip-hop.

 

Et madame Perez de s’emporter « Une tradition incroyable est née de ces endroits délaissés, sinistres » D'emblée, le style a constitué un élément essentiel du hip-hop, il raconte l'histoire de la musique mais aussi l'histoire de l'Amérique urbaine et de son style en constante mutation.

 

« Grâce aux contributions importantes de la communauté hip-hop, nous allons pouvoir placer ce mouvement dans le continuum de l'histoire des États-Unis et présenter une exposition complète » qui retracera l'histoire du hip-hop de ses origines, à la fin des années 1970, en tant qu'expression de la culture de la jeunesse urbaine afro-américaine et latino-américaine, à son statut actuel d'industrie de 4 milliards de dollars.

 

Le musée dirigé par M. Brent Glass, a déjà reçu des collections d'artistes hip-hop tels que Grandmaster Flash, Afrika Bambaataa, Kool Herc, Ice T, Fab 5 Freddy, Crazy Legs et MC Lyte.

 

C’ets que lorsque l’on donne un micro a Fab 5 Fredy de son vrai nom Fred Brathwaite , il devient un chouïa mégalo, « Le hip-hop est la plus importante contribution au paysage culturel américain depuis les blues et le jazz, Il domine toutes les cultures des jeunes de tous les pays. » Le Fred fait aussi réalisateur cinématographique et producteur.


http://www.youtube.com/watch?v=mmD-YjtFvsQ

 

C’est que le hip-hop surmonte les barrières raciales des adolescents.

 

Mark Shimmel. Egalement producteur et metteur en scène, égratigne donc de ses platines « Une caractéristique applicable à chaque génération d'adolescents est l'urgence » Tout ce qui se rapporte au hip-hop - son, paroles, style et langage - traduit ce sentiment d'urgence.

 

Et Mark lui aussi de mégalomaniser « les répercussions sociologiques et culturelles du rock and roll sont négligeables comparées à tout ce que le hip-hop a pu accomplir » et encore un peu, « Le hip-hop est la plus importante fusion des cultures blanche et noire qui ait jamais existé aux États-Unis » « Le hip-hop est beaucoup plus qu'un genre musical. La musique urbaine, comme celle de Motown, avait du succès auprès des auditoires blancs, mais on ne voyait pas les Blancs et les Noirs assister ensemble aux concerts publics.

 

« Or le hip-hop a changé tout cela parce qu'il s'agissait, dès le début, d'un phénomène de mode et d'un langage qui traduisait avant tout un sentiment d'urgence auquel pouvaient s'identifier les adolescents des banlieues et ceux des villes »

 

« Lorsque les artistes hip-hop ont décrit le monde qu'ils voyaient dans les quartiers urbains déshérités, les adolescents noirs et blancs ont constaté que l'isolement n'était guère diffèrent dans les banlieues »

 

Selon La revue Ebony, deux disques sur dix de vendus aux États-Unis sont du hip-hop, et 80 % des acheteurs sont de race blanche.

 

D'après le Fab 5 Freddy «  si le hip-hop a du succès, c'est parce que sa musique est contagieuse, parce qu'il permet aux gens de s'exprimer d'une façon positive, dynamique et qu'il éveille les consciences, le hip-hop s'adresse à tous les gens qui sont aux écoutes »

 

Encore une couche du Fred, « Lorsque, en 1985, « King of Rock » de Run-D.M.C. est devenu le premier disque hip-hop de « platine » (prix a été décerné par la Recording Industry Association of America à un musicien ou artiste pour la vente d'un million de disques, CD ou cassettes, ndlr), on s'est rendu compte que le hip-hop était passé de la culture urbaine afro-américaine et latino-américaine à la culture blanche ».

 

A l'heure actuelle, le hip-hop ne diffère guère de ses racines dans le South Bronx. Toute forme musicale évolue, principalement en raison de la vitalité de l'endroit où se trouvent les artistes et producteurs les plus novateurs. « Le hip-hop a débuté à New York et a été interprété différemment à Los Angeles. Puis le Sud y a ajouté un autre élément. Il a évolué mais n'a pas changé. »

 

D'éléments antisociaux à une influence de caractère général ?

 

Le hip-hop a des éléments misogynes, est misogyne, reconnaît Marvette Perez, ce que le musée n'a d'ailleurs pas l'intention d'exclure.

 

Le « gangsta rap » des années 1990, dont les paroles prônaient l'usage de la drogue, la violence et les tags utilisées par les gangs pour marquer leur territoire est un élément de la culture hip-hop qu'on ne saurait occulter. Je ne le juge pas , il est ce qu'il est.

 

Dans son ensemble, le hip-hop est créatif et positif. Et il se trouve que le pire du hip-hop peut également être le plus commercialisé.

 

On ne peut non plus occulter le fait que le hip-hop est une façon de marcher et de parler, et que, sur le plan musical comme sur le plan culturel, son influence est mondiale. « La technique se répand à travers les États-Unis et dans le monde entier » et rien ne serait être occulté lors de l’exposition, affirme Marvette Perez.

 

A voir donc

26/08/2009

Rama rampe vers le haut, s’envole dans les airs. Le skate-board, un sport extrême qui donne des ailes.

Le skate-board, un sport extrême qui donne des ailes.

aux Amérindiens. Bien sur. Faut pas non plus croire que Laporte fît autre chose que de se l’a laissé fermer. Une porte c’est ou vert ou fermée et comme il n’était que sarkozyste et qu’il n’a jamais su la couleur de Danny.

Non je pensais à Rama Yade, pour développer le courage, l’endurance, le goût de l’effort et le goût du travail dans les villes, même en quartier, même en morceaux de villes.

http://www.youtube.com/watch?v=635NcjpZJrQ

 

Et puis j’aime la façon dont est écrit ce scénario. J’ai cette impression du temps qui n’en est plus. Le temps des esprits. Le temps des guerriers qui se cachent aux dieux avant d’aller aux combats.

Mais surtout j’aime la dilatation du temps qui nous fait tous nous réunir, tous, les oubliés comme ceux qui ne sont pas encore nés, dans le seul message de la vie. Alors.

La planche à roulettes ou skate-board, synonyme de prise de risques et de l'intrépidité des jeunes, semble à priori le chemin le moins indiqué pour passer à l'âge adulte. Mais comme elle encourage l'autodiscipline et la persévérance, la pratique de ce sport, l'un des plus populaires des réserves indiennes des États-Unis, est une expérience qui a transformé la vie de nombreux Amérindiens, comme le dévoile une nouvelle exposition au Musée national des Indiens d'Amérique (NMAI), l'un des musées de l'institut Smithsonian situés au cour de Washington.

« Ramp It Up : Skateboard Culture in Native America », l'exposition à découvrir jusqu'au 13 septembre 2009, relate le dynamisme et la créativité de la culture du skate-board chez les Amérindiens, tout en retraçant l'évolution de ce sport et les exploits des skateurs. Lors d'une interview, Betsy Gordon, organisatrice de l'exposition pour le musée, a expliqué que le skate-board met l'accent sur l'importance « du courage, de la force de caractère et de la résilience », facilitant ainsi la « transmission des valeurs amérindiennes par un support moderne ». Ce sport a également donné naissance à un style de musique, à une infographie, à une culture photographique et filmographique et il génère un sens de l'entrepreneuriat lié au monde du skate-board parmi les jeunes athlètes, à l'intérieur comme à l'extérieur des réserves.

On peut certes associer le skate-board à une culture indigène puisque sa création s'apparente à celle de la planche de surf, inventée par les populations autochtones d'Hawaï. Le surf s'est répandu aux États-Unis à la fin des années 50 et au début des années 60, grâce aux films Gidget (1959) et Endless Summer (1966) ainsi qu'à des groupes comme les Beach Boys (Surfin' Safari, 1962) qui confortèrent son statut de passe-temps préféré des adolescents californiens.

YouTube - Surfin' Safari-The Beach Boys-1962

Rama rampe vers le haut, s’envole dans les airs, c’était le post avant, Ramp It Up informe les visiteurs que le skate-board moderne doit son existence à des innovateurs qui s'inspirèrent des planches de surf en les miniaturisant et en leur ajoutant des roulettes. L'exposition indique que « l'infiltration du surf dans la culture des adolescents américains a servi de porte d'entrée au skate-board », qui est une activité permettant aux jeunes vivant loin de la mer de se défouler sur une planche étroite de bois ou de fibre de verre, même s'ils habitent à des milliers de kilomètres de la plage.

Betsy Gordon a découvert la place de ce sport dans les tribus amérindiennes en travaillant à un autre projet du NMAI qui l'amena à rencontrer le réalisateur Dustin Craig (de la tribu White Mountain Apache/Navajo). M. Craig, qui réalisa des vidéos de son skate et de ses amis pendant son adolescence, encouragea Betsy Gordon à explorer sa curiosité sur ce sport et c'est ainsi qu'elle commença à assister à des compétitions de skate-board entre tribus et à rencontrer de jeunes skateurs. Pour Mme Gordon, ces athlètes pratiquent ce sport avec « une passion et un sens de l'éthique incroyables ». « Ils tombent beaucoup, se relèvent et persévèrent », remarqua-t-elle.

Ah si , on l’a sent bien, elle est là l’ Amérique. Phrase sublime, en dehors du temps, femme que l’on aime, sortie du calendrier.

Les jeunes se mettent au skate-board car « c'est amusant et difficile. Je ne pense pas que la plupart des skateurs soient conscients des origines de ce sport mais certains athlètes adultes comme M. Craig, qui créa la société 4-Wheel Warpony, sont convaincus des bienfaits de ce sport pour véhiculer les valeurs amérindiennes aux jeunes des tribus. La société de M. Craig parraine une équipe de skateurs, appelée 4-Wheel Warpony, composée de jeunes athlètes qui affirment clairement leur identité en portant la robe traditionnelle des Apaches remontant au XIXe siècle. Comme l'indique l'exposition du NMAI, les skateurs de l'équipe 4-Wheel Warpony « s'envolent dans les airs avec des planches qui affichent fièrement des motifs inspirés de la culture amérindienne. »

Ramp It Up présente également d'autres skateurs devenus chefs d'entreprise et qui partagent la même mission. Todd Harder, originaire de la tribu des Creek, est le fondateur de Native Skates, une société de skate-board dont les planches (la partie principale du skate-board) sont décorées de mots issus des langues amérindiennes. (« Si j'arrive à transmettre un peu de savoir aux jeunes, à leur apprendre deux ou trois mots de leur propre langue, je considère avoir fait mon travail », a affirmé Todd Harder.) Jim Murphy, de la tribu Lenni Lenape, a créé une société appelée Wounded Knee Skateboards. En coopération avec Todd Harder, ils ont fondé Nibwaakaawin (Sagesse), qui est la première association amérindienne consacrée « au développement de la créativité, du courage, d'une identité et d'une fierté culturelles tout en encourageant les activités non violentes et physiquement saines par le biais du skate-board. »

Les visiteurs du NMAI peuvent découvrir des athlètes plus jeunes. Bryant Chapo (Navajo), âgé de 20 ans ou les frères Lerma (Augustin et Armando, âgés respectivement de 10 et 7 ans) qui appartiennent aux Agua Caliente (Indiens Cahuilla) comptent parmi les meilleurs athlètes dans leur catégorie. Bryant Chapo, skateur semi-professionnel, est parrainé par sept groupes et il participe à des compétitions au niveau national ainsi qu'à des épreuves organisées par les Amérindiens. Augustin Lerma, qui ambitionne de participer aux X-Games, est scolarisé à l'école Kids That Rip Skateboard à Mesa, dans l'Arizona, « la seule école aux États-Unis qui enseigne les matières traditionnelles et dispense une formation sur le skate », précise l'exposition Ramp It Up.

 

Les filles aussi font du skate-board, explique Mme Gordon, « mais elles sont peu nombreuses. Quand le skate-board est devenu très physique et plus dangereux, les filles sont restées à la traîne. Mais je suis l'évolution de quelques jeunes filles issues de tribus amérindiennes à Albuquerque au Nouveau-Mexique et j'espère les inviter au NMAI. »

 

Même si la plupart des jeunes Amérindiens ne deviendront jamais professionnels, leur dévouement à la culture du skate-board dans leurs communautés leur a offert l'occasion de découvrir une large gamme d'activités connexes qu'ils pourront transformer en atouts. Pour Betsy Gordon, la planche à roulettes « enseigne des vertus profondément ancrées dans la tradition mais qui sont toujours d'actualité. De surcroît, ce sport sert de porte d'accès aux mondes de l'art, du cinéma et de l'entrepreneuriat qui peuvent faire vivre les jeunes Amérindiens et leurs communautés. » Les tribus soutiennent les ambitions de jeunes skateurs, a ajouté Mme Gordon. « Certaines tribus ont même installé des arènes de skate pour les jeunes. »

 

L'exposition Ramp It Up, inaugurée le 12 juin, présente 28 objets et 45 images, dont des photographies d'archives rares, des planches réalisées par des sociétés amérindiennes et des artistes contemporains ainsi que des extraits de films sur des skateurs amérindiens en action.

Vous avez toujours voulu foutre un bon coup de pieds au cul de votre député. Et en plus qu’il vous en remercie. Ne cherchez plus c’est ici.

Vous avez toujours voulu foutre un bon coup de pieds au cul de votre député. Et en plus qu’il vous en remercie. Ne cherchez plus c’est ici.

 

Oui, regardez-mooooi bien dans le billet. Et osez dire que jamais vous avez voulu foutre un bon coup de pieds au cul de votre député, pas députée, on est pas des sauvages.



Qui n’a jamais été voir son député, lorsque par hasard, harassé par tous ses mandats a assurer, il venait se reposer incognito dans le lieu clos et feutré de sa permanence. ………………. Attendez ! Chacun son tour. Comme à confesse.

Qui ne l’a pris à parti avec véhémence quant à sa léthargie chronique développée en assemblée nationale.

Qui n’a jamais eu envie de lui foutre une mandale bien appuyée, lorsqu’il s’envolait dans des explication éthylophiles.

Et un petit dernier pour la route. ""C’est à cause de l’Europe ! Et donc de l’autre ce con de député européen. Si vous saviez, on doit même lui tenir la queue pour pisser "" Oui vous savez la délicatesse et la dsitintion dont nos députés font preuve, et ce à chaque instant de ce temps qu'ils nous accorde.

Mais tout cela, dès ce jourd’hui, c’est du passé.

Bien sur, vu le nombre de quidams, quand-même encore électeurs du suffrage universel, leur assurant de leur volonté piedanlculesque sans frais, en lieu et place d’un bulletin de vote positif, on peut sans peine imaginer qu’ils étaient à la recherche du moyen de s’éloigner définitivement du pieds des électeurs. Ont-ils trouvé la parade. Enfin, ils peuvent le croirent.

C'est que  dès ce jour, l’assemblée nationale met les internautes en veille citoyenne par la mise en place d’un système d’alerte nous permettant d’être prévenus en temps réel des documents parlementaires publiés sur le site internet de cette vénérable institution. Et donc de nous mettre en liaison permanente et automatique avec son Palais Bourbon. Pas le Four Roses, il estjaponais.

Certes, cela peut nous conforter dans la volonté des, encore, députés de la mise en place de la guillotine sanguinolente et de son bol d'osier,dans son horrible scission définitive entre le peuple de citoyens électeurs et ses élus, non, sa gouvernance aux fiefs attribués.

Mais bon, nous n’y sommes pas encore. D’autant que nous serons prévenus automatiquement de l’activité du palais, des débats dans l’hémicycle, de la tenue d’une commission, du dépôt des amendements, des questions posées par votre, notre, nos députés au gouvernement.

Et une bonne nouvelle l’abonnement est gratuit

Il nous faut tout simplement créer un compte personnel sur le site de l’assemblée nationale et hue la ménagerie ouvre sa messagerie.

Depuis le signet ‘’suivi personnalisé’’ puis ‘’suivi des questions’’ puis ‘’suivi de recherche’’ même un ‘suivi thématique’ directement épinglé au double fessiers de votre député, le votre, rien que le votre !

Alors, munis de toutes vos fiches, et en conséquence, le pieds qui vous démange va pouvoir partir.

Je pense que c’est beau la démocratie.

 

Assemblée nationale ~ Les députés, le vote de la loi, le Parlement français


25/08/2009

Enfin, une victoire pour notre Diva Rama. Et bien à propos puisque c’est d’air dont s’agit

Enfin, une victoire pour notre Diva Rama. Et bien à propos puisque c’est d’air dont s’agit. Pour les droits de l’homme, le vent elle est spécialiste.

 

 

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Hein qu’il est beau notre français champion du monde.

 

 

 

Et dire que la France et ses ministères aux pléthoriques subventions au rabais, ne lui a même pas versé un seul centime d’euro à crédit sur trente ans.

Et même que Rama ne savait pas. Personne ne l’avait prévenue. Tous des fonctionnaires de merde.

 

Faut dire que pour son prédécesseur, sur que le Français Sylvain Quimene faisant parti de la longue liste des tafioles pour sport de gonzesses, tiens c’est souligné en rouge, il est vrai que tafiole est souvent dit, rarement écrit, il était éliminé illico presto.


Mais c’était sans compter sur ma copine, qui, elle, adore l’air guitar. C’est qu’elle adore, oh comme elle adore le pays à la parole de vent.


Bon tout de suite, apportons notre soutien à Bernard Laporte qui avait  peut-être raison. Vendredi soir, ce treize du mois, ‘Gunther Love’, c’est sylvain inséré dans sa tenue léopard sur moulante particulièrement vers l’entre-jambes, a fait dévisser toutes les jurées. Les jurés eux ont rigolé. D’accord ils sont Finlandais tout comme notre Bernard du Pilat.

Cependant Sylvain a gagné de haute lutte, avec des mouvements de danse acrobatique à faire frémir le clan de guitar heroes, mais surtout sa tenue détonante. Ce qui est quand même déplacé lorsque l’on mime une chanson de rock d'heavy metal en championnat du monde avec les americains, les australiens, les japonais, en tout, plus de 21 pays, et c’est notre Sylvain Gunther Love qui a raflé la mise avec plus de 35,1 point, Hot "Lixx Hulahan" Graig en vrai plafonne à 24,8 en finissant ex ecquo lui et son pote l’australopiscotèque, "William Ocean" Andrew que pour sa mère.


Mais il y eut une couille dans le potage.

Ca devait arrivé.


Sauf a truquer les sondages, payer les juré€s, casser et la guitare et la voix, écrire les noms sur les bulletins de vote en montagnard baisequontient maritime, langue usitée par tous, en bref sauf à électioner comme n'importe quel Nicolas Sarkozy, personne ne peut faire une aussi grande différence en soixante secondes.

Je remarque que ce Sylvain love, par le plus grand des hasard dispose du pourcentage électorale souhaité par Nicolas Sarkozy 35% Et comme c’est bizarre, je ne crois pas mais alors pas au hasard. Alors ? Rama ?

et avec un, Le, The,  Parti socialiste enfin rétrouvé a 24,8.

Mais enfin au moins, on sait donc comment Sarkozy va obtenir ses 35 % au premier tour,

Brasser de l’air.

Et plagier Gunther love, en mimant de façon dérisoire la gestuelle d'un président de la république, le tout sans république.

Et passer un costume moulequeue de pie.

Au moins il ne prendra personne en traitre.

 

Là il fera ce qu’il pourra.

Nicolas Sarkozy, ce sont ceux qui le pompent qui en rient le mieux.

Nicolas Sarkozy, ce sont ceux qui le pompent qui en rient le mieux.

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Elle est pas belle la France en short.

 

En vrai comme on se doit de l’écrire sur un blog partenaire du citoyen, ah ça c’est beau je vais le mettre de côté, n’est ce pas que se sera beau dans un discours politique, … partenaire du citoyen, «  ils se foutent carrément de sa gueule » à not p’tit Nicolas, et avec nos sous et notre épargne logement et notre livret a et notre livret b que notre de plus en plus petit Nicolas leur a donné. 350 milliards quand-même.

Il faut dire qu’ayant vidé nos bourses, il pouvait prétendre à un peu plus d’attention pour son image. Déjà, lorsqu’il doit payer ses frais personnels de sa poche, il roule en vélo.

Pourtant les français donnent, non, on, non, Nicolas Sarkozy prend par la force et l’effraction, par sa loi, l’argent épargné par les français les plus pauvres, l’argent placé à la caisse d’épargne ou la poste servait, et sert de plus en plus à payer les coups durs imprévus que reçoivent les français socialement précaires, pour organiser un vol, c’est un vol, on va dire dol, c’est la même chose tout aussi injustifiable mais moins justiciable, dégagé des livrets par 0,75% d’intérêts annuel pour que ces banques le prêtent aux même socialement précaires à pas moins de 17,6% pour un an, avec pour condition d’octroi une situation stable et un contrat de travail indéterminé.

 

Alors pour la septième fois depuis le début de l’année, Nicolas Sarkozy président de la république et de tous les français va recevoir les banques, pour une chose de la plus haute importance, le paiement des arrièrés de primes dévolus au traders, tous ceux qui ont fait exploser l’économie française, qui ont déjà mis 500 000 français sur le flanc, qui contraignent 350 000 français a travailler le dimanche en étant payé comme un jour de semaine, et surtout la crise a venir, qui, elle, est dans les starting-block, avec l’impulsion de plus de deux millions de chômeurs supplémentaires, entre autres balivernes, comme la cessation de la fabrication des airbus.

Alors pour le rendez-vous de ce matin à l’Elysée dans quelques demi-heures, j’ai un truc.

Nicolas Sarkozy, pour les faire patienter, un an ou deux, doit proposer aux traders, la légion d’honneur pour services rendus à la nation.

 

Ha suis-je bête. Un soir j’ai entendu et vu sur canal dans le journal de Michel Denisot, Christine Lagarde demandait des conseils d’économie aux traders vendant leur dernier opus . Comment on coule une économie.

29/11/2008

Mieux vaut faire confiance au bon dieu qu’à ces seins.

Pro(po)sé par martingrall. Mais avec

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Blancs les seings bien sur. Petits chenapans. D’Autant que le bon dieu pour l’heure est noir. Et il ne chasse pas les marchands du temple. Il fait dans l’économie spéculative et s’appelle Obama.
Et à l’heure ou not Président Nicolas s’essaie à la tour d’ivoire unipersonnelle, mieux vaut lire l’original.

Donc, M. Barack Obama créé un comité consultatif sur l'économie, composé de messieurs Paul Volcker et Austan Goolsbee. Ils dirigeront ce groupe d'étude de la politique financière du gouvernement Obama. Youpi ou pas. Mr Obama est patriote c’est à dire tout pour lui, l’Amérique, et le reste, on verra.

La détermination du président élu, M. Barack Obama, à appliquer de nouvelles idées et des perspectives novatrices à la solution de la crise économique aux États-Unis s'est concrétisée par la création du « comité consultatif du président sur la relance économique » qui analysera la politique économique fédérale d'un œil détaché et prodiguera ses conseils d'expert au président sans pour autant faire partie de son gouvernement.

S'adressant le 26 novembre à la presse réunie à Chicago, M. Obama a indiqué que ce comité serait dirigé par l'ancien président de la Réserve fédérale Paul Volcker avec l'assistance du professeur de l'université de Chicago Austan Goolsbee en tant qu'économiste principal et chef du personnel.

M. Obama a expliqué la création de ce comité par le fait que, selon lui, l'élaboration de la politique économique à Washington était devenue trop isolée du monde réel : « Le cloisonnement des salles de discussion peut parfois écarter les idées nouvelles et les voix de l'innovation. À ce moment-là on s'isole dans une « tour d'ivoire collective » : ceux qui travaillent dans les bureaux de Washington n'ont pas toujours la notion de ce qui se passe à l'extérieur, ne savent pas distinguer les programmes et les mesures qui marchent pour les particuliers et les entreprises, de ceux qui ne marchent pas. »

M. Obama informe que Paul Volcker, Austan Goolsbee et leurs collaborateurs (non encore désignés) proviendraient des milieux des affaires, du travail, des universités et d'autres milieux, et exprimeraient de manière « franche et nette » leur avis sur la politique économique de son gouvernement. Ils vont rendre compte régulièrement à M. Obama, au vice-président élu Joseph Biden et aux autres hauts membres de la nouvelle équipe « afin d'introduire un peu de contestation dans certaines de nos hypothèses, de s'assurer que nous ne ressassons pas toujours les mêmes idées », a souligné le président élu.

M. Volcker a un long palmarès en matière de service aux États-Unis. Il était déjà président de la Réserve fédérale au sein des gouvernements Carter et Reagan pendant les années 1970-1980. M. Obama sera le sixième président pour lequel M. Volcker aura travaillé. Conseiller économique du président élu pendant sa campagne électorale, M. Volcker est actuellement membre de son comité consultatif économique de transition.

« Paul est resté à mes côtés tout au long de ma campagne, déployant une vaste connaissance des marchés financiers, une longue expérience de gestion des crises économiques et une vue pénétrante de la nature mondiale de cette crise en particulier », a déclaré M. Obama. « Il n'hésite pas à s'exprimer franchement. Il me paraît avoir des opinions bien arrêtées (...) et son service à la nation est long et distingué. »

M. Goolsbee est un conseiller économique de M. Obama depuis la campagne sénatoriale de ce dernier dans l'Illinois en 2004. Professeur d'économie à l'université de Chicago, il est l'auteur de commentaires publiés dans le New York Times.

« Austan est l'un des cerveaux économiques les plus avancés de notre pays ; on lui reconnaît ses travaux très originaux en matière de politique fiscale et d'organisation industrielle. Il est l'un des théoriciens économiques qui m'ont le plus influencé dans ce domaine. »

Par ailleurs, interrogé au sujet de la composition de son cabinet, le président élu a déclaré qu'il visait à combiner « l'expérience et des idées neuves » dans sa sélection des membres de son équipe de ministres et de proches conseillers. Selon lui, beaucoup d'Américains seraient inquiets si, à une période aussi critique de l'économie américaine, il ne rappelait pas auprès de lui des responsables du gouvernement Clinton qui ont l'expérience du gouvernement fédéral : « Il nous faut des gens prêts à démarrer dès le jour de l'investiture. »

M. Obama a ajouté que la « vision de changement » qui doit guider la ligne d'action de son gouvernement « viendra essentiellement, et tout d'abord, de moi ».

« Mon travail consiste à insuffler une vision de la route que nous allons suivre et à m'assurer que toute mon équipe la suit », a dit le président élu. Le nouveau comité consultatif économique « offrira « une diversité d'opinions qui de certaines manières renforceront l'orthodoxie et de certains autres s'en écarteront sensiblement. »

26/11/2008

Voila la véritable histoire de la crise économique ses mots et ses remèdes (en proposition)

par martingrall,

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Une chose est sure, tout ce que dit Nicolas Sarkozy n'est ni écris dans l'évangile selon saint Pïerre, ni taillé dans le marbre de Moïse. Ah, je me souviens lorsque Charlton dscendait du mont Sinaï avec ses tables encore fumantes. Elles aussi etaient écrites des deux côtés. Tous tombaient à genoux. Ben avec Nicolas, au G20, Les journalistes et autres correspondants sur place, étaient dubitatifs. Certains riaent ce qui rendait Notre président sur les dents et tout colère. Il est vrai que l''écho de Paris leur revenait quelqe peu perturbé. Aussi pour laver de tous soupsons notre Nicolas, Voila la véritable histoire de la crise économique et les causes de la crise financière, ses mots et ses remèdes (en proposition)

Les résultats de la réunion du G20 à Washington - Les grandes puissances économiques et les causes de la crise financière

Washington - Le groupe des Vingt (G20) a manifesté sa volonté de dénouer la crise financière mondiale, notamment en apportant des réformes au système financier mondial. Toutefois, des économistes américains ont des idées divergentes au sujet des résultats de la récente réunion du G20 à Washington ; certains estiment que ce n'est « ni une déception ni un triomphe », tandis que d'autres pensent que les résultats sont « meilleurs que prévu ».

L'opinion d'un professeur d'économie et de sciences politiques de l'université de la Californie à Berkeley, M. Barry Eichengreen, se situe entre ces deux points de vue. Il a déclaré qu'il aurait été peu réaliste de s'attendre à ce que les chefs d'État et de gouvernement des 19 États membres du G20 et les représentants de l'Union européenne qui se sont réunis à Washington le 15 novembre « résolvent tous les problèmes économiques du monde en un jour ».

Pour sa part, la directrice de l'Institute for International Business, qui relève de l'université de Toronto, Mme Wendy Dobson, a indiqué que, vu le temps qu'ils avaient eu pour se préparer, les participants à la réunion avaient fait ce qui était nécessaire : ils ont entamé une nouvelle tâche en définissant un ordre de priorité, créé un groupe de spécialistes, fixé des délais et prévu des réunions pour la période à venir.

Certaines idées quant à la réforme à moyen terme de la réglementation, notamment en ce qui concerne le renforcement de la surveillance de produits financiers complexes ou l'accroissement de la coopération, avaient été envisagées avant la réunion de Washington, mais les dirigeants ont cependant réussi à institutionnaliser un processus destiné à appliquer certaines de ces idées, à élargir la portée de plusieurs d'entre elles et à accélérer l'application d'autres.

« Il s'agit là d'un certain progrès » même s'il faudra certainement des années avant que des changements aient bien lieu », a fait remarquer M. Eichengreen.

Les recommandations adoptées lors de la réunion de Washington ont porté sur les domaines qui avaient contribué aux turbulences sur les marchés financiers : les produits financiers complexes, les fonds spéculatifs, les opérations sur le marché hors cote, les agences de notation, les opérations hors bilan et la gestion des banques. Que ces recommandations aboutissent à un système financier moins défectueux ou moins susceptible de provoquer une crise dépendra des détails de leur application, ont indiqué des spécialistes.

Il est cependant possible de faire des progrès, selon M. Eichengreen. À la suite de la crise financière de la fin des années 1990 en Asie, des pays asiatiques ont défini les problèmes et mis en œuvre des réformes avec l'aide d'organismes financiers multilatéraux. Il s'ensuit que l'Asie est actuellement moins touchée par la crise actuelle que toute autre partie du monde.

Cette fois-ci, les ministres des finances et les organismes de réglementation doivent s'attaquer aux problèmes qui découlent de la mondialisation des marchés financiers.

Le principal problème a trait à l'insuffisance de la réglementation nationale des flux financiers transfrontaliers et de l'innovation financière, a dit Mme Dobson. Certaines des recommandations du G20, telles que la création d'un collège de superviseurs bancaires, tentent de s'attaquer à ce problème en soumettant l'innovation financière à un examen plus détaillé sans l'entraver. Quelle que soit la forme éventuelle de cet examen, il sera nécessaire de coopérer davantage, et il faut espérer que ce sera là l'un des grands changements qui proviendront de cette crise, a-t-elle déclaré.

Selon M. Eichengreen, la crise a montré que la réglementation au niveau national ne donnait pas de bons résultats lorsque les marchés étaient liés entre eux. Par exemple, lorsque des titres adossés à des crédits hypothécaires américains ont perdu la plus grande partie de leur valeur, ils ont causé de graves problèmes financiers pour la municipalité d'une petite ville norvégienne qui en détenait. De même, le dépôt de bilan de deux grandes banques islandaises a touché des Britanniques et des Néerlandais qui avaient un compte dans ces banques.

Toutefois, du fait que le monde se compose d'États souverains, a-t-il dit, il est peu probable que les tentatives radicales visant à réinventer l'architecture financière mondiale aboutissent. Le nouvel ordre financier ne sera, selon lui, qu'une version renforcée de l'ancien.

D'après de nombreux spécialistes, le rôle accru du Forum de stabilité financière, organisme consultatif international, et la possibilité pour les pays émergents d'en faire partie vont permettre d'orienter sur la bonne voie les projets de réforme. En outre, le Fonds monétaire international (FMI) peut faire progresser ces projets de réforme du système financier mondial en s'acquittant des obligations découlant de ses statuts.

Jusqu'ici, le FMI n'a pas joué le rôle qui lui est imparti dans le système financier parce que des États membres puissants ont souvent refusé de respecter ses règles. Les tentatives de ces dernières années visant à rendre ce fonds plus représentatif et plus efficace ont eu peu d'effet.

Le fait de demander au FMI d'appliquer des règles en vigueur et de nouvelles normes fixées à l'avenir par le Forum de stabilité financière n'aura pas plus d'effet tant que ses États membres ne lui donneront pas une plus grande légitimité et une plus grande indépendance, estiment les observateurs.

Le FMI continuera d'être réticent à critiquer les pratiques financières de pays qui contribuent à son financement s'il n'est pas mieux protégé contre les pressions politiques, a dit M. Eichengreen.

Les mesures convenues pour l'immédiat par les chefs d'État et de gouvernement des États membres du G20 en vue d'inverser le grave ralentissement de l'activité économique sont quelque peu décevantes, selon certains spécialistes. Le G20 s'est prononcé en faveur de mesures budgétaires destinées à relancer la demande en général, mais n'a pas adopté de plan d'action coordonnée à cet effet. Il a également préconisé que le FMI apporte un concours financier suffisant aux pays émergents et en développement, mais sans recommander un montant précis.

L'élément le plus essentiel des mesures convenues est, selon certains, dont M. Eichengreen, l'engagement de ne pas ériger de nouveaux obstacles au commerce ou aux investissements pendant les douze mois à venir et de tenter de relancer les négociations de Doha.

06/11/2008

Aux Français de se faire une opinion.

par martingrall.

Il était devenu difficile de transmettre quoi que ce soit.
Il est encore plus difficile d’admettre que nous attendons toujours un événement extérieur pour mettre un pas après un autre pas.
Il est difficile d’être dans le petit nombre.

Pourtant.
Pourquoi ne pas admettre que l’élection de Barak Obama soit une victoire.
Pourtant.
Pourquoi ne pas accepter que cette victoire nous concerne.

L’interactivité de la communication rend les journalistes appointés, des relais d’opinions privées. Des rédacteurs relais du politique, instaurant l’orientation de l’ignorance.
La France a renouée avec sa logique viscérale.
« Voilà ce que vous devez retenir de l’information »
« Voilà ce que la rédaction a retenu pour votre information »
Lisons. « Voilà ce que la rédaction a retenu pour votre formatation »
Le journalisme français est une belle machine. Du mensonge et de la falsification.

Pourtant. de plus en plus de « voix » s’élèvent pour demander une information juste et sans truquage. Une information brute.
D’ailleurs des femmes et hommes politiques demandent que l’on dise la vérité aux français.

« Dire la vérité aux français ». Aux Français de se faire une opinion.

Et parce qu’on le veuille ou pas, les Etats-Unis seront toujours la dernière parcelle de lucidité des peuples libres. la question d’un journaliste américain sur la couverture médiatique de l’élection américaine pose bien le propos.


« La renaissance du journalisme indépendant est nécessaire selon un spécialiste

Bill Kovach affirme que la couverture médiatique de l'élection américaine a été abandonnée aux partisans politiques.

- La couverture médiatique de la campagne électorale de 2008 montre que le journalisme américain se trouve à une croisée des chemins, a affirmé Bill Kovach, ancien rédacteur en chef du bureau du New York Times à Washington qui est maintenant conseiller principal auprès du Projet Excellence en matière de journalisme. Il a exhorté les milieux journalistiques à réaffirmer leur rôle de fournisseurs indépendants d'information vérifiée.

La couverture médiatique allant au-delà de reportages sur ce que disent ou font les candidats a largement été abandonnée aux partisans politiques qui essaient de dicter au public une certaine façon de penser et d'interpréter les slogans des partis. « Ce n'est pas du journalisme », a affirmé M. Kovach.

Il a tenu ces propos le 23 octobre à Washington, devant un groupe de journalistes étrangers qui participaient à un programme du département d'État qui leur a permis de suivre le déroulement de la campagne électorale dans l'ensemble des États-Unis jusqu'au jour de l'élection.

La mission du journaliste est de fournir à son public l'information dont il a besoin pour prendre des décisions en connaissance de cause. Le journaliste doit être avant tout « dévoué aux citoyens » et s'appuyer sur les principes fondamentaux de la vérification et de l'impartialité pour fournir les renseignements les plus proches possibles de la vérité qu'il peut obtenir et diffuser.

Or la couverture médiatique de la campagne de 2008 a été reprise par des politiciens influents, des responsables des partis et d'autres personnes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas « divulguer complètement ce qu'ils savent ou qui ont un intérêt à favoriser dans l'issue du scrutin ».

Au lieu d'offrir des explications indépendamment vérifiées sur les idées des candidats et un récit impartial de leur passé, « nous avons un journalisme qui est orchestré, en fait, par les partisans d'un parti ou de l'autre, ce qui est l'antithèse du journalisme ».

M. Kovach a affirmé qu'en conséquence, il n'était pas sûr de savoir ce que ferait un gouvernement McCain ou Obama, sentiment qu'il n'avait pas éprouvé lors des précédentes campagnes électorales.

Dans le même temps, même si les journalistes qui vérifient la véracité des propos des candidats ont fait « un meilleur travail que jamais », cela a eu moins d'effets que les années précédentes parce que les campagnes continuent de claironner leurs slogans, même lorsqu'il a été prouvé qu'ils sont fallacieux. De plus, les médias répètent allègrement cette désinformation sans inclure les renseignements fournis par ceux qui vérifient les faits.

« Et ça, je ne le comprends pas, a dit M. Kovach. Ce n'est pas seulement de la paresse. C'est stupide. »

À la recherche d'un journalisme de qualité

M. Kovach s'est déclaré troublé par l'actuelle situation et a l'intention d'organiser des réunions avec des journalistes et des universitaires « pour engager une sérieuse discussion » sur une couverture médiatique de la scène politique axée sur les responsabilités essentielles des journalistes et sur la nécessité de s'éloigner de la « recherche d'une audience de masse » qui les anime trop souvent.

Le souci d'obtenir des revenus publicitaires pousse en effet les médias à se donner pour objectif la recherche de l'audience la plus vaste possible. Cela a entraîné une augmentation de reportages superficiels visant plutôt à distraire qui s'est accompagnée d'une diminution des informations plus sérieuses - mais moins divertissantes - susceptibles d'offenser et de détourner certaines personnes du média en question.

Aujourd'hui, a dit M. Kovach, le journalisme est en quête d'un modèle économique qui lui permettra de maintenir sa qualité sur l'Internet. Cela doit être fait rapidement et bien. Les nouveaux mécanismes de communication offerts par l'Internet sont très puissants et peuvent « être la source de l'information la plus minutieuse, la plus prudente et la mieux vérifiée jamais diffusée ». Cependant, l'Internet est également une source de confusion et de manipulation de l'information, a-t-il ajouté.

« Tôt ou tard, soit il servira le public, soit il placera le monde entre les mains d'une oligarchie qui dictera nos pensées et nos actions. » Il a comparé cette situation à celle qui régnait en Europe avant le siècle des Lumières, lorsque les idées et les pensées du commun des mortels n'étaient pas prises en compte et lorsque les citoyens ne disposaient d'aucune information fiable pour se forger une opinion.

Les journalistes doivent rechercher le juste milieu de l'information vérifiée au sein d'une audience de plus en plus divisée et frustrée.

« Nous devons maintenir le flux d'informations vérifiées, expliquer que ce n'est pas notre opinion personnelle, et indiquer d'où nous tenons nos renseignements. Nous pouvons créer ce type de journalisme avec les nouvelles technologies, si nous trouvons une base économique pour le soutenir. » «





09/07/2008

Sarkozy dans la panade des relations Franco Africaine, Peut-être Frico-Française. mais

Proposé par martingrall,

Nixon et Bunche pressentirent et forgèrent l'avenir des relations américano-africaines et créèrent le Le Bureau Afrique du département d'État. Ce bureau, comme c'est bizarre encourage les relations avec l'Afrique depuis un demi-siècle. Soit à peu près à la date du départ des colons français. Mais ne tempérons pas notre joie sur ces cinquante années de relations américano-africaines.

Bien sur je ne partage pas tout-à -fait le point de vue, voir, y suis totalement opposé. on ne substitut pas, une colonialisation par un expansionnisme tout aussi dévastateur. Mais. il s"agissait de contrer de manière mercantile les pays communistes puissants, URSS et chine.

La création du Bureau des affaires africaines par le gouvernement Eisenhower, voilà maintenant un demi-siècle, marqua une rupture audacieuse dans la politique africaine du département d'État, naguère eurocentrique, voire quasi coloniale.

Loin d'être une décision prise dans un vide bureaucratique, la naissance de ce bureau fut le produit de l'interaction de trois des grandes forces du milieu du XXe siècle, à savoir le mouvement en faveur des droits civiques, la guerre froide et la décolonisation.

Ralph Johnson Bunche, du département d'État, et Richard Nixon, vice-président pendant les deux mandats de Dwight Eisenhower avant de devenir lui-même président, exemplifièrent ces forces et, dans une mesure importante, ce sont eux les parrains intellectuels du bureau Afrique. Ces deux personnalités dominantes du milieu du XXe siècle, aussi différentes fussent-elles, incarnèrent les nombreuses pistes, souvent contradictoires, de la politique étrangère des États-Unis à l'égard de l'Afrique. Leurs chemins eurent rarement l'occasion de se croiser, mais la puissance de leurs idées et les intérêts qu'ils personnifiaient déterminèrent dans une grande mesure le cours de la relation entre les États-Unis et le continent dans les décennies à venir et ils l'expliquèrent aussi.

Fait intéressant, les deux hommes étaient originaires du sud de la Californie, au début du XXe siècle - à une époque où le dernier chapitre de la conquête de l'Ouest venait de se conclure, mais pas avant d'avoir donné naissance à une société ouverte dans laquelle les castes raciales du Sud et les tensions entre les classes dans le Nord n'avaient pas prise. Issus d'un milieu modeste, les deux hommes bénéficièrent de bourses pour faire des études universitaires.

UN AFRICANISTE PROFESSIONNEL

Dans les années 1940, Ralph Bunche avait déjà affermi une réputation de politologue de renom ; titulaire d'un doctorat que lui avait décerné l'université Harvard, il créa un programme d'études africaines à l'université Howard, à Washington. Il était particulièrement sensible au lien intime entre le racisme institutionnalisé aux États-Unis et le colonialisme en Afrique. « À nous autres Afro-américains, il ne nous est pas donné de jouir pleinement des fruits de la démocratie ; nous n'en goûtons que les épluchures. »

Cet africaniste professionnel visait encore plus loin. En 1941, il intégra l'équipe du sociologue suédois Gunnar Myrdal qui effectuait une étude, financée par la fondation Carnegie Endowment, sur les relations raciales aux États-Unis. Ralph Bunche fit le bilan de ces travaux de pionnier qui fut publié sous le titre « An American Dilemma » (1944), l'ouvrage qui allait fournir le plan directeur du mouvement en faveur des droits civiques dans les vingt années à venir. En outre, il comprenait parfaitement les prolongements de la Charte atlantique, le document américano-britannique signé en 1941 et qui faisait de la liberté de tous les peuples l'objectif central de la cause des Alliés en temps de guerre.

Après Pearl Harbor, Bunche travailla brièvement pour l'Office des services stratégiques (le précurseur de la CIA) en qualité d'africanologue. Il intégra ensuite le Bureau du département d'État pour les affaires proches-orientales, sud-asiatiques et africaines à titre d'africaniste résident avant d'occuper un poste à l'Organisation des Nations unies qui venait d'être créée, en 1945. Dans cette capacité, il se consacra au dossier de la décolonisation quand il n'était pas occupé à inventer les forces de maintien de la paix internationale ou à partir en mission pour l'ONU, ce qui lui valut d'ailleurs le prix Nobel de la paix en 1950 pour avoir négocié le cessez-le-feu entre Israël et les Arabes.

En 1949, le président Truman lui proposa le poste de secrétaire d'État adjoint pour les affaires proches-orientales, sud-asiatiques et africaines, mais il le refusa. Après avoir enseigné à l'université Howard et travaillé pour le gouvernement des États-Unis pendant la Deuxième Guerre mondiale, il refusa de vivre à Washington sous l'emprise des lois Jim Crow ou de travailler dans un service où l'Afrique était, au mieux, une parenthèse professionnelle. Comme il l'expliqua à l'époque, « tout le monde connaît les lois Jim Crow à Washington. On sait tout autant que pas un Noir ne trouve Jim Crow sympathique. Je suis noir. » (Les lois Jim Crow, promulguées aux États-Unis entre 1876 et 1965, établissaient le principe de la ségrégation raciale dans les lieux publics sur la base du traitement « distinct, mais égal ».)

Il consacra le reste de sa carrière et de sa vie à l'Organisation des Nations unies, où il se distingua par les efforts qu'il déploya en faveur de l'adoption d'un calendrier de décolonisatiotn de l'Afrique dans les meilleurs délais. Étant le citoyen des États-Unis le plus haut placé dans la hiérarchie de l'ONU, il put mieux que quiconque encourager discrètement Washington à faire pression sur les Européens pour qu'ils accélèrent l'indépendance de leurs colonies africaines. Et c'est dans ce contexte que la carrière de Ralph Bunche vint croiser celle de Richard Nixon.

ET UN RÉALISTE PAR EXCELLENCE

De dix ans le cadet de Ralph Bunche, Richard Nixon était membre de la « Greatest Generation », un ancien combattant de la marine pendant la Deuxième Guerre mondiale. Du temps de la guerre froide, lorsqu'il siégeait à la Commission de la Chambre des représentants sur les activités anti-américaines (House Un-American Activities Committee, HUAC), il s'était acquis la réputation d'être un chien d'attaque. Sa cible la plus célèbre était Alger Hiss, qui, de 1936 à 1946, avait travaillé au département d'État à divers postes axés sur la planification de l'après-guerre. Faisant preuve d'un talent publicitaire de génie, Nixon poussa la commission HUAC à enquêter sur les liens entre le haut fonctionnaire et le parti communiste américain ; Alger Hiss fut reconnu coupable de faux témoignage et condamné à quarante-quatre mois de prison. Son dévouement à la cause de la lutte anti-communiste ainsi établi, Nixon se fit élire au Sénat et, en 1952, Dwight Eisenhower, candidat à la présidence, le choisit pour colistier.

Dans les années 1950, l'Afrique ne figurait pas en tête de liste des régions du monde que privilégiait la Maison-Blanche. Quant au département d'État, il traitait l'Afrique comme un appendice de l'Europe, ce que du reste elle était, politiquement parlant. Le Bureau des affaires proches-orientales, sud-asiatiques et africaines avait pour aires de responsabilité non seulement le continent africain, mais aussi l'ensemble du monde colonial. Quand le Ghana accéda à l'indépendance, en 1957, l'Afrique subsaharienne ne comptait que trois pays souverains, à savoir le Libéria, l'Éthiopie et l'Afrique du Sud.

Le reste du continent se composait de colonies qui appartenaient à nos alliés d'Europe de l'Ouest. Les États-Unis possédaient bien des consulats, éparpillés dans les villes qui deviendraient un jour des capitales nationales, mais ceux-ci recevaient leurs instructions de la part des ambassades des États-Unis à Londres, à Paris, à Bruxelles et à Lisbonne et c'est à elles aussi qu'ils rendaient des comptes. Ces puissances coloniales formaient le noyau de l'OTAN, et c'étaient la sécurité et la reconstruction de l'Europe de l'Ouest qui les préoccupaient avant tout - un sentiment que partageait Washington. Pas un ambassadeur qui représentait son pays à l'OTAN n'allait plaider en faveur de la décolonisation de l'Afrique avant d'avoir fini la tâche de la reconstruction et de l'endiguement du communisme.

Toujours aussi réaliste, Nixon voyait les enjeux différemment, en particulier après la tournée qu'il fit en Afrique en 1957 et qui éveilla son sens de la stratégie. Il vit de ses propres yeux les mutations dynamiques en cours et il prit conscience du potentiel du continent : appuyer la décolonisation, c'était cultiver des alliés potentiels contre le communisme, ou tout au moins dissuader l'expansion communiste.

C'est au cours de cette tournée que Nixon et Bunche se croisèrent. Le premier représentait les États-Unis, et le second l'ONU, aux cérémonies marquant l'indépendance du Ghana, la première colonie britannique d'Afrique subsaharienne à accéder pleinement à l'indépendance. L'histoire n'a toutefois pas gardé de traces d'une éventuelle conversation entre ces deux hommes. C'est un troisième Américain, le charismatique Martin Luther King Junior, qui monopolisa l'attention des médias et des Ghanéens.

Dans le rapport qui fut rédigé à l'issue de sa tournée, Nixon recommanda l'adoption d'une nouvelle politique à l'égard de l'Afrique, une politique audacieuse qui s'articulerait autour des thèmes d'une présence universelle, de l'octroi d'une assistance économique au développement, du soutien de l'éducation, de la mise en place de programmes culturels et d'information dynamiques et visibles et de la création d'un Bureau des affaires africaines placé sous la responsabilité d'un secrétaire d'État adjoint. Sa démarche offrait une vision cohérente du partenariat souhaité avec la région, aujourd'hui le socle de la politique des États-Unis à l'égard de l'Afrique.

Dans les mois qui suivirent, Nixon fit pression sur le Sénat pour qu'il entérinât la création de ce nouveau bureau. Selon l'historien Jonathan Helmreich, les pressions sans relâche qu'exerça le vice-président contribuèrent dans une grande mesure à convaincre les bureaucrates du département d'État de poursuivre rapidement un objectif qui bénéficiait déjà d'un large soutien. En fait, le rapport de Nixon s'inscrivait dans le droit fil de l'opinion bien arrêtée du secrétaire d'État, John Foster Dulles, selon lequel une décolonisation bien ordonnée servait l'intérêt des États-Unis, qui était d'atténuer l'influence des Soviétiques. En outre, il est clair que l'ambitieux Nixon s'employait à marquer des points en politique étrangère dans la perspective de sa candidature à la présidence, et l'Afrique lui offrait une ouverture qui n'agiterait pas les esprits et à laquelle ni Eisenhower ni Dulles ne s'opposaient.

Ceci étant, Nixon laissa derrière lui plus qu'une réorganisation bureaucratique. Au cours des années qui suivirent, le bureau Afrique allait donner naissance à la formation d'un groupe d'africanistes. Le premier secrétaire d'État adjoint du Bureau, Joseph Satterthwaite, diplomate de carrière, mit le processus en branle, tirant pleinement parti des postes offerts à tous les niveaux dans des dizaines de nouvelles ambassades. Puis, sous les gouvernements Kennedy et Johnson, l'ancien gouverneur du Michigan, G. Mennon Williams sut rehausser la place du Bureau à Washington et dans l'ensemble du pays grâce à son habileté politique et à ses accès dans les coulisses du pouvoir.

Une génération plus tard, quand James Baker III était secrétaire d'État, Herman Cohen saisit l'occasion qu'offrait la fin de la guerre froide pour imposer une impressionnante série de mesures à l'égard de l'Afrique australe qui ouvrit la voie au principe du gouvernement par la majorité en Afrique du Sud. (La liste complète des secrétaires d'État adjoints chargés du bureau Afrique figure sur le site Web du département d'État.)

Tous ces secrétaires d'État adjoints, d'autres encore et les professionnels qu'ils guidaient sont devenus « des régionalistes intégrés au système », pour reprendre l'expression d'un célèbre africaniste, le professeur émérite Crawford Young, de l'université du Wisconsin. Même s'il ne leur arriva pas souvent de faire triompher leur cause dans les grandes batailles engagées avec leurs collègues spécialistes d'autres régions ou face aux « mondialistes », comme disait le professeur Young, ils parvinrent pourtant à présenter un point de vue érudit qui faisait naguère défaut.

S'OUVRIR À L'AFRIQUE AVEC, EN TOILE DE FOND, LE RACISME AUX ÉTATS-UNIS.

Dans les années 1950, Eisenhower et Nixon se heurtèrent eux aussi au racisme présent aux États-Unis, encore que sous un visage différent. Ils virent clairement que la politique ségrégationniste sapait la crédibilité de l'Amérique, chef de file mondial de la liberté et de la démocratie. Cette politique tranchait sur les principes de la Charte atlantique et de la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée en 1948, le document qui a en a inspiré d'autres semblables dans le monde de l'après-guerre.

Les Africains percevaient cette contradiction mieux que quiconque. Pendant la guerre froide, alors que le ton montait et que les esprits s'échauffaient, l'Union soviétique exploita les lois ségrégationnistes pour se faire bien voir des Africains. Point n'était besoin de rappeler à ces derniers que les Européens blancs avaient bâti leurs empires sur le dos de l'homme noir, anéantissant ou cooptant leurs institutions pré-européennes dans l'intérêt de la stabilité impériale et des profits tout en les maintenant en état de subordination au sein du système colonial. La propagande soviétique n'avait plus qu'à ajouter que les Américains blancs avaient érigé leur prospérité sur le dos des descendants des Africains noirs et qu'ils les maintenaient en état d'asservissement avec l'aide des lois Jim Crow. Le marxisme offrait la réponse facile d'une idéologie qui assimilait le racisme au capitalisme et qui promettait que la dictature du prolétariat mettrait fin une fois pour toutes à tous les préjugés.

Ce que peu de gens savent, c'est que le département d'État, à partir du gouvernement Truman, avait encouragé les actions en faveur des droits civiques qui visaient à saper le fondement juridique de la discrimination raciale. En 1948, dans une affaire historique, le ministère de la justice soumit à la Cour suprême un mémoire, rédigé dans le style du département d'État, et qui exposait le tort que la discrimination raciale pratiquée aux États-Unis faisait aux relations étrangères. Un autre mémoire du même genre fut présenté à la Cour suprême en 1954, à l'appui de l'affaire historique qui serait bientôt connue sous le nom de Brown v. Board of Education, et dans laquelle la plus haute instance judiciaire du pays statua que la ségrégation raciale dans les écoles publiques était incompatible avec la notion d'égalité et qu'elle était, partant, anticonstitutionnelle. Cet arrêt fut un exemple classique de la diplomatie des actes. Les actes sont plus éloquents que les paroles : l'Amérique se montrait à la hauteur de ses idéaux.

Trois ans plus tard, en 1957, Eisenhower dut faire face à une autre crise en matière de droits civiques, cette fois à Little Rock, dans l'Arkansas. La Maison-Blanche prit bonne note des communiqués officiels que lui envoyaient les ambassades des États-Unis en Afrique et ailleurs : à l'étranger, indiquaient les diplomates, le public suivait de près l'évolution de cette crise, curieux de savoir si les Américains avaient vraiment l'intention d'appliquer la décision de la Cour suprême relative à l'intégration en milieu scolaire. Par son action décisive, Eisenhower renforça l'image d'une Amérique qui joignait le geste à la parole. C'est dans la foulée de la crise de Little Rock que fut créé le Bureau des affaires africaines.

Assurément, comme ce fut si souvent le cas dans sa carrière, l'opportunisme politique joua un rôle dans le soutien que Nixon apporta aux droits civiques - il comptait sur l'appui électoral des Afro-Américains dans les États industriels du Nord, d'une importance cruciale. Pour autant, on s'accorde à reconnaître qu'à ce stade de sa carrière Nixon était motivé autant par des considérations morales et stratégiques, liées à la guerre froide, que par l'ambition. En 1960, Jackie Robinson, le talentueux joueur de base-ball de l'équipe des Dodgers qui fut le premier Afro-Américain à jouer avec des coéquipiers blancs, rédigea un commentaire favorable au sujet de Nixon. À l'époque candidat à la présidence, Nixon lui écrivit une lettre de remerciement dans laquelle il affirma avoir « systématiquement pris parti pour les droits civiques, non seulement en raison des considérations morales en jeu, incontournables, mais aussi pour d'autres motifs qui dépassent le cadre de nos frontières ». En l'absence d'une action énergique en faveur des droits civiques, poursuivit Nixon, « nous serons mal jugés par les nations naissantes et les peuples non engagés. De surcroît, le combat que nous menons actuellement contre les forces du communisme athée est un conflit autant économique qu'idéologique. Nous priver du talent et de l'énergie de dix-sept millions de Noirs américains dans ce combat serait une stupidité de la plus grande ampleur. »

RESSERRER NOS LIENS AVEC L'AFRIQUE

Le legs de Ralph Bunche incarnait le profond intérêt que les Afro-Américains portaient à l'Afrique. Des dizaines d'années avant que le vice-président Nixon ne prône la création de programmes d'échanges culturels destinés à promouvoir l'éducation des futurs dirigeants africains, un petit nombre d'universités (dont un bon nombre étaient historiquement noires) agissaient déjà en ce sens, même si l'Amérique des Blancs ne s'en rendait pas compte. Kwame Nkrumah, diplômé de l'université Lincoln, en Pennsylvanie, et de l'université de Pennsylvanie, guida le Ghana vers l'indépendance. Eduardo Mondlane, le fondateur du mouvement de libération FRELIMO qui fit accéder le Mozambique à l'indépendance, était titulaire d'un diplôme décerné par Oberlin College et d'un doctorat de la Northwestern University.

À partir du XIXe siècle, les missions américaines commencèrent à administer des écoles qui mirent l'enseignement primaire à la portée des Africains qui en avaient été jusqu'alors privés. Ces écoles, ouvertes à tous, éduquèrent des générations de dirigeants africains et, dans bien des pays, elles ont laissé derrière elles un sentiment de bonne volonté envers les Américains. Ellen Johnson Sirleaf, l'actuelle présidente du Libéria, fréquenta un lycée méthodiste. Le président de l'Angola, Jose Eduardo Dos Santos, a dit avoir appris à jouer au basket-ball dans une mission méthodiste.

Aujourd'hui, les facultés et universités historiquement noires aussi bien que la communauté des missionnaires protestants sont les principaux partisans des affaires africaines aux États-Unis. Cette base s'est élargie, maintenant que toutes sortes d'universités ont créé leur propres cours consacrés aux études africaines et qu'elles ont reçu des dons de l'Agence des États-Unis pour le développement international et d'autres organismes fédéraux. L'université Clemson et l'UCLA (dont Bunche est diplômé) sont tout aussi susceptibles que l'université Howard ou Fisk de se prononcer sur des questions africaines.

La politique d'immigration actuelle des États-Unis se ressent du mouvement en faveur des droits civiques. La loi de 1965 relative à l'immigration et à la nationalité tira un trait sur les quotas nationaux qui avaient longtemps favorisé les Européens, ouvrant la porte à l'immigration en masse en provenance du monde en développement. Au départ, les Africains étaient à la traîne, mais à partir des années 1970 la première vague d'immigrants éthiopiens gagna les États-Unis. Nixon, le politicien, aurait apprécié le fait que les Américains d'origine éthiopienne constituent aujourd'hui une communauté ethnique sophistiquée et bien organisée, suivant le modèle des groupes de pression arméniens, polonais et d'autres ethnies puissantes. Somaliens, Érythréens, Kényans, Camerounais et Nigérians se sont tous installés aux États-Unis en grands nombres et ils exercent de l'influence dans le débat sur la politique étrangère.

Un autre legs du mouvement en faveur des droits civiques concerne le changement des attitudes envers l'Afrique de ce côté de l'Atlantique, avec les générations qui passent. Bunche aurait été fier de voir l'engagement des Américains vis-à-vis des Africains, et vice-versa. Le Corps de la paix poursuit sans relâche ses activités depuis 1961, des milliers d'anciens volontaires conservant leur attachement à l'Afrique tout au long de leur vie.

Tout un parterre de célébrités, de Bono à Danny Glover et à Mia Farrow, ont défendu des causes africaines et, fait plus important encore, ils ont attiré l'attention des jeunes sur le continent. Une série de films produits par Hollywood, aussi bien reçus par le grand public que par les critiques, ont présenté des thèmes africains, mis en scène des acteurs africains et ont été tournés en Afrique : les Diamants de sang et Hôtel Rwanda viennent à l'esprit. Les entreprises américaines commencent à s'intéresser à l'Afrique de plus près, le Corporate Council on Africa et le Business Council for International Understanding se faisant l'écho du secteur privé.

Au cours des cinquante dernières années, les relations américano-africaines se sont développées et étoffées. Les Afro-Américains représentent non seulement un pourcentage important de la population, mais on leur doit aussi d'avoir construit l'Amérique, quatre siècles durant, et de l'avoir définie au plan social, culturel et moral. Comme Bunche le supposait implicitement, l'Afrique fait partie de notre identité américaine. Le réalisme de Nixon était plus simple encore : l'Afrique revêt une importance géopolitique certaine. L'Amérique néglige ce fait à ses dépens. Aujourd'hui, un demi-siècle après la création du Bureau des affaires africaines au département d'État, l'engagement des États-Unis avec l'Afrique est plus important que jamais, tant pour les Africains que pour les Américains.

Eh oui! comme c'est beau l'amérique.

La démocratie et son contraire dépendent davantage du marché que des urnes.

La démocratie et son contraire dépendent davantage du marché que des urnes.

Déjà, le principal démocrate en lice pour l’élection présidentielle américaine parle plus de consommateurs que de citoyens.

Et pour nous européens, l’Europe centrale est un pivot de ce changement.

Les historiens d'aujourd'hui sont tentés de réécrire l'histoire des transitions postcommunistes d'Europe centrale et orientale pour la présenter comme l'irrésistible attraction s'exerçant entre la démocratie et le capitalisme. Mais il y a 20 ans, nombreux étaient ceux qui craignaient un scénario catastrophe.

Selon Ivan Krastev, président du Centre for Liberal Strategies de Sofia (Bulgarie), on craignait que l'Europe centrale embrasse la démocratie et rejette l'économie de marché. On constate à présent qu'elle a accepté le libre marché, mais que la démocratie la satisfait de moins en moins.

Si les politologues avaient tendance à convenir que la démocratie et le capitalisme étaient des partenaires tout naturels et que le libre marché et la concurrence se renforçaient mutuellement dans le long terme, on craignait que les réformes politiques et économiques nécessaires pour transformer les sociétés de l'Europe orientale ne se bloquent les unes les autres.

Comment pouvait-on donner aux gens le pouvoir de faire ce qu'ils voulaient et s'attendre ensuite à ce qu'ils choisissent des politiques qui mèneraient initialement à une hausse des prix, à un accroissement du chômage et à un creusement des inégalités sociales ? Tel était le dilemme des transitions postcommunistes.

Selon le sociologue allemand Claus Offe, « l'économie de marché ne peut démarrer que dans un contexte pré-démocratique ». Et le politologue polonais renommé et militant de Solidarnosc, Jadwiga Staniskis, était convaincu que « tant que les fondations économiques d'une authentique société civile font défaut, la mobilisation massive de la population n'est possible que sur des axes nationalistes ou fondamentalistes ».

L'Europe centrale paraissait condamnée à choisir entre le socialisme de marché et le capitalisme autoritaire. Heureusement cependant, ce qui ne marche pas en théorie fonctionne parfois fort bien dans la pratique.

L'Europe centrale et orientale a réussi la transition qui l'a menée simultanément à l'économie de marché et à la démocratie, succès rendu possible par un amalgame magique d'idées, d'émotions, de conjonctures et de dirigeants.

Acceptation des changements économiques

L'héritage du communisme a été l'allié naturel des réformateurs dans la transformation des sociétés d'Europe centrale. Les gens se sont montrés patients et ont adopté les réformes parce qu'ils étaient impatients de rompre avec le communisme. Le début des années 1990 a été une époque surréaliste où l'on a vu les syndicats du travail prôner la contraction de l'emploi et où les anciens partis communistes étaient déterminés à privatiser l'économie.

La colère dirigée contre le capitalisme n'était pas accompagnée d'un parti ni même d'un langage politique capable de mobiliser les perdants de la transition. Le communisme avait érodé la capacité des classes sociales d'agir collectivement. Toute critique du marché était attribuée à une nostalgie du communisme. Les contre-élites anticommunistes, en raison de leur idéologie, et les élites ex-communistes, en raison de leurs intérêts, étaient toutes deux favorables aux changements économiques.

L'aspiration populaire à un « retour dans l'Europe », renforcée par l'attraction qu'exerçaient l'Union européenne et l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord), a permis aux société de concilier les instincts de redistribution de la démocratie et la nécessité d'adopter une vision à long terme et de faire preuve de patience en tant que conditions préalables de la réussite économique. Les choses se sont passées différemment selon les pays, mais l'intégration euro-atlantique a assuré la poursuite des réformes économiques et protégé des retours de flamme politiques.

Le succès des transitions postcommunistes a amené une nouvelle génération de politologues à réévaluer la probabilité d'une émergence simultanée de la démocratie et du capitalisme. Ce qui avait été perçu comme un coup de chance historique a alors été érigé au rang de loi naturelle. Démocratie et capitalisme n'étaient plus considérés comme un heureux ménage, mais comme des jumeaux identiques.

Scepticisme envers la démocratie

On a alors voulu ignorer les tensions entre la démocratie et le capitalisme. Mais il suffit de regarder l'expérience de pays tels que la Russie, la Chine ou le Vénézuéla pour douter de la tendance naturelle du capitalisme à mener à la démocratie et de la tendance naturelle de la démocratie à soutenir le capitalisme.

L'expérience de l'Europe centrale doit également, dans une certaine mesure, être repensée. Un an après l'adhésion des nouvelles démocraties de la région à l'Union européenne, on a assisté à une montée du populisme et du nationalisme avec tous les remous que cela comporte. Le mécontentement à l'égard de la démocratie augmente et, d'après le sondage mondial Voice of the People 2006, contrairement à toutes les attentes, l'Europe centrale est la région du monde où les gens se montrent les plus sceptiques quant aux mérites de la démocratie.

Dans toute la région, le public se méfie des politiciens et des partis politiques. La classe politique est perçue comme corrompue et égoïste. La transition qui a été une réussite retentissante pour l'Europe centrale a aussi abouti à une rapide stratification sociale, dont beaucoup souffrent actuellement alors qu'en bénéficient quelques heureux privilégiés.

De nombreuses vies ont été détruites et de nombreux espoirs trahis au cours du processus de transition. Le fait que les principaux gagnants de la transition aient été les gens éduqués et les membres de l'ancien régime bénéficiant de relations n'a pas contribué à rendre l'évolution acceptable. Les démocraties postcommunistes sont aujourd'hui perçues comme le triomphe non pas de l'égalitarisme, mais de l'anti-égalitarisme des élites communistes d'une part et des élites anticommunistes d'autre part.

Les contraintes extérieures imposées à l'accession des pays à l'Union européenne ont été essentielles pour assurer le succès des réformes, mais elles ont contribué à ancrer l'idée qu'ils étaient des démocraties sans choix réels.

Il y a 20 ans, les théoriciens craignaient que les jeunes démocraties ne prennent pas goût au capitalisme. Ce que nous constatons à présent, c'est que la plupart des populations d'Europe centrale font davantage confiance aux forces du marché qu'aux urnes.

Les impressions et jugements exprimés dans le présent article ne coïncident pas nécessairement avec les miens. Quoique.

La liberté de penser est le seul moteur de l’économie.

03/05/2008

L'UNESCO a choisi tout particulièrement le Mozambique pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse

L'UNESCO a choisi tout particulièrement le Mozambique pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse

Proposé par martingrall,

La célébration à travers le monde de la Journée mondiale de la liberté de la presse le 3 mai attirera l'attention sur la répression dont les journalistes indépendants font l'objet et sur le grand nombre d'assassinats de journalistes qui ont lieu souvent en toute impunité, ont déclaré des défenseurs de la liberté de la presse au service d'information du département d'État.

La Journée mondiale de la liberté de la presse rappellera au monde que 171 journalistes ont été tués dans l'exercice de leur métier en 2007 et que des centaines d'autres ont subi des menaces, ont été incarcérés ou torturés, a déclaré l'Organisation des Nations unies. C'est en 1993 que l'Assemblée générale de l'ONU a désigné le 3 mai Journée mondiale de la liberté de la presse.

Selon le directeur général du Comité de protection des journalistes, dont le siège est à New York, M. Joël Simon, personne n'avait pensé au moment de l'instauration de la Journée mondiale de la liberté de la presse qu'elle aurait une aussi grande résonance.

Cette journée, a-t-il dit, est marquée par une multitude de rassemblements, de manifestations et d'éditoriaux destinés à attirer l'attention du monde entier sur la violence et la répression qui frappent les médias dans de nombreux pays.

L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) organisera cette année ses principales activités au Mozambique, où la presse jouit d'une grande liberté depuis la fin de la guerre civile en 1992.

Toutefois, a fait remarquer M. Simon, l'assassinat d'un journaliste mozambicain réputé, Carlos Cardoza, en novembre 2000, a traumatisé le petit nombre de journalistes indépendants de ce pays. Cet assassinat a reçu une grande attention tant au Mozambique qu'à l'étranger. Carlos Cardoza était considéré comme un journaliste qui n'avait pas peur d'exposer la corruption et les scandales qui entachaient la vie économique et politique du pays. Il a été assassiné parce qu'il osait dénoncer nommément des membres de la criminalité organisée et des agents publics corrompus. Cette affaire, a-t-il dit, a beaucoup sensibilisé les Mozambicains à l'importance de la liberté de la presse.

Depuis la fin de la guerre civile, a-t-il indiqué, la presse joue un rôle vital au Mozambique en tant que voix indépendante. Les médias contrôlés par l'État sont aussi crédibles, ce qui n'est pas le cas dans la plupart des autres pays africains.

Le gouvernement mozambicain participera le 3 mai aux cérémonies organisées dans la capitale, Maputo. L'UNESCO décernera à cette occasion un prix de 25.000 dollars à un journaliste ou à un organisme qui a contribué à défendre la liberté de la presse dans le monde. En 2007, elle avait décerné ce prix à titre posthume à la journaliste russe Anna Politkovskaya, qui militait en faveur des droits de l'homme et qui avait été assassinée en octobre 2006.

Les gouvernements répressifs craignent les médias indépendants

Selon le président d'Internews Network (organisation non gouvernementale qui encourage les médias indépendants), M. David Hoffman, la Journée mondiale de la liberté de la presse est importante « parce qu'elle nous rappelle le rôle vital que les médias dont l'activité est libre et transparente jouent en appuyant la démocratie et la société civile et en encourageant la transparence au sein des pouvoirs publics. »

M. Hoffman, dont l'organisation est financée en partie par le département d'État et par l'Agence des États-Unis pour le développement international, s'est déclaré d'avis que la répression dont les médias indépendants faisaient l'objet dans un grand nombre de pays était le thème le plus important de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Certains pays, a-t-il dit, ont des lois qui protègent les médias, mais ils ne les appliquent pas.

Une réaction brutale contre les médias a commencé de se manifester, selon lui, à la suite de la « révolution rose » en Géorgie et de mouvements semblables qui ont eu lieu dans d'anciens pays communistes de l'Europe centrale et orientale et de l'Asie centrale.

« De nombreux gouvernements répressifs craignent les médias indépendants dans leur pays du fait du rôle primordial » que la presse a joué pour encourager ces mouvements. M. Hoffman a cité à cet égard la Russie où les médias indépendants ont dû cesser leurs activités. En 2007, le gouvernement russe a également expulsé les journalistes d'Internews Network pour des raisons « purement politiques » en prétextant que cette organisation avait enfreint la réglementation sur les changes, a-t-il dit.

L'importance de la Journée mondiale de la liberté de la presse dans les nouvelles démocraties

Conseiller du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en matière de médias, M. William Orme a souligné l'importance de cette journée dans les pays en voie de démocratisation. « C'est le moment, a-t-il dit, de soutenir les journalistes qui souvent sont en danger, marginalisés ou menacés. C'est le moment où la communauté internationale reconnaît officiellement la grande importance des médias indépendants et d'un régime démocratique. »

La Journée mondiale de la presse n'est pas uniquement pour les journalistes. Elle sert aussi à rappeler tant à la population qu'aux États que l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme garantit la liberté d'expression et le droit d'échanger des informations. La plupart des pays sont signataires de ce document, a fait remarquer M. Orme.

Le PNUD, a-t-il dit, avait classé le Mozambique à un certain moment comme le pays le plus pauvre du monde, mais, après presque vingt ans de guerre civile et des centaines de milliers de morts, ce pays est arrivé à un stade où ses dirigeants tentent de favoriser une « culture démocratique » en donnant notamment une plus grande liberté à la presse.

Bien que la situation des journalistes mozambicains soit loin d'être parfaite, le Mozambique revêt, selon lui, « une importance symbolique très forte tant en Afrique que dans le reste du monde » du fait que la liberté de la presse fait partie intégrale de « l'expérience démocratique » du pays.


Eric Green et Jean-Michel Vandenberge


10/04/2008

Pour un syndicat des blogueurs Français.

Avant la pose des verrous par la France, l’autre pays des droits de l’Homme.

Proposé par martingrall.

Les blogueurs de la Mauritanie se réunissent pour former un syndicat.

Quatre cents blogueurs mauritaniens ont mis de côté leurs différences d'opinion sur la politique, la société, la religion, et même la langue afin de former le Syndicat des blogueurs mauritaniens. Cette association aura pour buts de promouvoir leur droit de s'exprimer librement et d'établir une règlementation et des normes professionnelles.

Le syndicat a été fondé le 21 mars 2008, lors d'une réunion à Nouakchott, la capitale. Dans un communiqué de presse publié le même jour, les blogueurs qui y ont participé ont indiqué que cette nouvelle association viserait à « protéger et à défendre les droits des blogueurs pour encourager une participation plus active chez la communauté de blogueurs en Mauritanie. »

Un blog est un site Internet consacré à la diffusion d'actualités, souvent suivies des commentaires de l'auteur du site, qui présente souvent son contenu dans le cadre d'un journal personnel en ligne. Le mot « blog » est un rapprochement des mots anglais « web », (c'est-à-dire la Toile), et « log », (un journal personnel). Les lecteurs des blogs sont généralement invités à y publier leurs propres réactions également.

Lors d'un entretien avec les auteurs du site Internet libanais « Menassat.com », M. Ahmad Ould Islam, le nouveau président du Syndicat des blogueurs mauritaniens, a déclaré que les membres de ce groupe avaient décidé de se syndicaliser suite à une réunion durant laquelle ils avaient évoqué leur statut en Mauritanie et les moyens les plus efficaces d'exercer de l'influence.

M. Islam, le seul Mauritanien du Syndicat de blogueurs arabes, a affirmé que la nouvelle association mauritanienne a été créée pour protéger les droits essentiels des blogueurs, y compris la liberté de publier leurs commentaires sans risquer la censure ou d'autre forme d'intervention des autorités.

Il a ajouté que le Syndicat chercherait à établir un consensus quant aux questions des normes professionnelles et de la vérification des sources. « Les blogueurs effectueront de l'autocensure » a-t-il déclaré.

L'association compte également instaurer un règlement qui sera approuvé par les blogueurs de façon unanime, a indiqué M. Islam. Selon le rapport publié par Menassat.com, M. Islam a ajouté que ce règlement comprendrait le respect des principes islamiques, sans pour autant que cela compromette la liberté d'expression des blogueurs.

Le Syndicat des blogueurs mauritaniens cherche à représenter quelque quatre cents auteurs de blogs de langue aussi bien française qu'arabe. Outre les blogs consacrés aux divers courants politiques, certains prônent la religion musulmane tandis que d'autres contiennent des documents qui pourraient ne pas plaire aux musulmans les plus dévots.

M. Mohammad Salem, le blogueur qui a rédigé l'article publié par Menassat.com, a déclaré que le syndicat représente « une tentative de réunir tous les blogueurs mauritaniens sous la même bannière, sans tenir compte de leurs opinions ou de leur méthode de publication ».

Par ailleurs, M. Salem a expliqué que nombre des blogueurs craignaient que les autorités mauritaniennes ne se mettent à suivre de plus près leurs publications et à leur imposer diverses restrictions, comme c'est le cas dans plusieurs pays de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Selon la déclaration du 21 mars, le syndicat soumettra une demande de licence auprès des autorités mauritaniennes et élaborera ses statuts avant la première conférence des blogueurs mauritaniens.

Aux États-Unis, la syndicalisation des blogueurs américains a été évoquée lors d'une conférence qui a eu lieu à Chicago (Illinois) en août 2007, durant laquelle nombre de blogueurs et d'activistes syndicalistes ont considéré la possibilité de créer un groupe comparable au Syndicat national des écrivains, qui représente les droits des écrivains pigistes.

Outre des projets tels que l'établissement d'un code d'éthique des blogueurs ou l'obtention d'une accréditation comme membres de la presse pour faciliter l'accès à certains lieux ou événements, une des plus importantes raisons qui incitent les blogueurs américains à se syndiquer est l'obtention d'une assurance maladie. Un tel avantage permettrait à davantage de blogueurs de faire de la gestion de leur site une occupation à plein temps.

En France on le met en place sous l'égide de Madame Viviane Reding commissaire Européen aux technologies de l'information, droit européen oblige.

09/04/2008

Il y a quarante ans Martin Luther King.

Le rêve de Martin Luther King, toujours vivant. Et reste les jours de colère.

proposé par martingrall

Hillary Clinton a fait un mémoire sur Saul Alinsky et la revendication non violente. Et restent les jours d'espoir. Est-ce suffisant, Non. Reste le meutre.

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Le 4 avril 1968, à Memphis (Tennessee), la balle d'un assassin mit un terme à la vie de Martin Luther King, principal architecte et dirigeant du mouvement non violent des droits civiques aux États-Unis. Il était âgé de 39 ans, mais selon les médecins légistes, il avait à sa mort le cour d'un homme de 60 ans, car il avait si longtemps porté le fardeau de tant de gens. À son enterrement, une foule de 100.000 Américains s'est assemblée hors de l'église pendant l'office.

La veille, dans le cadre de sa « campagne pour les pauvres », le pasteur King avait pris la défense d'agents de voirie grévistes, pour la plupart noirs. Son dernier discours public était fortement inspiré de la Bible à l'étude de laquelle il avait consacré tant d'années de sa vie. Il s'avéra prophétique :

« Je ne sais pas ce qui va se passer maintenant ; des temps difficiles nous attendent. Mais cela n'a plus d'importance pour moi, car je suis allé jusqu'au sommet de la montagne. Je ne m'inquiète plus. Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. La longévité a sa valeur. Mais cela m'importe peu à présent. Tout ce que je veux, c'est faire la volonté de Dieu. Et Il m'a permis d'atteindre le sommet de la montagne. J'ai regardé autour de moi, et j'ai vu la Terre promise. Il se peut que je n'y entre pas avec vous. Mais je veux que vous sachiez, ce soir, qu'en tant que peuple, nous atteindrons la Terre promise. Je suis donc heureux, ce soir. Je ne m'inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur. »

L'année 1968 a été, dans le monde entier, marquée par des turbulences politiques. Aux États-Unis, deux mois plus tard, le 5 juin, un autre assassin mettait fin aux jours du sénateur Robert Kennedy qui, en tant que ministre de la justice, avait apporté aux militants des droits civiques une assistance opportune.


Jours de colère

L'assassinat de Martin Luther King déclencha des émeutes à Washington et dans plus d'une centaine d'autres villes américaines, menaçant de transformer la lutte pacifique des Afro-Américains en un violent affrontement racial. Avant le tragique événement, déjà, le mouvement semblait évoluer dans une direction que beaucoup des proches du pasteur King surveillaient avec appréhension.

En mai 1966, Stokely Carmichael, militant de longue date ayant à son actif de nombreuses campagnes d'inscriptions électorales, avait pris la direction du Comité de coordination non violent des étudiants (SNCC), principale organisation estudiantine du mouvement des droits civils, dont les responsables manifestaient une impatience croissance à l'égard de l'approche gradualiste du pasteur King et de ses associés.

Dans un discours prononcé à Greenwood (Mississippi), Carmichael lança un appel en faveur du « pouvoir noir ». Au lieu de l'intégration que recherchaient des hommes comme Thurgood Marshall et Martin Luther King, Carmichael préconisait la séparation, l'intégration étant, selon lui, « un subterfuge insidieux visant au maintien de la suprématie blanche ».

Parallèlement, le parti des Panthères noires (qui, selon certain, doit son nom à un symbole employé en Alabama lors d'une campagne d'inscriptions électorales à l'intention des électeurs illettrés), fondé à Oakland (Californie) en octobre 1966 par les activistes Huey P. Newton et Bobby Seale, employait des adhérents armés, les « Panthères », chargés de suivre et de talonner les officiers de police qui, estimaient-ils, ciblaient injustement les noirs.

Bien que le parti ait connu une certaine popularité, en particulier du fait de ses programmes de services sociaux, des confrontations armées avec les forces de police locales s'étant soldées par la mort ou l'emprisonnement de panthères célèbres eurent pour effet de lui aliéner de nombreux Américains qui réprouvaient ses méthodes violentes. Il en résulta un éclatement du mouvement des Panthères qui se désintégra en une galaxie de groupuscules factieux au milieu de récriminations et d'accusations mutuelles.

Nombreux furent les gens qui craignirent que l'assassinat du pasteur King ne vienne accroître l'influence des éléments militants au sein du mouvement. À l'époque, certains remirent en question la valeur des actions auxquelles celui-ci avait consacré toute sa vie. Mais la Terre promise qu'il décrivait était, par beaucoup de côtés, bien plus proche qu'elle ne le semblait durant les émeutes d'avril 1968.

Le consensus américain

L'expérience historique afro-américaine restera à tout jamais unique. Mais des mesures fédérales sérieuses assurant le respect du droit de vote sont venues apporter aux Noirs américains les instruments que les immigrants et les autres groupes minoritaires employaient depuis longtemps pour poursuivre, et pour réaliser, le rêve américain. Aux États-Unis, l'exercice du droit de vote est assorti d'un réel pouvoir politique ; avec lui, et au fil du temps, l'égalité juridique et politique pour les Afro-américains s'est traduite par des progrès dans pratiquement tous les domaines de la vie.

John R. Lewis, par exemple, était l'un des Freedom Riders sauvagement battus par une bande de ségrégationnistes à Montgomery (Alabama) en 1961. Il représente aujourd'hui la 5e circonscription législative de la Géorgie à la Chambre des représentants des États-Unis. Près d'une cinquantaine de ses collègues sont des Afro-Américains et plusieurs d'entre eux exercent un pouvoir politique considérable en tant que présidents de commissions parlementaires influentes

En 1963, Denise McNair fut l'une des adolescentes tuées dans l'attentat à la bombe perpétré par des miliciens racistes contre l'église baptiste de la Seizième rue de Birmingham (Alabama). En 2005, son amie Condoleezza Rice accéda aux fonctions de secrétaire d'État fédérale.

Les taux d'achèvement des études secondaires chez les Noirs ont presque triplé depuis 1966 et le taux de pauvreté a été réduit de près de 50 % au cours de la même période. L'expansion de la classe moyenne noire est un phénomène social largement reconnu, de même que l'augmentation du nombre d'Afro-Américains entrepreneurs, chercheurs, auteurs et artistes ayant connu la réussite.

Bien que les Américains soient toujours aux prises avec les questions liées à la race, ces questions diffèrent profondément de celles auxquelles Thurgood Marshall, Martin Luther King et la génération du mouvement des droits civils ont dû faire face.

Le mouvement des droits civiques a incontestablement forcé les Américains à regarder de face la contradiction entre leurs idéaux et la réalité faite de ségrégation et d'inégalités. Il a, ce faisant, propulsé la nation sur la voie de l'égalité raciale pleine et entière sur laquelle elle a réalisé des avancées appréciables et sur laquelle elle continue de progresser.

La mesure la plus importante du progrès est sans doute l'émergence, notamment dans la jeune génération qui bâtira le futur de l'Amérique, d'un consensus aussi large que profond selon lequel les réalités honteuses de l'esclavage, de la ségrégation et de l'inégalité doivent n'avoir d'autre place que dans le passé et y être reléguées.

Le texte ci-dessus est une adaptation de Free At Last : The U.S. Civil Rights Movement [Enfin libres : Le mouvement des droits civiques aux États-Unis], ouvrage devant être publié sur America.gov dans le courant de l'été 2008.


Par Michael Friedman et Jean-Michel Vandenberge

04/04/2008

Barack Obama pose la question des races.

Le débat relatif au discours du candidat à la présidence sur la race se poursuit.

proposé par martingrall.

La France a été et reste une société ou l'esclavage fait œuvre de développement social, en dehors de toute réalité. Nicolas Sarkozy en proposant Madame Rachida Dati, française issue de l'immigration au poste prestigieux de garde des sceaux, et Madame Rama Yade, née en Afrique, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, met la civilisation de l'immigration occidentale dans ce quelle deviendra. L'Egalité des races. Mais aux Etats-Unis. il s'agit de la plus haute fonction de l'administration, et de son exécutif. Donc, cette note plutôt intéressante.

""La cote d'Obama grimpe par l'ouverture du dialogue ce cette question délicate. 12,5% des américains sont afro-américains.

Barack Obama ne cesse de faire parler de lui depuis qu'il a fait acte de candidature à la présidence des États-Unis. En particulier, son discours sur les relations raciales aux États-Unis a lancé, parmi les politologues de la télévision, les rédacteurs d'éditoriaux, les blogueurs et le public des conversations importantes qui ne sont pas près de se conclure.

La cote de M. Obama avait marqué un certain fléchissement ces dernières semaines, après la diffusion sur YouTube de vidéos de Jeremiah Wright, l'ancien pasteur de son église de Chicago, contenant des propos provocants qui avaient contraint le sénateur de l'Illinois à prendre ses distances par rapport à ce dernier. Mais elle a remonté après son discours du 18 mars à Philadelphie (Pennsylvanie), où il s'est expliqué sur ses relations avec le pasteur Wright et où il a abordé de front les questions raciales.

En l'espace de quelques jours, un sondage réalisé par CBS News a enregistré de « bonnes appréciations » sur son discours et le sondage quotidien Gallup l'a classé comme devançant Hillary Clinton de quelques points de pourcentage. Il a obtenu, le 22 mars, le soutien d'un ancien rival pour l'investiture, le gouverneur du Nouveau-Mexique, Bill Richardson.

« Je suis le fils d'un homme noir du Kénya et d'une femme blanche du Kansas », a dit le sénateur Obama, ce qui fait de lui l'incarnation même d'une problématique qui émeut et divise l'Amérique profondément depuis quatre siècles. « J'ai des frères, des sœurs, des nièces, des neveux, des oncles et des cousins, de toute race et de toute teinte, dispersés sur trois continents, et tant que je vivrai, je n'oublierai jamais le fait que mon histoire n'est concevable dans aucun autre pays. »

La race est une question sur laquelle le pays « ne peut pas se permettre de faire l'impasse », a déclaré le sénateur Obama. La récente controverse, a-t-il ajouté, reflète « les aspects complexes du problème racial que n'avons jamais vraiment explorés - une partie de notre union qu'il nous reste encore à parfaire ».

Étant donné les problèmes existant dans la communauté afro-américaine qui datent d'avant la fondation de la nation, ayant leur origine dans l'esclavage, se poursuivant par une discrimination légalisée et continuant par des possibilités encore refusées de nos jour, le racisme définit encore la conception du monde chez les Noirs, même ceux qui réussissent. Mais, a déclaré le sénateur Obama, « cette colère n'est d'ailleurs pas toujours une arme efficace. En effet, bien trop souvent, elle nous détourne de nos vrais problèmes [...] et elle empêche la communauté noire de forger les alliances indispensables à un changement véritable. »

Les gens, quelle que soit la couleur de leur peau, a-t-il dit, ont les mêmes préoccupations, et le manque de possibilités économiques affecte les Noirs, les Blancs, les Asiatiques et les Hispaniques, inspirant du ressentiment dans toutes les communautés touchées. La question de la race détourne l'attention « des véritables coupables [...] : une culture d'entreprise où abondent les délits d'initiés, les pratiques comptables douteuses et l'appât du gain rapide [...], une politique économique qui privilégie une minorité ».

Une force unificatrice pour le parti démocrate ?

Le gouverneur Richardson, d'origine latino-américaine, a qualifié le sénateur Obama de « dirigeant qui apparaît une seule fois par génération », et lui a accordé son soutien dans l'espoir d'unifier les démocrates, soutien qui pourrait apporter davantage de votes « latinos » à celui-ci.

« Le sénateur Obama a lancé un débat dans le pays qui n'avait que trop longtemps attendu et il rejette les politiques de l'affrontement et de l'opposition des races », a dit M. Richardson.

Même les critiques tels que le chroniqueur du Washington Post Michael Gerson, qui avait dit que le sénateur Obama aurait dû réfuter plus spécifiquement les « vues toxiques » du pasteur Wright, ont estimé qu'il avait prononcé « un discours excellent et important sur les questions raciales en Amérique ».

D'autres ont vu du courage et de la complexité dans le refus du sénateur de désavouer le pasteur Wright, au lieu de se servir des vues de celui-ci pour expliquer le contexte dont elles avaient émergé et les divisions culturelles qui les avaient façonnées. Bob Herbert a émis des louanges dans le New York Times pour « une vision du monde qui embrasse à la fois la justice et la réconciliation ».

Roger Wilkins, activiste des droits civils et professeur à l'université George Mason, a dit à America.gov que, du fait que les Noirs et les Blancs n'ont pas la même expérience du racisme, « essayer de parler aux deux groupes à un niveau qu'ils comprennent tous deux et en cherchant à les rassembler afin de mieux leur faire appréhender ce profond problème américain était très courageux ».

« Il a fourni une plate-forme, un tremplin, un point de départ propice à une riche conversation » a-t-il dit, en ajoutant que les propos du sénateur Obama sur sa grand-mère blanche contribuaient à évoquer une commune humanité.

« Il est capable d'être, sans complexes, un membre à part entière de la race noire aux États-Unis et se montrer néanmoins capable de dépasser les clivages raciaux », a noté Roger Wilkins.

D'autres observateurs afro-américains ont fait écho à ces propos. Emira Woods a écrit dans The Black Commentator : « Il porte à un niveau supérieur cette question pivot à un moment vital. Le sénateur Obama lance un appel éloquent à l'action et encourage la génération actuelle à donner du sien. »

« Cela équivaut à une nouvelle liste de points à débattre sur la race », a dit Eugene Robinson dans le Washington Post.

Jim VandeHei et John F. Harris, rédacteurs de The Politico, ont souligné « la spécificité avec laquelle Barack Obama a parlé des attitudes et des animosités raciales », chose que les politiciens évoquent rarement, ainsi que son habile appel aux électeurs dont il a besoin pour gagner.

Le sénateur Obama est le premier Afro-Américain qui ait vraiment une chance de devenir candidat officiel d'un parti politique à la présidence des États-Unis. La population des États-Unis compte environ 12,5 % d'Afro-Américains.

« L'Amérique est capable de changer. Tel est le véritable génie de cette nation, a dit le sénateur Obama. Ce que nous avons déjà accompli nous donne l'espoir et l'audace d'espérer ce que nous pouvons et devons accomplir demain. » ''

Par Lea Terhune et Jean-Michel Vandenberge

03/04/2008

Barack obama sur les relations raciales aux États-Unis

proposé par martingrall

Discours de campagne électorale. Ouf.

Nous savons, nous Français, ce que discourir veut dire. on ne prête qu’aux riches.

Donc salivons, devant cette union sacrée des peuples d'amérique.


« Nous, peuple des États-Unis, en vue de former une union plus parfaite... »

Réunis, il y a deux cent vingt et un ans, dans une salle qui existe toujours de l'autre côté de la rue, un groupe d'hommes lança, par ces simples mots, l'expérience inconcevable de la démocratie américaine. Agriculteurs et savants, hommes politiques et patriotes qui avaient traversé l'océan pour échapper à la tyrannie et aux persécutions, ils donnèrent enfin corps à leur déclaration d'indépendance, lors d'une assemblée qui siégea à Philadelphie jusqu'au printemps de 1787.

Le document qu'ils produisirent était signé, mais inachevé. Il portait en effet la souillure du péché originel national de l'esclavage, une question qui divisa les colonies au point de mettre le congrès dans l'impasse. Finalement, les pères fondateurs tranchèrent, en autorisant la traite des esclaves pendant encore au moins vingt ans, confiant aux générations futures le soin d'une solution définitive.

Certes, cette solution existait déjà au sein de notre Constitution, une constitution fondée sur l'idéal de l'égalité des citoyens devant la loi et qui promettait à son peuple la liberté, la justice et une union qui pouvait et devait se perfectionner au cours du temps.

Et pourtant, des mots gravés sur un parchemin ne suffiraient ni à libérer les esclaves de leurs chaînes, ni à donner aux hommes et aux femmes de toute couleur et de toute croyance leurs pleins droits et obligations en tant que citoyens des États-Unis. Il fallait encore que, par générations successives, les Américains s'engageassent - par leurs luttes et leurs manifestations, dans la rue et devant les tribunaux, par une guerre civile et la désobéissance civile, en prenant de grands risques -, pour réduire l'écart entre la promesse de nos idéaux et la réalité de leur temps.

Or, l'une des tâches que nous avons entreprises, dès le début de cette campagne, a été précisément de continuer la longue marche de ceux qui nous ont précédés, une marche pour une Amérique plus juste, plus égalitaire, plus libre, plus solidaire et plus prospère. Si j'ai décidé de briguer la présidence à ce moment de l'histoire, c'est parce que je crois profondément que nous ne pourrons résoudre les problèmes de notre temps que si nous les résolvons ensemble, que nous ne pourrons parachever notre union que si nous comprenons que, bien que nous ayons tous une histoire différente, nous partageons les mêmes espoirs, que nous n'avons pas tous la même apparence et ni la même origine, mais que nous tendons tous dans la même direction, vers un avenir meilleur pour nos enfants et petits-enfants.

Cette conviction me vient de ma foi inébranlable en la probité et en la générosité du peuple américain. Elle me vient aussi de ma propre histoire d'Américain.

Je suis le fils d'un homme noir du Kénya et d'une femme blanche du Kansas. J'ai été élevé avec l'aide d'un grand-père blanc, qui a survécu à la Dépression pour servir dans l'armée de Patton pendant la Seconde Guerre mondiale, et d'une grand-mère blanche qui était ouvrière à la chaîne dans une usine de bombardiers de Fort Leavenworth pendant que son mari était à l'étranger. J'ai fréquenté certaines des meilleures écoles d'Amérique et j'ai aussi vécu dans un des pays les plus pauvres du monde. Je suis marié à une Noire américaine qui porte en elle le sang d'esclaves ainsi que de propriétaires d'esclaves, un héritage que nous avons transmis à nos deux filles chéries. J'ai des frères, des sours, des nièces, des neveux, des oncles et des cousins, de toute race et de toute teinte, dispersés sur trois continents, et tant que je vivrai, je n'oublierai jamais le fait que mon histoire n'est concevable dans aucun autre pays.

C'est une histoire qui ne fait pas de moi le candidat classique par excellence. Mais c'est une histoire qui a gravé au plus profond de moi la notion selon laquelle notre nation est plus que la somme de ses composants et que, dans notre multitude, nous ne formons qu'un peuple.

Tout au long de la première année de cette campagne, et contrairement à tous les pronostics, nous avons pu voir à quel point les Américains avaient faim de ce message d'unité. Bien que l'on soit tenté de considérer ma candidature d'après des critères purement raciaux, nous avons remporté des victoires retentissantes dans certains des États qui ont le plus fort pourcentage de Blancs. En Caroline du Sud, où flotte encore le drapeau de la Confédération, nous avons bâti une coalition puissante entre Afro-Américains et Américains blancs.

Non pas que la race n'ait joué aucun rôle dans la campagne. À diverses étapes, certains commentateurs m'ont trouvé soit « trop noir » soit « pas assez noir ». Nous avons vu surgir des tensions raciales pendant la semaine qui a précédé les primaires en Caroline du Sud. Les médias ont passé au crible chaque sondage réalisé à la sortie des urnes, à la recherche d'un indice de polarisation raciale, non seulement entre Noirs et Blancs mais aussi entre Noirs et Bruns.

Et pourtant, ce n'est que depuis une quinzaine de jours que la question raciale est devenue un facteur de division.

D'un côté, on a laissé entendre que ma candidature était en quelque sorte une expérience de discrimination positive, fondée uniquement sur le désir qu'auraient des progressistes naïfs d'« acheter » à bon compte la réconciliation raciale. De l'autre, on a entendu mon ancien pasteur Jeremiah Wright exprimer dans un langage incendiaire des opinions qui non seulement risquent de creuser le fossé entre les races mais qui dénigrent tout ce qu'il y a de grand et de bon dans notre pays et qui choquent à juste titre Blancs et Noirs confondus.

J'ai déjà condamné sans équivoque les déclarations du pasteur Wright qui ont suscité une telle controverse. Mais d'aucuns se posent encore des questions lancinantes. Savais-je qu'il était susceptible, à l'occasion, de dénoncer violemment la politique intérieure et étrangère des États-Unis ? Bien sûr. M'est-il arrivé de l'entendre, à l'église, tenir des propos que l'on pourrait considérer comme controversés ? Oui. Étais-je en désaccord profond avec beaucoup de ses opinions politiques ? Absolument, tout comme nombre d'entre vous, j'en suis sûr, ont entendu votre pasteur, votre prêtre ou votre rabbin émettre des opinions que vous êtes loin de partager.

Mais les propos à l'origine de ce récent tollé ne relevaient pas seulement de la polémique. Ils n'étaient pas que l'indignation d'un chef spirituel dénonçant les injustices ressenties. Ils reflétaient plutôt une vue profondément déformée de notre pays - une vue qui perçoit du racisme blanc partout, qui met l'accent sur ce qui va mal en Amérique plutôt que sur ce qui va bien, une vue qui interprète les conflits du Moyen-Orient comme provenant essentiellement des actions de solides alliés tels qu'Israël, plutôt que des idéologies perverses et haineuses de l'Islam radical.

En cela, les propos du pasteur Wright sont non seulement erronés, mais ils sèment la discorde alors qu'il nous faut de l'unité ; ils sont empreints de racisme alors qu'il nous faut être solidaires si nous voulons résoudre les problèmes immenses auxquels nous sommes confrontés : deux guerres, une menace terroriste, une économie défaillante, une crise chronique du système de santé, des changements climatiques aux conséquences potentiellement désastreuses. Ces problèmes ne sont ni noirs ni blancs, ni hispaniques ni asiatiques : ce sont des problèmes qui nous concernent tous.

Au vu de mon parcours, de mes choix politiques et des valeurs et idéaux que je professe, d'aucuns considéreront sans doute que je ne suis pas allé assez loin dans ma condamnation. Et d'abord, pourquoi m'être associé avec le pasteur Wright, me demanderont-ils ? Pourquoi ne pas avoir changé d'église ? J'avoue que si tout ce que je savais du pasteur Wright se résumait aux bribes de sermons rediffusées sans fin à la télévision et sur YouTube, ou si la Trinity United Church of Christ ressemblait aux caricatures colportées par certains commentateurs, il ne fait guère de doute que j'aurais réagi de même.

Mais la vérité est que j'en sais bien plus sur cet homme. J'ai fait sa connaissance il y a plus de vingt ans ; c'est lui qui m'a éveillé à la foi, qui m'a prêché l'amour du prochain, le soin des malades et l'aide aux pauvres. C'est un homme qui a servi dans les marines, qui a étudié et enseigné dans les meilleures universités et séminaires, qui pendant plus de trente ans a dirigé son église et qui, par son service à sa communauté, accomplit l'ouvre de Dieu sur terre : loger les sans-abris, assister les nécessiteux, ouvrir des crèches, attribuer des bourses d'études, rendre visite aux prisonniers, réconforter les séropositifs et les malades atteints du sida.

Dans mon livre, Les Rêves venus de mon père, je décris ma première expérience vécue en l'église de la Trinity :

« L'assistance se mit à crier, à se lever, à taper des mains, et le vent puissant de son souffle emportait la voix du pasteur jusqu'aux chevrons (...). Et dans ces simples notes - espoir ! - j'entendis autre chose. Au pied de cette croix, à l'intérieur des milliers d'églises réparties dans cette ville, je vis l'histoire de Noirs ordinaires se fondre avec celles de David et Goliath, de Moïse et de Pharaon, des chrétiens jetés dans la fosse aux lions, du champ d'os desséchés d'Ezékiel.

Ces histoires de survie, de liberté, d'espoir, devenaient notre histoire, mon histoire ; le sang qui avait été versé était notre sang, les larmes étaient nos larmes. Cette église noire, en cette belle journée, était redevenue un navire qui transportait l'histoire d'un peuple jusqu'aux générations futures et jusque dans un monde plus grand.

Nos luttes et nos triomphes devenaient soudain uniques et universels, noirs et plus que noirs. En faisant la chronique de notre voyage, les histoires et les chants nous donnaient un moyen de revendiquer des souvenirs dont nous n'avions pas à avoir honte (...), des souvenirs que tout le monde pouvait étudier et chérir - et avec lesquels nous pouvions commencer à reconstruire. »

Telle a été ma première expérience à Trinity. Comme beaucoup d'églises majoritairement noires, Trinity est un microcosme de la communauté noire : on y voit le médecin et la mère assistée, l'étudiant modèle et le voyou repenti. Comme toutes les autres églises noires, les services religieux de Trinity résonnent de rires tapageurs et de plaisanteries juteuses. Et ça danse, ça tape des mains, ça crie et ça hurle, ce qui peut paraître incongru à un nouveau venu. L'église contient toute la tendresse et la cruauté, l'intelligence l'extrême et l'ignorance crasse, les combats et les réussites, tout l'amour, et jusqu'à l'amertume et les préjugés qui sont la somme de l'expérience noire en Amérique.

Et cela explique sans doute mes rapports avec le pasteur Wright. Si imparfait soit-il, je le considère comme un membre de ma famille. Il a raffermi ma foi, célébré mon mariage et baptisé mes enfants. Jamais dans mes conversations avec lui ne l'ai-je entendu parler d'un groupe ethnique en termes péjoratifs, ou manquer de respect ou de courtoisie envers les Blancs avec qui il avait affaire. Il porte en lui les contradictions - le bon et le mauvais - de la communauté qu'il sert sans compter depuis tant d'années.

Je ne peux pas plus le désavouer que je ne puis désavouer la communauté noire, je ne peux pas plus le renier que je ne puis renier ma grand-mère blanche, une femme qui a fait tant de sacrifices pour moi, une femme qui m'aime plus que tout au monde, mais aussi une femme qui m'avouait sa peur des Noirs qu'elle croisait dans la rue et que, plus d'une fois, j'ai entendu faire des remarques racistes qui m'ont répugné.

Ces personnes font partie de mon être. Et elles font partie de l'Amérique, de ce pays que j'aime.

D'aucuns verront ici une tentative de justifier ou d'excuser des propos tout à fait inexcusables. Je peux vous assurer qu'il n'en est rien. Je suppose qu'il serait plus prudent, politiquement, de continuer comme si de rien n'était, en espérant que l'affaire serait vite oubliée.

Nous pourrions nous en prendre au pasteur Wright, ne voir en lui qu'un excentrique ou un démagogue, tout comme certains l'ont fait dans le cas de Geraldine Ferraro, l'accusant, à la suite de ses récentes déclarations, de préjugé racial.

Mais je crois que notre pays ne peut plus se permettre de faire l'impasse sur la question de la race. Nous commettrions la même erreur que commet le pasteur Wright dans ses sermons blessants sur l'Amérique - en simplifiant, en recourant à des stéréotypes et en accentuant les côtés négatifs au point de déformer la réalité.

Le fait est que les propos qui ont été tenus et les problèmes qui ont été soulevés ces dernières semaines reflètent des aspects complexes du problème racial que n'avons jamais vraiment explorés - une partie de notre union qu'il nous reste encore à parfaire. Et si nous abandonnons maintenant pour retomber sur nos positions respectives, nous n'arriverons jamais à surmonter ensemble les défis que sont l'assurance maladie, l'éducation ou la création d'emplois pour chaque Américain.

Pour comprendre cette réalité, il faut se rappeler comment on en est arrivé là. Comme l'a écrit William Faulkner : « Le passé n'est pas mort et enterré. En fait, il n'est même pas passé. » Il n'est point besoin ici de réciter l'histoire des injustices raciales dans ce pays. Mais nous devons nous rappeler que si tant de disparités existent dans la communauté afro-américaine d'aujourd'hui, c'est qu'elles proviennent directement des inégalités léguées par la génération précédente qui a souffert de l'héritage brutal de l'esclavage et de Jim Crow.

La ségrégation à l'école a produit et produit encore des écoles inférieures. Cinquante ans après le procès « Brown contre le Conseil d'éducation », nous ne les avons toujours pas réparées, et la qualité moindre de l'enseignement dispensé dans ces écoles contribue à expliquer l'inégalité actuelle entre les Blancs et les Noirs sur le plan des résultats scolaires.

La légalisation de la discrimination, qu'il s'agisse des Noirs qu'on empêchait, souvent par des méthodes violentes, d'accéder à la propriété, des prêts qu'on n'accordait pas aux entrepreneurs noirs, des propriétaires noirs qui n'avaient pas droit aux prêts de l'Administration fédérale du logement, ou qu'il s'agisse des Noirs exclus des syndicats, des forces de police ou des casernes de pompiers, tout cela a fait que les familles afro-américaines n'ont jamais pu accumuler un capital substantiel à transmettre aux générations suivantes. Ce fait explique l'écart de fortune et de revenus entre Noirs et Blancs et la concentration des poches de pauvreté qui persistent dans tant de communautés urbaines et rurales d'aujourd'hui.

Le manque de possibilités accordées aux Noirs, la honte et la frustration de ne pouvoir subvenir aux besoins de la famille ont contribué à la désintégration des familles noires : c'est un problème que la politique d'aide sociale, pendant des années, a peut-être aggravé. Le manque de services publics de base dans un si grand nombre de quartiers noirs - des aires de jeux pour les enfants, des patrouilles de police, le ramassage régulier des ordures et l'application des codes d'urbanisme -, tout cela a crée un cycle de violence, de gâchis et de négligences qui continue de nous hanter.

C'est cette réalité-là que le pasteur Wright et d'autres Afro-Américains de sa génération ont connue. Ils ont atteint l'âge adulte à la fin des années 1950 et au début des années 1960, alors que la ségrégation était encore en vigueur et que les perspectives d'avenir ne faisaient encore que régresser. Ce qui est extraordinaire, ce n'est pas de constater combien d'entre eux ont renoncé face à la discrimination, mais plutôt combien ont réussi à surmonter les obstacles et su ouvrir la voie à ceux qui, comme moi, allaient les suivre.

Mais pour tous ceux qui se sont donnés, corps et âme, pour se tailler une part du rêve américain, beaucoup d'autres n'y sont pas arrivés - ceux qui ont été vaincus, d'une façon ou d'une autre, par la discrimination. Cette expérience de l'échec s'est transmise aux générations suivantes : à ces jeunes hommes et, de plus en plus, à ces femmes que l'on voit aux coins des rues ou au fond des prisons, sans espoir ni perspective d'avenir. Même pour les Noirs qui ont réussi, les questions de race et de racisme continuent de définir fondamentalement leur vision du monde. Pour les hommes et les femmes de la génération du pasteur Wright, le souvenir de l'humiliation, de la précarité et de la peur n'a pas disparu, pas plus que la colère et l'amertume de ces années. Cette colère ne s'exprime peut-être pas en public, devant des collègues blancs ou des amis blancs. Mais elle trouve un écho chez le coiffeur et autour de la table familiale. Parfois, des hommes politiques l'exploitent pour gagner des suffrages en jouant la carte raciale, ou pour compenser leur propre incompétence.

Et donc, il lui arrive aussi de s'exprimer le dimanche matin à l'église, du haut de la chaire ou sur les bancs des fidèles. Le fait que tant de gens soient surpris d'entendre cette colère dans certains sermons du pasteur Wright nous rappelle le vieux truisme, à savoir que c'est à l'office du dimanche matin que la ségrégation aux États-Unis reste le plus vivace. Cette colère n'est d'ailleurs pas toujours une arme efficace. En effet, bien trop souvent, elle nous détourne de nos vrais problèmes, elle nous empêche de mesurer notre part de responsabilité dans notre condition, et elle empêche la communauté noire de forger les alliances indispensables à un changement véritable. Mais cette colère est réelle, et elle est forte : prétendre la faire disparaître comme par enchantement, la condamner sans en saisir le fond, tout cela ne sert qu'à creuser le fossé d'incompréhension qui sépare les deux races.

Et de fait, il existe une colère semblable dans certains milieux de la communauté blanche. La plupart des Blancs de la classe ouvrière et des catégories moyennes n'ont pas le sentiment d'avoir été particulièrement favorisés par leur race. Leur expérience est celle de l'immigré : en ce qui les concerne, ils n'ont hérité de personne, ils sont partis de rien. Ils ont travaillé dur toute leur vie, souvent pour voir leur emploi délocalisé et leur retraite partir en fumée. Ils s'inquiètent pour leur avenir, ils voient leurs rêves s'évaporer ; les chances de réussite, à une époque de stagnation des salaires et de concurrence mondiale, deviennent comme un jeu de somme nulle où les rêves de l'un se réalisent aux dépens de ceux d'un autre. Alors, quand on leur dit que leurs enfants ont été inscrits dans une école à l'autre bout de la ville, quand on leur dit qu'un Noir qui obtient un bon emploi ou accède à une bonne université est favorisé à cause d'une injustice qu'ils n'ont pas commise, quand on leur dit que leur peur de la délinquance dans certains quartiers est une forme de préjugé, l'amertume s'alourdit au fil du temps.

À l'instar de la colère noire au sein de la communauté noire, cette amertume reste, elle aussi, largement muette. Mais elle a contribué à façonner notre paysage politique depuis au moins une génération. C'est la colère contre l'État-providence et contre la discrimination positive qui a donné naissance à la « Coalition Reagan ». Les politiques exploitent systématiquement la peur de la criminalité à des fins électorales. Les animateurs de causeries télévisées et les analystes conservateurs ont fait carrière de dénicher des accusations de racisme bidon tout en se désintéressant des débats légitimes sur les injustices et les inégalités raciales qu'ils assimilent à du politiquement correct ou à du racisme à rebours.

Tout comme la colère noire s'est souvent avérée improductive, les ressentiments des Blancs nous ont détournés des véritables coupables de l'étranglement de la classe moyenne : une culture d'entreprise où abondent les délits d'initiés, les pratiques comptables douteuses et l'appât du gain rapide ; une capitale fédérale dominée par les groupes d'intérêt, une politique économique qui privilégie une minorité. Et pourtant, feindre d'ignorer que ces ressentiments existent, les qualifier de malavisés, voire racistes, sans reconnaître qu'ils peuvent avoir des causes légitimes - voilà qui contribue aussi à élargir la fracture raciale et à entraver la voie à la compréhension.

Voilà où nous en sommes actuellement, enlisés dans cette impasse raciale depuis des années. Contrairement aux affirmations de certains de mes critiques, blancs ou noirs, je n'ai jamais eu la naïveté de croire que nous pourrions surmonter nos divisions raciales en un seul cycle électoral ou avec une seule candidature, en particulier une candidature aussi imparfaite que la mienne.

Mais j'ai affirmé ma conviction profonde - une conviction ancrée dans ma foi en Dieu et ma foi dans le peuple américain - qu'en travaillant ensemble nous arriverions à panser certaines de nos vieilles blessures raciales et qu'en fait nous n'avons plus le choix si nous voulons continuer d'avancer dans la voie d'une union plus parfaite.

Pour la communauté afro-américaine, cela veut dire accepter le fardeau de notre passé sans en devenir les victimes, cela veut dire continuer d'exiger une vraie justice dans tous les aspects de la vie américaine. Mais cela veut aussi dire associer nos propres revendications - une meilleure assurance maladie, de meilleures écoles, de meilleurs emplois - aux aspirations de tous les Américains, qu'il s'agisse de la Blanche qui a du mal à briser le plafond de verre dans l'échelle hiérarchique, du Blanc qui a été licencié ou de l'immigrant qui s'efforce de nourrir sa famille. Cela veut dire aussi que nous devons assumer pleinement nos responsabilités dans la vie - en exigeant plus de nos pères, en passant plus de temps avec nos enfants, en leur faisant la lecture, en leur apprenant que même s'ils se heurtent à des difficultés et à la discrimination, ils ne doivent jamais succomber au désespoir ou au cynisme : ils doivent toujours croire qu'ils peuvent être maîtres de leur destin.

Curieusement, cette notion si essentiellement américaine - oserais-je dire conservatrice ? - de l'effort personnel, on la retrouve souvent dans les sermons du pasteur Wright. Mais ce que celui-ci n'a pas suffisamment compris, c'est que, pour s'aider soi-même, il faut croire aussi que la société peut changer.

L'erreur profonde du pasteur Wright n'est pas d'avoir parlé du racisme dans notre société. C'est d'en avoir parlé comme si notre société était figée, comme si elle n'avait accompli aucun progrès, comme si ce pays - un pays où un Noir peut être candidat au poste suprême et construire une coalition de Blancs et de Noirs, d'Hispaniques et d'Asiatiques, de riches et de pauvres, de jeunes et de vieux - était encore, et irrémédiablement, prisonnier d'un passé tragique. Mais ce que nous savons - ce que nous avons vu - c'est que l'Amérique peut changer. C'est là le vrai génie de cette nation. Ce que nous avons déjà accompli nous donne de l'espoir - l'audace d'espérer - en ce que nous pouvons et devons accomplir demain.

Pour ce qui est de la communauté blanche, la voie vers une union plus parfaite passe par la reconnaissance du fait que les maux de la communauté afro-américaine ne sont pas une invention des Noirs ; que l'héritage de la discrimination, de même que les incidents actuels de discrimination - quoique moins criants que par le passé - sont bien réels et doivent être combattus, non seulement par les mots, mais par des actes : en investissant dans nos écoles et dans nos communautés ; en faisant respecter les droits civiques et en assurant l'équité de notre justice pénale ; en donnant à cette génération les possibilités de progrès dont avaient été privées les générations précédentes. Il faut que tous les Américains comprennent que vos rêves ne se réalisent pas forcément aux dépens des miens, et qu'investir dans la santé, dans les programmes sociaux et dans l'éducation des enfants noirs, bruns et blancs contribuera finalement à la prospérité de tous les Américains.

En fin de compte, ce qu'on attend de nous, c'est, ni plus ni moins, ce que toutes les grandes religions du monde exigent : que nous nous comportions les uns envers les autres comme nous voudrions qu'on se comporte envers nous. Sois le gardien de ton frère, nous disent les Écritures. Sois le gardien de ta sour. Trouvons l'enjeu commun qui nous lie les uns aux autres, et que cet esprit se reflète aussi dans notre vie politique.

Car nous avons un choix à faire dans ce pays. Nous pouvons accepter une politique qui alimente la division, le conflit et le cynisme. Nous pouvons aborder la question raciale en spectateurs, comme pendant le procès d'O.J. Simpson, ou au lendemain d'une tragédie, comme après Katrina, ou encore comme matière à sensation dans les journaux télévisés du soir. Nous pouvons repasser les sermons du pasteur Wright sur toutes les chaînes, tous les jours, interminablement, en discuter jusqu'au dernier jour de la campagne, au point de réduire l'enjeu de cette dernière à la seule question de savoir si, oui ou non, le peuple américain estime que je partage ses propos les plus blessants. Nous pouvons sauter sur la moindre gaffe de la part d'un partisan d'Hillary pour démontrer qu'elle joue la carte raciale ; ou encore, nous pouvons nous demander si les électeurs blancs voteront en masse pour John McCain lors de l'élection générale, quel que soit son programme politique.

Oui, nous pouvons faire tout cela.

Mais si nous le faisons, je puis vous dire qu'aux prochaines élections nous parlerons encore d'autre chose qui nous détournera du propos fondamental. Et puis d'autre chose encore. Et rien ne changera.

C'est une option. L'autre, celle d'aujourd'hui, pour cette élection, est d'affirmer ensemble : « pas cette fois-ci ». Cette fois, nous voulons parler des écoles délabrées qui dérobent leur avenir à nos enfants noirs, blancs, asiatiques, hispaniques, amérindiens. Cette fois, nous voulons rejeter l'accusation cynique selon laquelle ces enfants sont incapables d'apprendre et que, comme ils ne nous ressemblent pas, ils ne sont pas notre problème. Pourtant, les enfants de ce pays ne sont pas « ces enfants-là », mais les nôtres : il n'est pas question de les laisser à la traîne dans l'économie du XXIe siècle. Pas cette fois-ci.

Cette fois, nous voulons parler des files d'attente aux urgences peuplées de Blancs, de Noirs et d'Hispaniques qui n'ont pas d'assurance maladie, qui n'ont pas le pouvoir de s'attaquer seuls aux groupes de pression, mais qui peuvent les affronter si nous nous y mettons tous.

Cette fois, nous voulons parler des usines aux volets clos qui jadis procuraient un gagne-pain honnête à des hommes et à des femmes de toute race, nous voulons parler de ces logements aujourd'hui sur le marché, qui appartenaient naguère à des Américains de toute religion, de toute région et de toute origine. Cette fois, nous voulons parler du fait que le vrai problème n'est pas que quelqu'un qui ne vous ressemble pas puisse vous prendre votre emploi ; c'est que la société pour laquelle vous travaillez va le délocaliser dans le seul but de faire du profit.

Cette fois, nous voulons parler des hommes et des femmes de toute couleur et de toute croyance qui servent ensemble, qui combattent ensemble et qui versent ensemble leur sang sous le même fier drapeau. Nous voulons parler du moyen de les rapatrier d'une guerre qui n'aurait jamais dû être autorisée et qui n'aurait jamais dû avoir lieu, et nous voulons parler de la façon dont nous allons montrer notre patriotisme en prenant soin d'eux et de leurs familles et en leur accordant les avantages qu'ils méritent.

Je ne briguerais pas la présidence si je ne croyais pas du fond du cour que c'est ce que veut l'immense majorité des Américains pour ce pays. Cette union ne sera peut-être jamais parfaite mais, génération après génération, elle a montré qu'elle pouvait toujours se parfaire. Et aujourd'hui, chaque fois que je me sens sceptique ou cynique quant à cette possibilité, ce qui me redonne le plus d'espoir, c'est la génération à venir - ces jeunes dont les attitudes, les croyances et l'ouverture au changement manifestées lors de cette élection sont des faits que l'histoire retiendra.

Il y a une histoire, en particulier, que j'aimerais vous raconter en conclusion aujourd'hui, une histoire que j'ai eu l'honneur de raconter à l'occasion du jour de naissance de Martin Luther King, dans son église Ebenezer Baptist, à Atlanta.

Il s'agit d'une jeune Blanche de 23 ans, du nom d'Ashley Baia, qui était organisatrice pour notre campagne à Florence, en Caroline du Sud. On lui avait demandé, dès le début, d'organiser une communauté principalement afro-américaine. Un jour, elle a participé à une table ronde où chacun, à tour de rôle, racontait son histoire et expliquait la raison de sa présence.

Et Ashley a dit que quand elle avait neuf ans sa mère avait eu un cancer. Comme elle avait dû manquer plusieurs jours de travail elle avait été licenciée et avait perdu son assurance maladie. La famille était acculée à la faillite. C'est à ce moment-là qu'Ashley a résolu de faire quelque chose pour aider sa mère.

Elle savait que l'alimentation était ce qui coûtait le plus cher ; c'est pourquoi Ashley a convaincu sa mère que ce qu'elle aimait par-dessus tout, ce qu'elle voulait surtout manger, c'était des sandwichs à la moutarde et aux achards. Parce que c'était ce qu'il y avait de moins cher.

C'est ce qu'elle a mangé pendant un an, jusqu'à ce que sa maman aille mieux, et elle a dit à tout le monde, à la table ronde, qu'elle s'était engagée dans la campagne pour pouvoir aider les millions d'autres enfants du pays qui veulent et doivent, eux aussi, aider leurs parents.

Notez qu'Ashley aurait pu suivre une autre voie. On lui aura peut-être dit, à un moment ou à un autre, que la source des ennuis de sa mère, c'étaient les Noirs qui profitaient des allocations familiales et étaient trop paresseux pour travailler, ou encore les Hispaniques qui entraient dans le pays sans papiers. Mais ce n'est pas la voie qu'elle a choisie. Elle a cherché des alliés dans sa lutte contre l'injustice.

Bref, Ashley termine son histoire et fait le tour de la salle pour demander aux autres pourquoi ils soutiennent la campagne. Ils ont tous des histoires et des raisons différentes. Il y en a beaucoup qui soulèvent un problème précis. Puis c'est enfin le tour d'un Noir assez âgé, qui n'a encore rien dit. Ashley lui demande pourquoi il est là. Il ne soulève aucun point précis. Il n'évoque ni l'assurance maladie ni l'économie. Il ne parle ni d'éducation ni de guerre. Il ne dit pas qu'il est là à cause de Barack Obama. Il dit simplement à toute l'assistance : « Je suis ici à cause d'Ashley. »

« Je suis ici à cause d'Ashley. » Certes, prise isolément, cette révélation instantanée d'affinité entre cette jeune fille blanche et ce vieillard noir ne suffit pas. Elle ne suffit pas à procurer des soins aux malades, un emploi aux chômeurs ou une éducation à nos enfants.

Mais c'est là notre point de départ. C'est là que notre union se renforce. Et comme tant de générations l'ont compris au long des deux cent vingt et une années écoulées depuis qu'un groupe de patriotes a signé ce document à Philadelphie, c'est là que la perfection commence.

(Fin du texte)

26/03/2008

Crimes contre l'humanité, que justice soit faite.

Faire de la rétroactivité des lois internationales, concernant la violation des droits des Femmes et des Hommes, une réalité et une obligation de toute organisation politique.

Proposé par martingrall.

Il ne s’agit pas de faire connaitre les atrocités de Génocide et d’Holocauste, dans le monde
« Ne rien oublier, ne rien transmettre »
mais au vingt et unième siècle de désigner crimes contre l’humanité, l’ensemble des conduites politiques de pays démocratiques, conduisant à la perte d’identité des citoyens d’un pays pour incapacité politique. Il est important, indispensable, que l’ONU, contrôle les dérives économiques conduisant à la régression et à la faillite des états, annulant ainsi tout développement social des nations. Il en est de l’Afrique, de l’Amérique du sud et des pays extrême et moyen-orientaux. Il en est ainsi des Etats-Unis ruinant ses concitoyens les plus pauvres, dans de criminelles actions financières menées par les politiques, les subprimes, les faillites bancaires, .....Il en est ainsi de la France. Dont un jour, chaque femme, chaque homme politique devra se soumettre au tribunal international.

Parce qu’il n’est plus question d’accepter que des Français vivent sous des abris de fortune, des tentes en plein Paris l’exubérante. Plus question d'accepter des salaires de misère au niveau du seuil de pauvreté européen. 800 euros par mois pour un travail de six jours par semaine. L'incompétence et la rente politique ne peuvent être un moyen de gestion des peuples.

Mais pour l’instant, Les dirigeants autorisant des atrocités doivent de plus en plus rendre des comptes.
C’est le mot atrocité, qu’il convient de redéfinir pour ce vingt et unième siècle. Il convient aussi de requalifier le mot de crime contre l'humanité et indemnités pour dommages de guerre économique.

Du fait de l'industrialisation et du progrès technologique, le XXe siècle a été marqué par un accroissement de la sophistication des capacités de conduire la guerre et d'infliger la mort à une échelle massive. Toutefois, parallèlement à cette tendance, s'est manifestée une coopération internationale visant à demander des comptes aux criminels de guerre et à ceux qui violaient les droits de l'homme. Ainsi donc, le XXe siècle, durant
lequel est apparu le mot « génocide » et « holocauste » est entré dans le vocabulaire courant, a-t-il aussi apporté au monde les tribunaux pénaux internationaux, les commissions vérité et réconciliation et les indemnisations des dommages de guerre.

États-Unis

Pendant la guerre de Sécession, près de 45.000 prisonniers nordistes ont
été internés dans le camp d'Andersonville (Géorgie), placé sous le
commandement du superintendant Henry Wirz. La faim, la malnutrition et la
maladie ont tué près de 13.000 hommes, soit 40 % des décès survenus chez
tous les prisonniers nordistes détenus par la Confédération (sudiste).
Après la guerre, Wirz a été traduit en justice pour conspiration et meurtre
et condamné par une cour martiale de Washington. Il a été pendu le 10
novembre 1865.

Chili

Durant les 17 ans du régime militaire d'Augusto Pinochet (de 1973 à 1990),
plus de 2.000 Chiliens ont été tués pour des raisons politiques et des
dizaines de milliers d'autres ont été détenus et torturés par les
autorités. Deux commissions de vérité et de réconciliation instituées par
les gouvernements suivants ont été chargées d'enquêter sur les atteintes
aux droits de l'homme, afin que l'État accorde des indemnités à vie aux
victimes survivantes. À la mort de Pinochet en 2006, il était sous le coup
d'environ 300 chefs d'accusation criminels, notamment pour des violations
des droits de l'homme telles que tortures, disparitions forcées et
assassinats.

Argentine

Entre 1976 et la fin 1983, la junte argentine a fait disparaître de 9.000 à
30.000 opposants politiques, parfois en leur faisant administrer des
sédatifs avant de les jeter vivants d'avions qui survolaient l'océan
Atlantique. Durant leur campagne contre les ennemis du régime, réels ou
supposés, les autorités ont également pratiqué la torture. Après le
rétablissement de la démocratie en 1983, l'ancien chef de la junte Jorge
Videla a été jugé coupable de multiples homicides, enlèvements et actes de
torture. La justice argentine a annulé en avril 2007 la grâce qui lui avait
été accordée en 1990 et Videla est actuellement en résidence surveillée.

La Haye (Pays-Bas)

La ville de la Haye héberge plus de 150 organisations juridiques
internationales, et notamment la Cour pénale internationale, qui a
compétence pour juger les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et
les génocides, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et la
Cour internationale de justice. Cette ville des Pays-Bas, où ont eu lieu
les deux premières conférences de la paix en 1899 et en 1907, est connue
dans le monde entier comme « la ville de la paix et de la justice ».

Allemagne

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les puissances alliées ont établi
un tribunal spécial à Nuremberg (Allemagne) pour traduire en justice les
principaux dirigeants politiques, militaires et économiques de l'Allemagne
nazie accusés de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de crimes
contre la paix. Pendant l'Holocauste, de 1933 à 1945, les Nazis ont tué
près de la moitié des 14 millions de Juifs de l'Europe. Parmi leurs autres
victimes figuraient des Tziganes, des homosexuels, des handicapés, des
Témoins de Jéhovah, des prisonniers de guerre soviétiques et de nombreux
civils européens. Le procès de Nuremberg (1945-1946), où furent jugés les
24 dirigeants du plus haut niveau, s'est soldé par des condamnations à mort
et des peines de prison, ainsi que par des acquittements. La création de ce
tribunal spécial a fait fonction de précédent sur lequel est fondé la Cour
pénale internationale. L'Allemagne moderne a également dû verser près de 70
milliards de dollars de réparations à Israël ainsi que 15 milliards de
dollars aux survivants de l'Holocauste.

Ex-Yougoslavie

Le conflit armé de 1992-1995 qui a abouti à la dissolution de la
Yougoslavie a fait 100.000 morts et des milliers de personnes ont été
soupçonnées d'avoir commis des atrocités à l'encontre des populations
musulmanes, croates et serbes de la région. Le Tribunal pénal international
pour l'ex-Yougoslavie, institué en 1993, est le premier tribunal établi en
vertu du chapitre 7 de la Charte des Nations unies. Il a été le premier
organisme à accuser de crimes de guerre un chef de gouvernement en
exercice, le Premier ministre serbe Slobodan Milosevic. Le tribunal entend
achever ses procès pour crimes de guerre d'ici la fin 2009 et se prononcer
sur toutes les procédures d'appel d'ici à 2010.

Rwanda

Au moins 500.000 Tutsis et des milliers de Hutus modérés ont péri au Rwanda
lors du génocide qui a eu lieu dans le pays en 1994. Le Conseil de sécurité
des Nations unies a créé le Tribunal pénal international pour le Rwanda en
Tanzanie en novembre 1994 pour traduire en justice les personnes accusées
de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre. Les
premiers procès de dirigeants rwandais ont commencé en 1997. Le tribunal
prévoit d'achever ses travaux d'ici à 2010.

Irak

En 2004, le Gouvernement intérimaire irakien a établi un tribunal spécial
pour juger les personnes accusées de génocide, de crimes contre l'humanité,
de crimes de guerre et d'autres faits graves pendant le régime baathiste
qui a duré de 1968 à 2003. L'ancien dirigeant de l'Irak Saddam Hussein et
trois autres hauts fonctionnaires ont été condamnés à mort et exécutés pour
le massacre de 148 chiites, hommes et garçons, commis à Doujail en 1982 ;
ils étaient également accusés d'autres atrocités telles que les attaques à
l'arme chimique qui ont tué des milliers de civils kurdes.

Cambodge

De 1975 à 1979, sous la direction de Pol Pot, le régime des khmers rouges a
assassiné environ 1,5 million (estimation) de Cambodgiens, qui ont été
victimes d'exécutions ou ont succombé à la faim et aux travaux forcés. En
2006, le gouvernement cambodgien et les Nations unies ont établi un
tribunal international afin de poursuivre les hauts dirigeants khmers
rouges pour crimes contre l'humanité et notamment pour génocide. Cinq
suspects, dont le Camarade Duch, commandant de la sinistre prison de Tuol
Sleng, ont été inculpés en 2007. Les procès devraient commencer en 2008.

Japon

Entre l'invasion de la Mandchourie en 1931 et la défaite de leur empire aux
mains des Alliés en 1945, les forces armées japonaises ont assassiné de 3 à
10 millions de personnes, notamment des Chinois, des Indonésiens, des
Coréens, des Philippins et des prisonniers de guerre alliés. Les soldats
japonais ont également pratiqué la torture, le pillage et le viol et
interné les gens dans des camps de travaux forcés. Un tribunal spécial, le
Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient, a été établi à
Tokyo et a siégé de 1946 à 1948 pour juger les hauts responsables
militaires et politiques ainsi que les personnes accusées de mauvais
traitement de prisonniers. La Chine a de son côté établi 13 tribunaux
chargés de juger les crimes de guerre japonais.

25/03/2008

La France ne respecte pas les droits de l’homme ! La preuve.

Regarde la porte de son voisin , tu ne verras pas l'effondrement de ta toiture.

Rapport sur les droits de l'homme dans le monde en 2007. Selon un rapport de l'ONU mâtiné USA.

Proposé par martingrall.

Ce rapport examine le bilan en matière de droits de l'homme dans le monde, pays par pays.

Introduction

Le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales inscrits
dans la Déclaration universelle des droits de l'homme est, comme l'a
rappelé le président Bush, « le fondement de la liberté, de la justice et
de la paix dans le monde ». Aujourd'hui, partout dans le monde, des hommes
et des femmes luttent contre vents et marées et prennent de grands risques
pour protéger leurs droits fondamentaux de vivre dans la dignité, de suivre
leur conscience et de dire ce qu'ils pensent sans aucune crainte, de
choisir leurs gouvernants et de les tenir responsables de leurs actions, et
d'avoir accès à une justice égale pour tous dans le cadre de la
législation.

La démocratie se conçoit de plus en plus comme le type de gouvernement le
plus à même de garantir ces droits et ces libertés fondamentales, mais
aucune forme de gouvernement n'est parfaite. La démocratie est un système
de gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple fondé sur le
principe que tous les êtres humains ont le droit inhérent de déterminer
leur propre avenir mais qu'ils sont aussi imparfaits et qu'il convient donc
d'établir des paramètres correctifs. Nos concitoyens peuvent être fiers et
se prévaloir de leur histoire, eux qui depuis la fondation de notre pays
cherchent, génération après génération, à rapprocher leur pratique de la
démocratie de leurs principes alors même qu'ils s'attachent à lutter contre
les injustices et à relever les défis de chaque nouvelle ère.

Le département d'État est pleinement conscient, alors même qu'il publie ces
rapports, des critiques exprimées tant à l'intérieur du pays qu'à
l'étranger sur notre bilan en matière de droits de l'homme. Le gouvernement
continuera à répondre en toute franchise aux préoccupations concernant nos
propres actions, y compris celles menées pour défendre notre pays contre la
menace mondiale du terrorisme. Nos lois, nos politiques et nos pratiques
ont considérablement évolué au cours des dernières années et nous nous
efforçons à tout moment de protéger la population civile innocente de toute
attaque tout en honorant notre engagement de respecter les droits de
l'homme et les libertés fondamentales. Dans le cadre de cette politique,
nous soumettons des rapports aux organes internationaux conformément aux
divers traités sur les droits de l'homme dont nous sommes signataires.

Nous prenons tous nos engagements en matière de droits de l'homme très au
sérieux et dans le cadre des efforts de bonne foi que nous déployons pour
les tenir, nous reconnaissons le rôle crucial de la société civile et des
médias. Nous ne considérons pas que les opinions exprimées par certains
membres de la communauté internationale concernant notre bilan constituent
une ingérence dans nos affaires intérieures et les autres gouvernements ne
devraient pas non plus considérer comme telle les opinions exprimées sur le
leur. De fait, la Déclaration universelle des droits de l'homme déclare que
c'est le droit et le devoir de « tous les individus et tous les organes de
la société ... de développer le respect de ces droits et libertés et d'en
assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la
reconnaissance et l'application universelles et effectives ».

Ces rapports dont la préparation est requise par le Congrès, décrivent la
manière dont, en 2007, d'autres gouvernements, partout dans le monde, ont
respecté leurs engagements internationaux en matière de droits de l'homme.
Ils informent la politique du gouvernement américain et peuvent également
servir de référence à d'autres gouvernements, à des institutions
intergouvernementales, à des organisations non gouvernementales, aux
individus et aux médias. Chaque rapport se suffit à lui-même mais leur
lecture transversale permet aussi de dégager certaines tendances au regard
des progrès des droits de l'homme et des principes démocratiques. Les
exemples donnés ci-après sont donnés à titre d'illustration et ne doivent
en aucun cas être considérés comme exhaustifs.

--------

En 2007, les pays dans lesquels la cause des droits de l'homme et de la
démocratie a sensiblement reculé ont fait la première page des journaux.
D'autres ont vu des progrès considérables dans ce domaine en dépit
d'énormes défis persistants. La majorité s'est située entre ces deux
extrêmes, enregistrant des progrès limités ou essuyant des revers ; on peut
citer les suivants à titre d'illustration :

En Mauritanie, l'inauguration en avril d'un président élu lors d'élections
reconnues par la communauté internationale comme largement libres et
régulières a marqué la première transition réussie du pays vers la
démocratie depuis son indépendance, il y a un demi-siècle. Le résultat de
ce scrutin ajouté à celui des élections parlementaires de novembre 2006 a
créé un climat de tolérance dans lequel la participation à la sphère
politique s'élargit. Le nouveau gouvernement a été le premier à mieux
s'attaquer aux problèmes des droits de l'homme, notamment à ceux liés aux
vestiges de l'esclavage, à l'inégalité sociale et politique dont souffrent
les Maures noirs et les Afro-Mauritaniens et au rapatriement des réfugiés
mauritaniens vivant au Sénégal.

Le Ghana a fêté son 50e anniversaire comme État indépendant en mars 2007.
Au cours des 15 dernières années, il a connu une série d'élections
démocratiques libres et transparentes, la naissance d'une société civile
dynamique et l'engagement de mener des réformes durables par le biais de la
bonne marche des branches du gouvernement. Sous la houlette du président
Kufuor, auquel la Constitution interdit de se présenter pour un troisième
mandat et qui jusqu'à une date récente était président de l'Union
africaine, le Ghana a aussi activement contribué à la promotion de la
démocratie et de la stabilité dans d'autres pays africains.

Dans le cadre d'un large processus de réformes, les élections
parlementaires de septembre au Maroc ont été transparentes et ont vu la
montée de l'influence du Conseil consultatif des droits de l'homme. Bien
que les observateurs aient noté des problèmes pendant la campagne et que
des tentatives de corruption et d'autres manipulations aient été signalées,
le gouvernement a publié les statistiques concernant la participation et
les résultats par district du vote populaire dans les 48 heures et tous les
partis politiques ont accepté les résultats comme justes. Certaines
réformes du système pénitencier, y compris celle y autorisant l'accès des
ONG, ont accompagné l'engagement public de développer une culture des
droits de l'homme. Des problèmes persistent néanmoins au regard des droits
de l'homme, notamment des restrictions sur la liberté de la presse et des
abus dans la partie du Sahara occidental administrée par le Maroc.

Haïti a connu trois tours d'élections démocratiques en 2006, dont celles
d'un nouveau président et du parlement. En 2007, cependant, le pays n'a pas
organisé les élections sénatoriales requises.

Au Népal, le gouvernement intérimaire a reporté par deux fois les élections
pour une Assemblée constituante après l'accord de paix de novembre 2006 qui
mettait fin à dix ans d'insurrection. Si les abus par les forces de
sécurité ont considérablement baissé, les membres des groupes maoïstes et
de la ligue des jeunes communistes, apparentée aux Maoïstes, ainsi que
d'autres petits groupes armés souvent à base ethnique ont été responsables
de nombreuses violations graves des droits de l'homme et ont attaqué des
civils, des représentants du gouvernement, des membres de certains autres
groupes ethniques, voire des Maoïstes, ou se sont attaqués les uns les
autres. Faute de soutien politique, les forces de police hésitent à
intervenir, notamment contre les Maoïstes. Le gouvernement a pris une
mesure positive en nommant des commissaires auprès de la Commission
nationale des droits de l'homme en septembre mais il n'a cependant pas
révélé où se trouvaient quelque 700 personnes portées disparues en 2006 par
la Commission et les Nations unies. L'impunité des personnes violant les
droits de l'homme, les menaces contre les médias, les arrestations
arbitraires et les longues détentions préventives restent des problèmes
graves.

En Géorgie, les progrès des droits de l'homme et de la démocratie ont été
irréguliers. Le bilan du gouvernement en matière de droits de l'homme s'est
amélioré dans certains domaines au cours de l'année. Le gouvernement a
ouvert un Institut de la magistrature qui forme des juges et le Parlement a
adopté une loi qui interdit les communications entre les juges et les
parties en dehors de la salle d'audience ; il a également promulgué un Code
de déontologie pour les juges. D'un autre côté, le respect de la liberté
d'expression, de la presse et de réunion a souffert pendant la crise
politique de l'automne au cours de laquelle on a vu des affrontements entre
police et manifestants et où le gouvernement a fait usage de force
excessive pour disperser les manifestations, a suspendu temporairement les
émissions de la station de télévision la plus populaire - ainsi que celles
de deux autres - et a déclaré l'état d'urgence. À la suite de la crise, le
président Saakashvili a présenté sa démission et a appelé à des élections
présidentielles anticipées.

Bien que les résultats du Kirghizstan en matière de droits de l'homme et de
démocratie se soient considérablement améliorés après les élections
présidentielles de 2005, la situation en 2007 est restée la même qu'en
2006, le gouvernement restreignant la liberté de réunion pacifique,
emprisonnant les organisateurs et modifiant hâtivement la Constitution, le
code électoral et sa propre composition. D'une manière générale, le
gouvernement a respecté la liberté d'expression mais il a accru la pression
sur les médias indépendants. L'Organisation pour la sécurité et la
coopération en Europe (OSCE), d'autres observateurs occidentaux des
élections et des observateurs indépendants locaux ont signalé des
violations importantes et fréquentes lors du référendum constitutionnel
d'octobre et les élections parlementaires de décembre n'ont pas été à la
hauteur des normes internationales.

En Russie, la centralisation du pouvoir dans l'exécutif, la docilité de la
Douma, la corruption et la sélectivité de l'application de la législation,
la lourdeur des prescriptions concernant l'enregistrement des ONG, le
harcèlement de certaines d'entre elles, et les restrictions imposées sur
les médias ont continué à éroder la responsabilité du gouvernement envers
ses administrés. Du fait qu'il détient directement nombre d'organes
d'information, qu'il influence les propriétaires de nombreux autres, qu'il
harcèle et intimide les journalistes et les oblige à s'autocensurer, le
gouvernement continue à affaiblir la liberté de la presse. Des assassinats
de journalistes n'ont toujours pas été élucidés. La loi concernant
l'extrémisme a été utilisée pour limiter la liberté d'expression et de
réunion. Le gouvernement a considérablement restreint la capacité des
partis politiques d'opposition et des candidats individuels de participer
au processus politique. Les élections de décembre à la Douma ont été
entachées de problèmes pendant la campagne et le jour du scrutin : abus des
ressources administratives, favoritisme des médias pour le parti de la
Russie unie soutenu par le président Poutine, harcèlement des partis de
l'opposition, difficultés pour l'opposition de faire inscrire ses candidats
et de faire campagne, et fraude électorale. Les observateurs internationaux
ont conclu que les élections n'avaient pas été régulières et ne répondaient
pas aux normes des élections démocratiques. Le bilan des droits de l'homme
est resté mauvais à l'intérieur et autour de la république de Tchétchénie
et il s'est empiré en République d'Ingouchie où l'on a vu une montée de la
violence et des abus de la part des forces de sécurité.

En dépit de l'engagement déclaré du président Musharraf en faveur de la
transition démocratique, la situation des droits de l'homme s'est dégradée
au Pakistan en 2007. Après la suspension du président de la Cour suprême
par M. Musharraf, les magistrats et la société civile ont manifesté,
demandant l'indépendance du pouvoir judiciaire, ce qui a causé des
arrestations en masse qui ont elles-mêmes amené une longue grève des
magistrats. En novembre, le président Musharraf a déclaré l'état d'urgence
avant la décision attendue de la Cour suprême sur son éligibilité de se
représenter à la présidence. Pendant cette période, il a suspendu la
Constitution et arrêté huit juges de la Cour suprême, y compris son
président, et 40 juges de hautes cours régionales. Les autorités ont aussi
arrêté quelque 6.000 membres de partis de l'opposition, défenseurs des
droits de l'homme, juges et autres magistrats. À la fin de l'année, il y
avait toujours 11 juges suspendus et 3 magistrats assignés à domicile et
les médias étaient tenus de signer un code de conduite qui leur interdisait
de critiquer le gouvernement sous peine d'être interdits de publication.
D'un autre côté, le président Musharraf s'est démis de ses fonctions de
Chef des forces armées à la fin de novembre, prêté serment de chef de
l'État à titre civil et a levé l'état de siège en décembre. Les dirigeants
des deux principaux partis d'opposition sont revenus d'exil et des
élections parlementaires ont été programmées : elles ont été reportées
après l'assassinat de Benazir Bhutto.

Au Bangladesh, la situation des droits de l'homme s'est dégradée en partie
du fait de la proclamation de l'état d'urgence et du report des élections.
Les Règles de l'état d'urgence, proclamées par le gouvernement en janvier
et en vigueur pendant toute l'année, ont suspendu de nombreux droits et
libertés fondamentaux, dont la liberté de la presse, la liberté
d'association et le droit de caution. Les mesures anticorruption lancées
par le gouvernement ont bénéficié du soutien populaire mais aussi suscité
des inquiétudes quant à l'observation des procédures judiciaires
régulières. Pendant la plus grande partie de l'année, le gouvernement a
interdit toutes les activités politiques mais cette décision n'a pas
toujours été appliquée. Si le nombre des exécutions extrajudiciaires par
les forces de sécurité a sensiblement baissé, ces forces ont été accusées
de nombreux abus, notamment de morts survenues en prison, d'arrestations et
de détentions arbitraires et de harcèlement de journalistes.

Au Sri Lanka, le respect des droits de l'homme par le gouvernement a
continué de baisser, le conflit armé créant un cycle de violence attisé par
les deux côtés. Des rapports crédibles font état de meurtres par des agents
du gouvernement, d'assassinats par des inconnus, d'exécutions politiquement
motivées, de recrutement d'enfants soldats par les forces paramilitaires
liées au gouvernement, de disparitions, d'arrestations et de détentions
arbitraires et de nombreux autres abus graves. Les exécutions
extrajudiciaires dans la péninsule de Jaffna sous contrôle du gouvernement
ont considérablement augmenté. De nombreux rapports disent que des agents
de l'armée, de la police et de groupes paramilitaires progouvernementaux
ont participé à des attaques contre des civils, torturé, kidnappé, pris des
otages et se sont livrés à des extorsions en toute impunité. Les Tigres de
la libération de Tamil Eelam, organisation terroriste reconnue qui contrôle
d'importants territoires dans le nord de l' île, ont continué à attaquer
les civils, à se livrer à la torture et à pratiquer des arrestations et des
détentions arbitraires et d'autres abus.

En 2007, l'insécurité causée par les conflits internes ou transfrontaliers
a continué de menacer ou de bloquer les progrès des droits de l'homme et de
la démocratie. Ailleurs, inversement, les améliorations en matière de
sécurité ont permis de créer des conditions plus propices à des avancées
dans ces domaines.

Les mesures prises par le gouvernement colombien en faveur des droits de
l'homme et pour améliorer la sécurité ont eu des effets visibles.
L'application de la Loi sur la justice et la paix a aidé à tirer au clair
plus de 3.000 crimes et a amené l'exhumation de charniers : plus d'un
millier de cadavres ont pu être identifiés. Les enquêtes de la Cour suprême
et du Procureur général sur les liens entre des politiques et des groupes
paramilitaires ont impliqué un certain nombre d'élus dont plusieurs étaient
en prison à la fin de l'année. Une directive du ministère de la défense a
permis de transférer quelque 600 affaires de droits de l'homme qui devaient
être jugées par des tribunaux militaires à des tribunaux civils.

En Irak, la constitution et la législation offrent un cadre pour le libre
exercice des droits de l'homme et de nombreux civils ont participé aux
efforts de création d'institutions civiles et sécuritaires visant à
protéger ces droits. Il reste que la violence sectaire, ethnique et
extrémiste et la faiblesse du gouvernement au regard du respect de l'État
de droit ont entraîné des abus graves et généralisés des droits de l'homme
et l'apparition d'un grand nombre de réfugiés et de personnes déplacées à
l'intérieur de leur propre pays (PDI). Les six premiers mois de l'année ont
été les plus meurtriers de la guerre et les six mois suivants ont vu une
chute notable du nombre des morts de civils avec la mise en ouvre d'une
nouvelle stratégie. Grâce aux nouveaux efforts militaires, la violence a
décru, le cessez-le-feu de certains groupes chiites s'est imposé et des
groupes locaux de citoyens ont contré les extrémistes. Au cours de l'année,
les institutions gouvernementales ont été soumises à toutes sortes de
pressions et elles ont eu des difficultés à faire face aux défis posés par
les violations généralisées des droits de l'homme et les attaques
d'Al-Qaïda, des terroristes et des groupes extrémistes dans le pays. Les
groupes terroristes ont continué à attaquer les civils et les forces de
sécurité.

Malgré les progrès importants enregistrés depuis la chute des talibans en
2001, le bilan de l'Afghanistan en matière de droits de l'homme reste
médiocre du fait de l'insurrection qui reste meurtrière, de la faiblesse du
gouvernement et des institutions traditionnelles, de la corruption et du
trafic de drogues, et de 25 années de conflit. Si le gouvernement a quelque
peu assis son autorité dans les centres provinciaux, les talibans et les
factions opérant en dehors de l'autorité de l'État contrôlent certaines
parties du pays. Au cours de l'année, plus de 6.500 personnes ont été tuées
par des bombes de bord de route, dans des attaques suicides ou des combats,
ce qui représente une augmentation considérable par rapport à l'an dernier.
Les abus perpétrés par les forces de sécurité ont continué - exécutions
extrajudiciaires, arrestations et détentions arbitraires et torture, le
tout dans la plus grande impunité officielle. Le gouvernement a cependant
fait des efforts pour professionnaliser l'armée et la police : la
surveillance accrue de la police par des observateurs afghans et étrangers
a permis de prévenir des abus et la formation aux droits de l'homme fait
désormais partie intégrante de l'entraînement des forces de police et de
l'armée.

Au Liban, les progrès de la démocratie et des droits de l'homme se heurtent
toujours à une opposition qui se manifeste sous la forme d'une campagne de
violence et d'assassinats et qui est appuyée de l'étranger pour prévenir le
fonctionnement du gouvernement. Des groupes militants ont poursuivi leurs
tentatives de terroriser la population, notamment par le biais d'une série
d'attentats à la voiture piégée et d'assassinats. Entre mars et septembre,
le conflit de Nahr al-Barid entre les forces armées libanaises et le groupe
terroriste Fatah al-Islam a causé la mort de 168 soldats et de quelque 42
civils et le déplacement interne d'environ 30.000 réfugiés palestiniens.
L'opposition libanaise, soutenue par des forces extérieures, a continué de
bloquer les élections présidentielles en refusant de permettre au Parlement
de se réunir. Cependant, le cabinet libanais sous la direction du premier
ministre Fouad Siniora a continué à travailler d'arrache-pied pour assurer
le fonctionnement du gouvernement.

La République démocratique du Congo a tenu des élections présidentielles et
législatives démocratiques en 2006, concluant ainsi le processus de
transition entamé en 2002 qui avait mis fin à une guerre civile et à un
conflit régional destructifs. Malgré cet événement marquant, d'importants
problèmes subsistent en ce qui concerne les droits de l'homme. Le bilan du
gouvernement dans ce domaine est resté médiocre en 2007, la liberté de la
presse a été entamée et la corruption est restée endémique. Des conflits
armés internes se sont poursuivis dans certaines régions de l'Est riches en
minerais où les forces de sécurité et des groupes armés ont agi en toute
impunité pendant toute l'année, commettant de graves abus, au nombre
desquels il faut citer des exécutions illégales, des violences sexuelles
extrêmes, le recrutement et l'utilisation d'enfants soldats et le
harcèlement des observateurs des droits de l'homme envoyés par les Nations
unies. En novembre, cependant, le gouvernement congolais a conclu un accord
avec le gouvernement rwandais sur les groupes armés restant au Congo
oriental, y compris les Forces pour la libération démocratique du Rwanda.

Avec l'aide des Nations unies et de la communauté internationale, l'ordre a
été restauré au Timor-Oriental après les violences de 2006 et le pays a
réussi à organiser deux séries d'élections démocratiques : des
présidentielles en avril et mai et des parlementaires en juin. Le
gouvernement a lancé des réformes, dont une restructuration des forces de
police, mais il dépend toujours beaucoup des forces de sécurité étrangères
sur lesquelles il n'a pas de contrôle direct. Bien que le système
judiciaire ait été quelque peu réformé, il dépend aussi toujours beaucoup
de l'assistance et du personnel international. Malgré les efforts lancés
pour s'attaquer aux rivalités régionales, personnelles et politiques qui
sont à la base des troubles dans le pays, la présence de groupes rebelles
armés continue de poser de gros problèmes pour le développement
démocratique du Timor-Oriental.

La signature de l'Accord politique de Ouagadougou négocié par le président
burkinabé Blaise Compaoré pour la Côte d'Ivoire a soulevé de grands
espoirs. Le président ivoirien Gbagbo et l'ancien chef rebelle Guillaume
Soro ont rapidement constitué un gouvernement de transition mais,
s'agissant de certaines questions clés de l'accord - dont le désarmement
des factions armées, la réunification du pays, la détermination de la
citoyenneté des personnes sans papiers et la préparation des prochaines
élections présidentielles - les progrès sont lents et sporadiques dans une
atmosphère de faible volonté politique.

En Ouganda, la situation sécuritaire et des droits de l'homme s'est
sensiblement améliorée depuis que les forces armées ont refoulé l'Armée de
résistance du Seigneur (LRA) dans le nord du pays en 2005 et entamé des
négociations en vue d'un accord de paix, sous la houlette du gouvernement
du Soudan méridional en 2006. On n'a enregistré aucune attaque de la LRA en
2007. Quelque 400.000 Ougandais déplacés sont revenus dans leurs foyers en
2006 et 2007 et beaucoup d'autres sont prêts à faire de même si le
cessez-le-feu se poursuit. L'amélioration de la sécurité dans le nord a
permis de mettre fin à ce qu'on appelait les « navettes de nuit » dans le
cadre desquelles les enfants quittaient nuitamment les zones de conflit ou
les camps de PDI pour se rendre dans des centres urbains pour éviter d'être
enlevés par la LRA.

Les pays dans lesquels le pouvoir est aux mains de dirigeants qui ne
rendent de comptes à personne sont ceux où l'on enregistre les violations
les plus systématiques des droits de l'homme.

En Corée du Nord, le régime répressif continue de contrôler pratiquement
tous les aspects de la vie des citoyens, niant toute liberté d'expression,
de presse, d'association, de réunion, et restreignant la liberté de
circulation et les droits des travailleurs. Des rapports en provenance de
ce pays coupé du monde font état d'exécutions extrajudiciaires, de
disparitions et de détentions arbitraires, y compris politiques ; certains
réfugiés rapatriés de force auraient été assujettis à de graves punitions,
voire torturés. On continue de recevoir des rapports d'exécutions
publiques.

Le bilan catastrophique de la Birmanie en matière des droits de l'homme a
continué de s'empirer. Pendant toute l'année, le gouvernement a continué de
pratiquer des exécutions extrajudiciaires et il est responsable de
disparitions, de détentions arbitraires et indéfinies, de viols et de
tortures. En septembre, les forces de sécurité ont tué au moins 30
manifestants et en ont placé plus de 3.000 en garde à vue lors de la
répression brutale de manifestations pacifiques par, notamment, des moines
et des tenants de la démocratie. Malgré ses promesses, le régime n'a pas
rempli son engagement d'ouvrir un vrai dialogue avec l'opposition
démocratique et les groupes ethniques minoritaires. Défiant les appels du
Conseil de sécurité des Nations unies et de l'Association des nations de
l'Asie du Sud-Est demandant la libération rapide de tous les prisonniers
politiques, le régime garde toujours les dirigeants de l'opposition en
prison, y compris la lauréate du prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi,
qui est assignée à domicile.

En Iran, le régime a violé les libertés de parole et de réunion et a
intensifié la répression des dissidents, journalistes, activistes des
droits de la femme et des travailleurs et de tous ceux qui ne sont pas
d'accord avec lui : arrestations et détentions arbitraires, torture,
enlèvements, recours à une force excessive, déni généralisé de procès
équitables sont monnaie courante. Le régime a continué à emprisonner et
maltraiter les minorités ethniques et religieuses. Les autorités ont
utilisé le lynchage comme sentence et méthode d'exécution dans des cas
allégués d'adultère en dépit d'un moratoire de 2002 interdisant cette
pratique. Le régime a continué de soutenir les mouvements terroristes et
extrémistes violents en Syrie, en Irak et au Liban et a demandé la
destruction d'un État membre des Nations unies.

Le bilan de la Syrie en matière de droits de l'homme a empiré cette année
et le régime a continué de perpétrer de graves abus, dont la détention d'un
nombre croissant d'activistes, d'organisateurs de la société civile et
d'autres critiques du régime. Il a condamné à des peines de prison des
membres éminents de la communauté des droits de l'homme, y compris, en
décembre, un certain nombre de dirigeants du Conseil national de la
déclaration de Damas. Il a continué à juger certains politiques dans des
cours pénales : par exemple, en avril et mai respectivement, les autorités
ont condamné Anouar al-Bunni et Michel Kilo au motif « d'avoir affaibli le
sentiment national en temps de guerre ». Le régime syrien continue de
soutenir les groupes terroristes et extrémistes violents, leur permettant
de poursuivre leurs activités de déstabilisation et de violation des droits
de l'homme au Liban, dans les Territoires palestiniens et ailleurs.

Au Zimbabwe, 2007 a été la pire année à ce jour pour les défenseurs des
droits de l'homme. Malgré les récents efforts des dirigeants régionaux, les
attaques du gouvernement contre les droits de l'homme et la démocratie se
sont sensiblement accrues. Le régime de Mugabe a renforcé ses efforts pour
limiter l'opposition politique, et la corruption officielle et l'impunité
sont endémiques. Les forces de sécurité ont harcelé, tabassé et détenu
arbitrairement les partisans de l'opposition et les critiques dans les ONG
des droits de l'homme, les médias, et la main-d'ouvre organisée tout autant
que les citoyens ordinaires. De récents rapports d'organisations
indépendantes travaillant au Zimbabwe font état de plus de 8.000 cas d'abus
des droits de l'homme en 2007, dont plus de 1 400 cas d'attaques contre des
étudiants et au moins 1 600 cas d'arrestations et de détentions illégales.
Les groupes de défenseurs des droits de l'homme rapportent que les cas de
torture psychologique et physique perpétrés par les forces de sécurité et
les agents du gouvernement ont augmenté au cours de l'année. Les victimes
disent avoir été battues au moyen de fouets et de câbles, suspendues et
assujetties à des chocs électriques.

Cuba est toujours sous le contrôle totalitaire du président par intérim
Raul Castro et du Premier secrétaire du parti communiste, Fidel Castro. Le
régime a continué de priver ses citoyens de leurs droits et de leurs
libertés fondamentales, dont le droit de changer de régime, le droit à un
procès équitable, la liberté de parole, la liberté de la presse, la liberté
de réunion, la liberté de circulation et le droit d'association. Bien que
le nombre estimé des prisonniers politiques ne soit plus que de 240, contre
283 l'an dernier, les conditions carcérales restent extrêmement dures et
les autorités frappent, harcèlent et menacent de mort les dissidents tant
en prison qu'en dehors. Sur les 75 activistes pacifiques, journalistes,
syndicalistes et figures de l'opposition arrêtés et condamnés en 2003, 59
sont toujours emprisonnés. Le nombre et la brutalité des attaques
collectives ordonnées par le gouvernement contre les dissidents en vue ont
diminué par rapport aux années précédentes mais le nombre des mises en
examen et des détentions provisoires des citoyens ordinaires exprimant leur
différence d'opinion semble être en hausse.

En Biélorussie, le gouvernement autoritaire de Loukachenko a imposé des
limites à la liberté de la presse, de parole, de réunion, d'association et
de religion. Des douzaines d'activistes et de tenants de la démocratie ont
été arrêtés et condamnés pour des raisons politiquement motivées. Alexander
Kozuline, un des opposants de Loukachenko lors des élections
présidentielles de 2006, est toujours en prison. En janvier, Loukachenko a
consolidé son pouvoir grâce à des élections locales qui, de l'avis des
observateurs, ne répondaient pas aux normes internationales. L'Assemblée
générale des Nations unies a adopté, pour la deuxième année successive, une
résolution condamnant la situation des droits de l'homme en Biélorussie et
demandant la libération immédiate et inconditionnelle de tous les
prisonniers politiques et autres personnes détenues pour avoir tenté
d'exercer ou de promouvoir les droits de l'homme.

En Ouzbékistan, le président Karimov et l'exécutif ont dominé la vie
politique et exercé un contrôle quasi complet sur les autres branches du
gouvernement. Les forces de sécurité ont continué de torturer, frapper et
maltraiter systématiquement des détenus lors des interrogatoires pour en
obtenir des confessions ou des informations incriminantes et plusieurs
détenus, censément membres d'organisations considérées comme dangereuses
par le régime, sont morts pendant leur garde à vue. En novembre, le Comité
des Nations unies contre la torture a conclu que la torture et les mauvais
traitements étaient systémiques dans tout le processus d'investigation. Le
gouvernement cherche à contrôler toutes les ONG et les activités
religieuses.

En Érythrée, le bilan du gouvernement en matière de droits de l'homme reste
médiocre. On y a noté d'importantes restrictions à la liberté de parole, de
la presse, de réunion, d'association et de religion, notamment en ce qui
concerne les groupes religieux qui n'étaient pas approuvés par le
gouvernement. Les autorités ont continué à commettre de graves abus :
limitation du droit des citoyens à changer de régime dans le cadre d'un
processus démocratique ; exécutions illégales par les forces de sécurité ;
torture et passage à tabac des prisonniers - quelquefois à mort ;
arrestation et torture des individus cherchant à éviter le service
militaire - certains seraient morts de causes inconnues pendant leur garde
à vue ; conditions carcérales extrêmement dures ; arrestations et
détentions arbitraires ; arrestation des membres de la famille de ceux qui
cherchent à éviter le service militaire ; ingérence de l'exécutif dans le
judiciaire ; et recours à des tribunaux spéciaux pour contourner la
procédure ré
gulière.

Le bilan du Soudan en matière de droits de l'homme est resté catastrophique
en 2007 : les informations concernant les exécutions extrajudiciaires, les
tortures, les passages à tabac et les viols par les forces de sécurité du
gouvernement et leurs milices au Darfour ne cessent de se multiplier.
Malgré la signature de l'accord de paix au Darfour en 2006, les violences
ont augmenté en 2007 et la région a sombré plus avant dans le chaos : le
gouvernement a continué ses bombardements aériens des villages, les groupes
rebelles se sont scindés et ont multiplié leurs attaques, et les conflits
entre tribus se sont intensifiés. Depuis 2003, au moins 200.000 personnes
sont mortes d'actes de violence, de faim ou de maladie. Le gouvernement
américain a qualifié le conflit de génocide et des civils innocents ont
continué de souffrir. À la fin de l'année, on comptait plus de deux
millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays et quelque 231.000
autres avaient traversé la frontière pour chercher refuge au Tchad. Le
gouvernement a mis des obstacles au déploiement de la force internationale
hybride de maintien de la paix de l'ONUet de l'Union africaine, et ses
forces de sécurité ont bloqué l'aide humanitaire de secours. Les
humanitaires sont devenus de plus en plus souvent les cibles de la
violence. Selon les Nations unies, 13 travailleurs des droits de l'homme
ont été tués, 59 attaqués, 61 arrêtés et mis en détention et 147 enlevés
pendant l'année.

Certains pays à régime autoritaire qui ont lancé des réformes économiques
ont connu des changements sociétaux rapides mais ils ne se sont pas encore
engagés dans la voie des réformes politiques démocratiques et continuent à
priver leurs citoyens de leurs droits de l'homme et de leurs libertés
fondamentales.

Par exemple, le bilan de la Chine en matière de droits de l'homme est resté
médiocre en 2007. Le contrôle de la liberté religieuse s'est durci dans la
zone tibétaine et dans la province autonome de Xinjiang et le traitement
des pétitionnaires a empiré à Pékin. Le gouvernement a aussi continué à
surveiller, harceler, arrêter, interpeller et emprisonner les activistes,
écrivains, journalistes et avocats pour la défense et leurs familles qui,
pour nombre d'entre eux, cherchaient à exercer leurs droits légaux. Si le
gouvernement a mené à bien certaines réformes - il a notamment redonné à la
Cour suprême le pouvoir de passer en revue les sentences de peine de mort
dans les affaires à mise à exécution immédiate - les tentatives en vue de
réformer ou d'abolir le système de rééducation par le travail n'ont pas
abouti. De nouveaux règlements temporaires ont amélioré les conditions de
travail des journalistes étrangers mais ils ne sont pas toujours appliqués,
ce qui rend difficiles les reportages. En 2007, le gouvernement a renforcé
ses tentatives de contrôler et de censurer l'Internet et durci les
restrictions sur la liberté de parole et sur la presse intérieure. Il a
continué de surveiller, harceler, interpeller, arrêter et emprisonner les
journalistes, les écrivains de l'Internet et les blogueurs. Selon des ONG,
29 journalistes et 51 cyber-dissidents et utilisateurs de l'Internet
étaient encore emprisonnés à la fin de l'année. Le nombre de citoyens
condamnés au titre de la loi sur la sécurité de l'État, qui est souvent
utilisée pour faire taire les critiques du gouvernement, a augmenté de 20 %
par rapport à 2006. En décembre, l'activiste bien connu des droits de
l'homme Hu Jia a été arrêté à son domicile et interpellé : il était
soupçonné d' « incitation à la subversion contre le pouvoir de l'État ». Sa
femme et sa petite fille auraient été assignées à domicile. Les ONG tant
locales qu'internationales sont soumises à des examens minutieux et à des
restrictions.

Trois éléments indispensables et solidaires doivent être présents pour
qu'une démocratie puisse faire des progrès durables :

Primo : un processus électoral libre et juste. Les élections démocratiques
sont des jalons sur la voie de la démocratie. Elles peuvent aider le pays à
s'engager sur la voie des réformes, poser les bases de
l'institutionnalisation des protections offertes par les droits de l'homme
et de la bonne gouvernance, et ouvrir un espace politique pour la société
civile. Mais les élections ne consistent pas seulement en la sélection des
candidats et un comptage honnête des votes le jour du scrutin. La période
préélectorale doit voir une vraie concurrence de la part des forces
pacifiques opposées au gouvernement en place et le respect intégral des
droits fondamentaux de la liberté d'expression, de réunion pacifique et
d'association. Cela signifie que les partis politiques doivent pouvoir
s'organiser et présenter leur point de vue par l'intermédiaire d'une presse
libre, de meetings et de discours.

Secundo : des institutions gouvernementales représentatives et responsables
respectant l'État de droit. Par-delà un processus électoral libre et juste,
les démocraties doivent se doter d'institutions gouvernementales
représentatives, responsables et transparentes, y compris de partis
politiques fondés sur des idées, pas seulement sur des personnalités ou une
identification ethnique ou tribale, et des systèmes législatifs et
judiciaires indépendants capables de garantir que les dirigeants élus
démocratiquement peuvent gouverner démocratiquement une fois en place.
L'État de droit déterminé par les représentants démocratiquement élus doit
remplacer la culture de la corruption. La démocratie peut se révéler
fragile dans les pays où les institutions gouvernementales sont faibles ou,
au contraire, sans restrictions, où la corruption règne et où la
réconciliation n'a pas encore eu lieu entre les diverses ethnies ou tribus
ou entre les élites bien établies et ceux qui ont été privés de leurs
droits. Les pays pauvres qui adoptent des politiques de bonne gouvernance
propices à la croissance et qui investissent dans leurs citoyens sont les
plus à même d'utiliser judicieusement leur aide au développement et
d'atteindre leurs objectifs, gagnant ainsi le respect et le soutien de
leurs citoyens. Un pays dont le gouvernement représentatif et responsable
accorde une juste protection à ses citoyens dans le cadre de la législation
en vigueur est un pays où il est peu probable que les extrémistes violents
viennent s'installer.

Tertio : des sociétés civiles indépendantes et florissantes, des partis
politiques sans entrave et des ONG et des médias libres. Une société civile
ouverte et forte aide à garder les élections et les élus honnêtes, à mettre
le processus de construction de la démocratie sur la bonne voie et à
encourager ses membres à contribuer au succès de leur pays.

Au Vénézuéla, les tentatives d'un dirigeant démocratiquement élu de saper
les institutions démocratiques et d'intimider la société civile se sont
heurtées à une vigoureuse résistance. En 2007, le président Chavez a
continué à consolider le pouvoir de l'exécutif et à affaiblir les
institutions démocratiques, les médias indépendants et la société civile.
Il a invoqué la loi permettant la suspension des émissions de
télécommunications et en mai le gouvernement a refusé de renouveler la
licence de Radio Caracas Television, forçant ainsi une des dernières
chaînes indépendantes ayant une audience nationale à cesser ses émissions.
Le président a également proposé des modifications à la constitution qui
auraient étendu la durée et éliminé la limite du nombre des mandats
présidentiels, mis sur la touche les autres élus, donné au président plus
de contrôle sur l'économie et limité le financement étranger des ONG
nationales. Des dizaines de milliers de citoyens ont manifesté, quelquefois
de manière violente, pour et contre les amendements proposés. Les tenants
du gouvernement ont harcelé et tenté d'intimider l'opposition, notamment
les étudiants, tiré contre des groupes lors de meetings et blessé un nombre
indéterminé de personnes. En fin de compte, en décembre, ces changements
ont été rejetés par une faible majorité lors d'un référendum : le président
Chavez a accepté le résultat.

Au Nigéria, après les élections présidentielles, législatives et nationales
d'avril qui avaient été marquées par la fraude généralisée et nombre
d'incidents de violence, la démocratie encore fragile a montré qu'elle
n'était pas morte. Dans les tribunaux créés pour juger plus de 1.200
pétitions contestant les résultats d'élections à tous les niveaux, le
judiciaire a montré son indépendance et a annulé les résultats d'un certain
nombre d'élections de sénateurs et de gouverneurs. Soumis à de fortes
pressions, le gouvernement a constitué un comité chargé de réformer la
Commission électorale indépendante nationale dont la lenteur des
préparatifs électoraux avait sensiblement sapé la crédibilité du scrutin.
La Commission des crimes économiques et financiers a poursuivi ses travaux
et examiné les allégations de corruption à tous les niveaux du gouvernement
mais la réaffectation de son président à la fin de l'année a été perçue
comme un coup porté aux efforts anticorruption.

En août, le gouvernement intérimaire thaïlandais a organisé un référendum
sur une nouvelle constitution - jalon majeur dans le retour du pays à la
démocratie après le coup d'État de 2006. Les élections parlementaires de
décembre ont été en général libres et régulières en dépit de certaines
allégations de corruption, d'intimidation et d'autres irrégularités
mineures. Les résultats officieux donnaient une majorité des sièges au
Parti du pouvoir du peuple (PPP) dont la direction était étroitement liée
avec l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra. À la fin de l'année, le
pays devait toujours relever de gros défis : consolider son retour à un
gouvernement élu et éliminer les causes sous-jacentes du coup d'État en
renforçant le contrôle civil de l'armée ; renforcer les institutions
démocratiques ; prouver son respect de la liberté de parole et de la presse
; faire avancer les enquêtes sur les abus des droits de l'homme, notamment
les exécutions extrajudiciaires et les disparitions pendant les campagnes
de lutte contre les insurgés et les narcotrafiquants ; et combattre la
corruption officielle.

Au Kénya, les violences qui ont suivi les élections présidentielles,
parlementaires et locales très serrées de décembre ont révélé les
faiblesses fondamentales des institutions démocratiques, dont la
concentration des pouvoirs sur la présidence et la nécessité d'une réforme
constitutionnelle. Les observateurs des élections ont remarqué que si le
processus de vote et de comptage avait en gros été conforme aux normes
démocratiques, il y avait eu de graves irrégularités dans le décompte des
résultats. La police et des émeutiers ont tué un nombre inconnu de
personnes de diverses ethnies et des dizaines de milliers de personnes ont
été déplacées lors des violences qui ont suivi les élections.

Pour la société civile et les médias indépendants, les libertés
d'expression, d'association et de réunion pacifique sont comme de
l'oxygène. Sans elles, la démocratie se trouve privée de son souffle de
vie. Malheureusement, en 2007, dans toutes les régions du monde, des
gouvernements ont abusé de leurs pouvoirs et détourné la législation aux
dépens des ONG, des journalistes et des autres activistes de la société
civile. En plus des restrictions et des mesures répressives déjà
mentionnées dans cette introduction et dont ont souffert la société civile
et les médias, on peut citer les exemples suivants :

En Égypte, les activistes de l'opposition, les journalistes et les ONG
continuent de réclamer des réformes et de critiquer le gouvernement malgré
les tentatives faites par ce dernier pour les faire taire. Le gouvernement
retient toujours un ancien candidat à la présidence, Ayman Nour, comme
prisonnier politique, accuse les journalistes de diffamation, met aux
arrêts les blogueurs de l'Internet et limite sévèrement la liberté
d'association. En septembre, 7 rédacteurs de journaux indépendants ont été
condamnés à diverses peines pour des chefs d'inculpation allant d'avoir
cité inexactement le ministre de la justice à avoir diffamé le président et
de hauts responsables du parti au pouvoir, le Parti démocratique national.
Pendant l'année, la police a placé plusieurs blogueurs en garde à vue pour
des périodes de plusieurs jours. En septembre, le gouvernement a ordonné la
fermeture de l'ONG « Aide juridique pour les droits de l'homme » au
prétexte qu'elle avait reçu des fonds de l'étranger sans l'approbation du
gouvernement : elle avait contribué à exposer plusieurs cas de torture par
les forces de sécurité.

Au cours de l'année, la liberté des médias a été sensiblement réduite en
Azerbaïdjan. Selon des observateurs, la condamnation et l'emprisonnement de
huit journalistes et le maintien en prison d'un autre incarcéré depuis 2006
étaient politiquement motivés (sept d'entre eux ont été relâchés plus tard
; les deux autres sont toujours emprisonnés). Un autre journaliste dont la
mise en examen est considérée comme politiquement motivée est toujours en
détention préventive. Deux journaux que le gouvernement avait suspendus en
mai n'avaient pas encore repris leur publication à la fin de l'année. Le
nombre des procès en diffamation qui menacent la fiabilité financière des
médias imprimés a augmenté. Les journalistes font l'objet de menaces et de
mesures de harcèlement et de violence qui semblent liées à leurs critiques
du régime ou de fonctionnaires précis.

Au Rwanda, la liberté de la presse s'est dégradée avec la mise en
application par le gouvernement de lois vagues mais de large portée. On
signale de plus en plus d'exemples de cas où le gouvernement a harcelé,
condamné à des amendes et intimidé des journalistes indépendants qui
avaient critiqué ses actions sur des sujets sensibles ou qui, selon un
conseil semi-indépendant de régulation des médias, avaient censément violé
la législation ou les normes journalistiques. De nombreux journalistes
s'autocensurent.

Au Vietnam, les activités des ONG sont très limitées parce que le
gouvernement surveille de près ces organisations. La société civile est en
alerte du fait de la répression constante des dissidents par le
gouvernement qui s'est traduite par la mise en examen d'un certain nombre
d'activistes des droits de l'homme et de la démocratie, a disloqué les
organisations d'opposition naissantes et contraint plusieurs dissidents à
quitter le pays. Le gouvernement et les organisations contrôlées par le
parti ont monopolisé toutes les sources d'information (presse, radio,
télévision et médias électroniques) et bloqué tout un éventail de sites web
donnant des nouvelles internationales et des informations sur les droits de
l'homme. Certaines organisations de médias ont cependant commencé à pousser
les limites de la censure.

En Tunisie, le gouvernement a continué à intimider, harceler, appréhender,
emprisonner et attaquer physiquement des journalistes, des leaders
syndicalistes et des personnes travaillant pour des ONG. Il a aussi
continué à imposer des restrictions sur le financement extérieur des
organisations qu'il n'a pas approuvées. L'écrivain et avocat Mohammed
Abbou, qui avait été mis en prison en 2005 pour avoir affiché des articles
critiques du président Ben Ali sur l'Internet, a été libéré mais il reste
interdit de sortie du pays.

Au Kazakhstan, le gouvernement a continué son harcèlement des médias de
l'opposition : impôts ciblés, enquêtes de réglementation, pressions sur les
sociétés d'impression des journaux et blocage des sites web. En novembre,
il s'est publiquement engagé à réformer le code électoral avec l'aide de
l'OSCE, à libéraliser les prescriptions d'enregistrement des partis
politiques, à modifier la législation des médias en prenant en compte les
recommandations de l'OSCE de réduire la responsabilité pénale des actes de
diffamation, et à libéraliser les procédures d'enregistrement des médias.

Si les défis sont restés énormes, 2007 a aussi vu des efforts concertés au
niveau mondial et régional en faveur des droits de l'homme et de la
démocratie :

Des résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies ont condamné
nommément les violations des droits de l'homme commises par la Corée du
Nord, la Biélorussie, l'Iran et la Birmanie, et l'obligation des
gouvernements de protéger et de promouvoir les droits de l'homme et les
libertés fondamentales reste une des missions centrales de la Troisième
commission de l'Assemblée.

La brutale répression des manifestations pacifiques des moines et des
tenants de la démocratie par la Birmanie a amené le Conseil des droits de
l'homme, généralement laxiste et contreproductif, à convoquer une session
spéciale et à adopter, en octobre, une déclaration du Conseil de sécurité
demandant la libération immédiate de tous les prisonniers politiques,
insistant sur la nécessité pour le régime de « créer les conditions
nécessaires pour engager un dialogue authentique avec Aung San Suu Kyi et
toutes les parties concernées ainsi que les groupes ethniques » et
l'invitant « à prendre toutes les mesures nécessaires pour résoudre les
problèmes politiques, économiques, humanitaires et des droits de l'homme
qui inquiètent la population ».

Le défi que constitue la protection et l'avancement des droits de l'homme
et des principes démocratiques à l'échelon mondial demande des solutions
novatrices.

Le Fonds des Nations unies pour la démocratie, proposé par le président
Bush dans son allocation de 2004 à l'Assemblée générale, a continué de
croître rapidement. À la fin de 2007, il se montait à 36 millions de
dollars et l'identification de projets susceptibles de bénéficier d'une
deuxième tournée de financements avait commencé. Le nombre des propositions
soumises était passé à 1.800 contre 1.300 en 2006. La priorité est donnée
au financement de projets qui appuient les efforts des ONG dans les
démocraties naissantes telles que le Centre international pour la
transition démocratique en Hongrie ou qui soutiennent la participation
civile à l'initiative pour un Moyen-Orient élargi et l'Afrique du Nord.

La quatrième réunion ministérielle de la Communauté mondiale des
démocraties s'est tenue à Bamako (Mali) en novembre et a exploré les liens
entre la démocratie et le développement. Les ministres ont décidé de
constituer un Secrétariat permanent et ont conclu leurs travaux avec la
déclaration de Bamako qui souligne le rôle essentiel de la société civile
dans la promotion de la démocratie.

Les organisations régionales continuent aussi à promouvoir les droits de
l'homme et à renforcer leurs capacités institutionnelles de mise en ouvre
plus efficace de leurs engagements.

L'Organisation des États américains (OEA) a mis en place un réseau de 100
praticiens de la démocratie experts en réformes légales, judiciaires,
électorales et de la participation des citoyens. Il aidera les
gouvernements élus de la région à faire face aux défis de la gouvernance
démocratique.

L'Union africaine (UA) a continué à élaborer des organes et mécanismes
destinés à faire avancer son agenda en matière de droits de l'homme et de
démocratie ; elle a notamment adopté en janvier une Charte africaine sur la
démocratie, les élections et la gouvernance qui garantit les engagements
des gouvernements de préserver le pluralisme politique, des élections
libres et régulières, l'État de droit et la bonne gouvernance.

Inspirées par la Communauté des démocraties, l'OEA et l'UA se sont réunies
à Washington en juillet pour créer un Pont OEA-UA de la démocratie. Grâce à
lui, elles partageront les meilleures pratiques et les leçons de
l'expérience afin de mieux mettre en ouvre leurs chartes démocratiques
respectives et de renforcer leurs institutions démocratiques.

Lors de leur réunion de Singapour en novembre, les dirigeants de
l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE) ont approuvé une
nouvelle charte qui prévoit la création d'un organe des droits de l'homme
et autorise les ministres des affaires étrangères des pays membres à
établir son mandat.

Dans le Moyen-Orient élargi et l'Afrique du Nord, des groupes non
gouvernementaux ont continué leurs travaux sur le Forum de l'avenir qui se
sont terminés par le Forum parallèle de la société civile, tenu à Sanaa
(Yémen) en décembre. Il a rassemblé quelque 300 dirigeants de sociétés
civiles de toute la région ; les participants ont publié un rapport
identifiant des jalons pour des réformes et avançant des plans d'action
pour 2008 qui permettront de s'attaquer aux questions critiques de la
liberté d'expression et de l'affranchissement politique des femmes.

L'OSCE, pionnière régionale en matière de fixation de normes et de création
d'institutions dans le domaine des droits de l'homme et de la démocratie, a
su résister aux efforts de certains États membres qui cherchaient à porter
atteinte à l'intégrité de l'observation des élections par son Bureau des
institutions démocratiques et des droits de l'homme. En refusant
l'invitation assujettie de nombreuses conditions de la Russie de venir
observer les élections parlementaires en décembre, l'OSCE a soutenu le
principe d'une observation crédible et sans entrave par des organes
indépendants.

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Les efforts faits par les États-Unis pour promouvoir les droits de l'homme
et les libertés démocratiques partout dans le monde sont le reflet des
valeurs fondamentales américaines. Ils contribuent aussi à faire avancer
nos intérêts profonds. Comme l'a dit le président Bush, « la liberté est un
droit non négociable inhérent à tout être humain et la voie de la paix
durable dans notre monde passe par la liberté ».

Nos valeurs et nos intérêts sont mis en commun lorsque nous travaillons en
partenariat avec les démocraties et les défenseurs des droits de l'homme à
construire des systèmes démocratiques et exposer les abus, à encourager la
tolérance et protéger les droits des minorités ethniques et religieuses et
des travailleurs, à promouvoir l'égalité des droits pour les femmes et à
mettre fin à la traite des personnes. Nos valeurs et nos intérêts ne sont
jamais plus en synchronie que lorsque nous soutenons le développement de
sociétés civiles indépendantes et florissantes, travaillons à garantir des
élections libres et régulières et à renforcer des démocraties fondées sur
le droit. À chaque fois que des défenseurs des droits de l'homme se
trouvent pris pour cible par des régimes répressifs, nos valeurs et nos
intérêts ne sont jamais mieux servis que lorsque nous montrons notre
solidarité avec eux par nos actions et nos paroles.

(Fin du texte)

 
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